<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033</id><updated>2011-11-21T07:15:40.557-08:00</updated><title type='text'>Des machins dans des choses</title><subtitle type='html'>Formes courtes, nouvelles, contes et chansons de Franck Zerbib</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>84</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1823237385779364321</id><published>2011-10-28T14:42:00.000-07:00</published><updated>2011-10-31T07:38:11.372-07:00</updated><title type='text'>Mea Culpa #Cora - Confessions d'un microblogger repenti</title><content type='html'>Mea Culpa Cora. Pardonne moi.&lt;br /&gt;J’ai, pourtant, des circonstances atténuantes qui ne justifient pas mes actes mais qui les expliquent en partie. Premièrement : en tant qu’artiste j’ai une certaine obligation à défendre les valeurs de gauche. Si je me laissais aller à soutenir les suppôts du grand capital, le public ne me le pardonnerait pas. Entre l'ogre et le Petit Poucet, mon cœur ne balance pas longtemps : je suis d'emblée dans le camps de ceux qui rament dans la sueur de leur front pour 940 euros/mois. &lt;br /&gt;Deuxièmement : je n’étais pas dans mon assiette quand l’information est tombée. Tu sais ce que c’est, Cora, la crise. Vu tous les coupons que tu proposes, on voit bien que tu fais de ton mieux pour lutter contre ce fléau. Tu as compris comme il peut s’avérer important, voire vital, pour un consommateur affamé de bénéficier d’un hamburger gratuit pour un hamburger acheté. Ces initiatives humanitaires sont toutes à ton honneur, et j’aurais dû en tenir compte avant d’hurler avec les loups. &lt;br /&gt;Mais je n’avais pas les idées claires hier vu que mes perspectives de carrière se vident plus vite que tes rayons. Trop longtemps que mes journées se tournent les pouces. Entre deux coups de fils à ma banque et l’envoi de quelques CV, il n’y a plus que sur Internet que je peux me reconnecter au temps. Comme tout le monde, je rêve de faire mon trou dans cette toile qui est devenue l’avenir de l’art et l’âme de la démocratie. To be online or not to be. Moi qui suis né après l’âge d’or et avant l’heure 2.0 je m’accroche aux fils du réseau pour ne pas finir aux oubliettes. Je facebooque ma vie à gogo, je tweete à m’en user les ongles, je like, je commente, je follow et je relance au quart de tour toutes les patates chaudes des ashtags. J’ai même publié sur Google+, c’est dire si je suis prêt à tout. Pour l’instant ça ne donne pas grand-chose, je stagne en troisième division au championnat de l’influence. Mes posts passent inaperçus et je culmine tant bien que mal à une cinquantaine de suiveurs.  &lt;br /&gt;Mais hier, quand la poudre de l’infamie s’est répandue sur ton nom, j’étais derrière mon écran, aux premières loges de la cohue. Au tout début du défoulement, mon indignation était pure car je n’en croyais pas mes yeux. Cette caissière immolée sur l’autel de ton injustice, c’était moi, et lui, et nous, et tous ceux qui sont seuls dans les couloirs de Pôle Emploi. Crois-moi, j’étais de bonne foi et animé d’une sainte révolte quand j’ai adhéré au mouvement qui faisait frémir le web social. Dans les pas de Maître Eolas, j’ai essaimé aux quatre vents : j’ai relayé l’info, tweeté, retweeté, publié, commenté et argumenté, en tentant de rester créatif afin de faire entendre ma voix dans la tempête qui se levait. Car l’ouragan de la vengeance s’est vite déchainé contre toi ; avant de l’avoir vu venir, on était déjà des milliers à prendre d’assaut les réseaux pour te vouer aux gémonies. Chacun sur son ordinateur, on était devenu la foule, la voix du peuple indivisible uni contre son oppresseur. Excités dans nos starting-blogs, pareils aux vélociraptors nous bondissions sur notre proie pour la déchirer à pleines dents. Faut dire qu’on avait soif de sang, depuis si longtemps.  &lt;br /&gt;Mea Culpa Cora. Je m’en suis donné à cœur joie. Après quatre heures de pugilat, j’ai vécu l’instant de ta défaite avec des flots de bave aux lèvres. Mes doigts ont embrasé le clavier, j’ai brandi le poing au plafond et hurlé de bonheur en même temps que tous les damnés de la terre. Mais personne ne m’a répondu. J’étais tout seul avec ma rage dans 20 mètre carrés de silence.  Dehors la nuit était tombée. Ma timeline crépitait dans le noir, comme un poisson au bout d’un fil. Sur l’écran s’empilait des dizaines de cris de victoire. &lt;br /&gt;Les internautes avaient gagné. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 28 octobre 2011.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1823237385779364321?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1823237385779364321/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1823237385779364321' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1823237385779364321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1823237385779364321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2011/10/mea-culpa-cora-confessions-dun.html' title='Mea Culpa #Cora - Confessions d&apos;un microblogger repenti'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2470568332615215183</id><published>2010-10-08T07:00:00.000-07:00</published><updated>2010-10-08T07:00:01.952-07:00</updated><title type='text'>Audition</title><content type='html'>I.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis assise en face de lui, sur cette terrasse où le soleil me ronge les ongles. Adossée au vieux Carrousel, l'ombre d'un parasol expire et ce mégot sur le trottoir, tout barbouillé de rose à lèvres, me fout les jetons. Je sais bien d’où part cette nausée, traçant des cercles concentriques de sa source à mon estomac, mais c’est un lieu inaccessible, derrière mon front. J’essaie de libérer mes yeux en les agrippant à la rue comme à la corniche d’une falaise, et tombe en plein sur un baiser. Près du martien vert du feu rouge, deux lycéens se mordent la langue comme si les bourgeons du printemps ne devaient jamais s’étioler. Moi j'ai trente deux ans dans la bouche, et trois pigeons arrachent les entrailles d'un cheeseburger éventré. &lt;br /&gt;Je suis assise en face de lui. Je fais comme si de rien n’était et je lui renvoie son sourire. Je joue le miroir pour mon amour alors que je me désagrège. Je vois la sphère de la pendule ; le temps a encore reculé. Les heures ont ce pouvoir étrange d’avancer simultanément dans deux directions opposées. J’ai l’impression de n’avoir rien fait qu’empiler des comptes à rebours. Là, j’avale ma dernière gorgée. Cul de la tasse, sucre englué, marc de café indéchiffrable. Je recule ma chaise en prenant soin de ne pas faire gémir les pavés. Je me redresse, me penche vers lui. Ses lèvres cherchent à me donner confiance :&lt;br /&gt;Je sais que tout va bien se passer.&lt;br /&gt;Un mensonge qui ne lui coûte rien. Mais j’ai quand même envie d’y croire. Il me fait un signe de la main, V de la victoire, hypothétique. J’arrive à cracher un sourire que je trouve bizarrement sincère. &lt;br /&gt;Trois petits je t’aime et je m'en vais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous la terre nous sommes tous égaux, roulant d'un point vide à un autre dans le cachot de nos enveloppes. Au dessus des freins et des sonneries, un violon martyrise La Foule puis je descends Gare Montparnasse. Tapis roulant, des milliers de jambes, le sac d’un type me gifle l’épaule. Je pense une insulte mais ne dis rien, et garde l’oeil rivés aux néons.&lt;br /&gt;Trois marches encore, je suis dans le train. Je cherche un peu mon numéro, puis m’installe et clos mes paupières. Je me concentre sur mon sujet, résume pour la googolième fois mon projet et mes conclusions, visualise mon raisonnement, affûte d’avance mes arguments, car dans la jungle qui m’attend il suffira d’une question piège pour balancer six ans de ma vie aux oubliettes de la science.&lt;br /&gt;Pour me ramener au présent, je pense à lui qui croit en moi ; ultime cliché de son visage empreint de cette confiance aveugle qui n’appartient qu’aux inconscients. Je file à 300 kilomètres heures mais je suis toujours immobile. Dans les vitres passent d'autres fenêtres remplies de reflets anonymes, et les tuiles dérapent sous le ciel, près de l'oreille de ma voisine qui clignote des cils en bavant. J'effeuille les pages d'un magazine. Corps parfaits, amours contrariés. Vie de rêve made in VIP. &lt;br /&gt;Première gare, dernière étape, j’alpague mon sac et mon foulard. La voix de cette femme  immortelle sucre encore les quais ombragés : le TGV numéro X partira de la voie Y à zéro heure zéro minute.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avance le long des vitrines, un plan déplié dans les doigts. Je ne reconnais pas cette ville, mais y suis-je déjà venue ? Il y a quelques années peut-être, avec mes parents, je ne sais plus ; les H&amp;M sont tous les mêmes et mes souvenirs se prennent les pieds dans les jambes des mannequins livides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bâtiment où mon heure m’attend : paquebot sur une mer de parkings. Au choix selon les résultat : Le Santa Maria de Colomb ou le Titanic de Cameron. Mes mains effleurent les portes en verre souillées d’empreintes digitales. Je pénètre le temple en béton et le hall résonne sous le râle des orgues, ce brouhaha intemporel des élites de la matière grise qui glissent à petits pas feutrés sur les dalles lustrées à la cire. J’écoute le coton de ma jupe qui chuchote contre mes collants et mes semelles grincent des gencives. Mes pas me portent malgré moi sous les appliques et les panneaux. Je vérifie ma convocation puis suis les mots taillés en flèches : Salle Truc, escalier Chose, étage Quelconque. La sueur de ma  paume sur la rampe, je croise un chignon épinglé, le front baissé sur un classeur, et qui m'ignore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Couloir classique, parfum de synthèse ; entre une rangée de portes closes numérotées  arbitrairement et un défilé de carreaux qui dévoile des champs de paraboles, une ville réduite au silence sous un ciel en monochrome bleu, presque trop pur pour être honnête, et qui embrase d’un seul regard les poussettes et les cimetières. Les cristaux liquides de ma montre écoulent leur dernière minute, passant le relais aux secondes pour un ultime baroud d’honneur. 15H44 et j’avance jusqu’à une des chaises en plastique alignées à notre intention à l’orée de la salle d’audition. J’entre dans la zone de transit, le laps de temps interminable qui sépare l’horaire annoncé du retard pris par le jury, une attente en apesanteur où tout commence à s’achever, l’antichambre où l’on tourne en rond, dont on ignore la dimension, et qu’on est forcé d’arpenter en long en large et en travers avec un bandeau sur les yeux. C’est une pièce qui n’existe pas, qui n’a ni paroi, ni fenêtre, un cercle posé sur une aiguille, à mille kilomètres du sol, et qui menace de basculer sous le seul poids de mes pensées. Voilà l’instant où tout se joue, le dernier bras de fer pour les nerfs. Je dois me maintenir au centre, lutter pour garder l’équilibre, résister à la tentation de me balancer vers l'abîme, là où l’espoir veut me pousser pour réduire mes désirs en miettes et me ramener au point zéro. L’échec cherche toujours à gagner, et toujours de la même manière. C’est l’éventualité du bonheur, la possibilité de réussir qui donne carte blanche à la peur, et dans le purgatoire de l’attente, l’enfer se maquille en paradis.        &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;V.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par un déclic inexplicable j’arrive à m’abstraire de l’enjeu, à me dissoudre, à m’oublier, et vis pendant quelques secondes une éternité dans l’absence. J’entends juste le tempo de mon coeur qui égraine les notes d’une berceuse et contemple un cône de poussière, le  vol d’une mouche au ralenti dont les ailes réfractent un rayon tombé du soleil par les vitres. Je  suis ailleurs mais à ma place, suspendue aux bras du néant, dans une sublime indifférence et lorsque j’entends dire mon nom, ce sourire qui monte à mes lèvres m’évoque une vague sur des galets. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VI.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une estrade. Vingt paires d’yeux. Quarante oreilles. Ma voix.&lt;br /&gt;A présent advienne que pourra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux&lt;br /&gt;28 septembre 2005 / 08 octobre 2010&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2470568332615215183?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2470568332615215183/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2470568332615215183' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2470568332615215183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2470568332615215183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/10/audition.html' title='Audition'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-5979765316528216918</id><published>2010-08-30T05:46:00.000-07:00</published><updated>2010-08-30T07:05:03.360-07:00</updated><title type='text'>Assemblée générale</title><content type='html'>Mesdames, messieurs,&lt;br /&gt;Si je prends la parole, c'est que je n'ai rien à dire. Je n'ai pas d'avis sur la question, aucune opinion sur le débat, ni le moindre désir de développer les points soulevés au cours de cette séance. &lt;br /&gt;J'ai saisi le micro au passage, et me suis dressé devant vous, non pas pour vous contredire, ni pour aller dans votre sens, mais bien justement parce que je n'ai rien à ajouter. Et cela me semble assez important pour monopoliser l'attention. Comprenez-moi, je ne prends pas la parole en vain : c'est justement parce que je n'ai rien à dire que je m'autorise à parler. Car maintenant, et pour la première fois depuis que je participe à cette assemblée générale, je n'ai plus envie de vous convaincre, plus aucune raison de mettre mon existence en jeu, de miser ma crédibilité, de craindre vos yeux et vos oreilles. &lt;br /&gt;Ce que je pense, ou ne pense pas, n'entre plus en ligne de compte. Je n'ai pas besoin d'avoir raison, je n'ai pas peur de me tromper. J'ai juste le droit de parler. Enfin. Pour ne rien dire. Je ne ne me sens plus forcé, en attendant mon tour, de tourner ma langue dans ma bouche, ni de peser le pour, le contre, ni d'affuter mes arguments. Mon intelligence, ma clairvoyance, mon humanité ne pèsent plus rien dans cette balance. Je n'ai plus la peur d'être jugé sur la correction de mes phrases, sur mon vocabulaire, mes connaissances grammaticales, ni encore moins sur ma façon de m'exprimer, ma capacité à convaincre, à parler clair, sans bredouiller, témoignant par là-même d'une pensée limpide et digne d'être écoutée. &lt;br /&gt;Je ne crains plus de rougir de mes mots puisque ceux-ci n'ont aucun but et qu'ils sont enfin dépouillés du sens qu'on peut, ou non, leur accorder. Nul besoin d'être crédible. Nul envie de convaincre. Et à l'instant où je vous parle, je ne risque rien de mon être. &lt;br /&gt;Alors je peux je crois, vous transmettre ma pensée, dénuée d'objectifs, lavée de tout soupçon, une pensée pure, inoffensive qui témoigne en votre faveur de l'absolu sincérité qu'une assemblée tel que la nôtre me semble en droit d'exiger.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-5979765316528216918?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/5979765316528216918/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=5979765316528216918' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5979765316528216918'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5979765316528216918'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/08/assemblee-generale.html' title='Assemblée générale'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3204830052138154936</id><published>2010-08-18T08:06:00.001-07:00</published><updated>2010-08-19T00:28:43.876-07:00</updated><title type='text'>Le désir de l'objet</title><content type='html'>Elle était seule, face à l’objet. Les coudes appuyés sur la table, les mains calées sous le menton. Elle fixait l’objet, immobile, sans ciller, sans presque respirer ; ses yeux accrochés à l’objet, aux contours de l’objet. Et jusqu’au coeur même de l’objet, elle se projetait. &lt;br /&gt;Elle attendait. &lt;br /&gt;Elle désirait saisir l’objet, le posséder, depuis avant qu’elle s’en souvienne. Son rêve récurrent de l’objet avait précédé sa mémoire, précédé même son existence. Son besoin de toucher l’objet remontait avant sa naissance, comme si elle n’était venue au monde que dans ce seul et unique but, comme si le sens même de sa vie avait été pensé pour elle, son destin forgé par l’objet, ou par son créateur. Elle avait passé son enfance à la recherche de l’objet, traversé son adolescence à la recherche de l’objet, ouvert tous les tiroirs, fouillé toutes les armoires, toutes les poubelles, arpenté toutes les brocantes, glané dans tous les vide-greniers ; à chaque détour, à chaque carrefour, et à travers toutes les routes que son corps avait emprunté à la poursuite de son désir, elle avait espérer l’atteindre. Cette quête avait rythmé les heures, égrener des mois, des années. C’était toujours la même journée, la même musique de l’objet. Se coucher en pensant : demain. Dormir en rêvant qu’elle l’atteint. S’éveiller en tendant les mains. Mais il restait hors de porté, figé dans un fantasme, de l’autre côté du miroir, pareil à la ligne de fuite qui  repousse sans cesse l’horizon. &lt;br /&gt;Jamais elle ne lâchait prise ; son espérance restait intacte, renouvelée, renaissant sans cesse de ses cendres. Au bout du vide, même essoufflée, elle continuait à creuser. Elle poursuivait pour poursuivre, pour ne jamais s’arrêter, une trace de l’objet, un indice, une empreinte. Elle avait fini par ne plus y penser, par ne plus attendre le but, et sa course après l’objet s’était de fait substituée au désir de le posséder. Il n’était plus qu’une excuse, une raison d’avancer encore, sans un regard en arrière, pour courir plus vite de la mort.&lt;br /&gt;Et puis c’était arrivé. Dans quelles circonstances, je l’ignore, et cela n’a pas d’importance. L’objet s’était trouvé là, sous ses yeux. Egal à lui-même et à l’idée qu’elle s’en faisait. Disponible. &lt;br /&gt;Elle était seule, face à l’objet. Elle n’avait plus qu’à faire un geste, tendre la main, pour le saisir, le posséder. Mais elle ne bougeait pas. Elle le fixait, hiératique, les coudes incrustés sur la table. Son désir de l’objet n’avait jamais été si fort, si fort même qu’il la consumait. Et pourtant elle restait figée, incapable du moindre mouvement. Dans sa tête, elle passait à l’acte ; elle voyait ses doigts se fermer autour du corps de l’objet, entrer en contact avec lui, découvrir sa réalité. Elle le soulevait de la table, l’amenait à ses yeux et l’enfouissait quelque part, dans sa poche ou un sac, avant de repartir. Elle l’emmenait avec elle, et commençait une autre histoire. Puis son cerveau la ramenait, comme on descend d’un deltaplane, et elle retombait dans l’instant, les mains calées sous le menton, immobile encore, toujours bloquée, à quelques centimètres de l’objet.&lt;br /&gt;Ce n’était pas la peur qui la figeait, ni la fatigue. Elle ne craignait aucunement d’avoir atteint la dernière page. Elle était prête à assouvir ce désir qui la dévorait. Elle n’avait pas l’ombre d’un doute.&lt;br /&gt;La seule chose qui lui manquait pour en finir, pour avancer enfin sa main, c’était à peine une étincelle. Une impulsion microscopique. L’instant qui précède le mouvement, qui injecte le sang dans les veines. Le dernier ordre passé aux nerfs. &lt;br /&gt;C’était un fossé minuscule, ce moment où tout se décide, le déclic avant l’explosion, le petit saut avant le grand. Mais elle ne pouvait le franchir, elle ne pouvait se décider, et l’objet, si proche, à portée de main, n’avait jamais été aussi loin, impossible à atteindre, au bord d’une autre galaxie.&lt;br /&gt;Au bout du compte, d’où que l’on vienne, seul le dernier instant importe. &lt;br /&gt;A l’heure qu’il est, je pense, elle doit l’attendre encore...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux. 18 août 2010.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3204830052138154936?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3204830052138154936/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3204830052138154936' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3204830052138154936'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3204830052138154936'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/08/le-desir-de-lobjet.html' title='Le désir de l&apos;objet'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6610692905278381397</id><published>2010-06-08T04:51:00.000-07:00</published><updated>2010-06-08T05:31:29.002-07:00</updated><title type='text'>La Blonde qui fait déborder le Juif</title><content type='html'>La Blonde est à la Femme ce que le Sioniste est au Juif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Là présentement, je saute une ligne, pour vous donner le temps de bouillir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; En rédigeant cette équation j’ai déjà mis ma tête à prix. Perché sur mon affirmation, j’entends tous ces bons sentiments qui grincent des dents derrière l’écran, qui rêvent d’en découdre au scalpel, et dont les arguments s’aiguisent sur le fusil de l’alphabet. &lt;br /&gt;Prêts à mitrailler vos claviers pour ne faire qu’une tranche de ma peau ? D’accord. Rentrez-moi dans le lard. Une livre de chair en cadeau à qui aura le dernier mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Pour tout avouer et être honnête, je trouve moi-même cette comparaison hasardeuse. Le sort des juifs ? Le sort des femmes ? A priori aucun rapport. Aucun historien, ni aucun sociologue sérieux n’oserait établir un parallèle scientifique entre ces deux ensembles distincts. Mais passés ces doutes légitimes, force est quand même de constater que femmes et juifs se partagent équitablement la première marche du podium des horreurs de l’humanité.  Ceci étant avéré, et même en prenant en compte le fait qu’il n’existe aucune relation tangible, de quelque nature que ce soit, entre les persécutions millénaires des juifs et celles, tout aussi millénaires, des femmes, on peut quand même s’interroger, et relever ici ou là quelques point communs singuliers. &lt;br /&gt;En premier lieu, bien sûr, l’aspect à la fois universel et intemporel de ces persécutions. Elles réconcilient les peuples et effacent les frontières mieux que n’importe quel idéal humaniste. Partout et de toute éternité, «l’Homme» a toujours eu sous la main une Femme, un Juif ou une Femme Juive pour défouler ses pulsions.&lt;br /&gt; De plus - et c’est un autre point commun - ces pratiques ancestrales résistent sans trop de difficultés à toute forme d’avancée morale. On peut effectivement constater que dans leurs professions de foi, nos sociétés occidentales tentent d’éclairer la mémoire de leur passé obscurantiste. Aujourd’hui, en France, être une femme ou un juif est beaucoup moins dangereux qu’autrefois. Au-delà des discriminations d’usage (qu’on pourrait presque qualifier de traditionnelles) certaines femmes et certains juifs vont même parfois jusqu’à penser que leurs malheurs sont derrière eux, et oublient pendant quelques temps l’ombre de l’épée qui oscille au dessus de leur tête, prête à leur traverser le cerveau au détour d’une rue isolée.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais de ces ressemblances troublantes, une me paraît sortir du lot et mériter votre attention : Le glissement du vocabulaire. Comme je l’ai déjà souligné, il n’est plus du tout de bon ton, dans nos démocraties modernes, de conspuer ouvertement femmes et juifs en place publique. Les gémonies ont fait long feu. Politiquement, ce n’est pas correct. Légalement, c’est un délit.&lt;br /&gt; Pourtant la tentation est grande. Et pour contourner ces obstacles, les vieux démons à la peau dure se sont mués en caméléons. À présent pour être poli, on ne dit plus Connasse mais Blonde. On ne dit plus Youpin mais Sioniste. C’est plus joli, c’est plus fleuri. Ça pue moins le cadavre exquis.&lt;br /&gt;Au chaud dans leur nouvelle enveloppe, les préjugés sont protégés. Ils peuvent passer inaperçus, franchir les pensées sans passeport, pour continuer, en toute impunité, de se propager incognito, la bave aux lèvres. Éperonnant leurs Chevaux de Troie, ils caressent le poil de la bête immonde et préparent leur grand retour vers des lendemains qui chantent faux.  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6610692905278381397?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6610692905278381397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6610692905278381397' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6610692905278381397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6610692905278381397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/06/la-blonde-qui-fait-deborder-le-juif.html' title='La Blonde qui fait déborder le Juif'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8462976355053224534</id><published>2010-05-31T03:44:00.001-07:00</published><updated>2010-05-31T03:44:57.838-07:00</updated><title type='text'>Monochrome vide</title><content type='html'>Trois heures, dix minutes, onze secondes, cassées dans le monochrome vide. Café, cigarettes magazine. La même roue, la même routine. Magazine, cigarettes, café. A repousser l'instant d'après. Une excuse encore. Puis deux. Des idées qui se désagrègent avant d'avoir été saisies. Des phrases qui ne veulent rien dire. Et des centaines d'et caetera. Sur les pages défilent ces visages qui ont tous quelque chose à vivre, des projets, des sourires, un peu d'avenir entre deux crises existentielles, immobile hier, et aujourd'hui hiératique, soudé au vert du canapé, avec ces ruisseaux dans le front qui refusent de s'évaporer. Ici les courants se rassemblent, s'entrelacent vers un seul rond-point. &lt;br /&gt;Encore le non retour aux sources.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8462976355053224534?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8462976355053224534/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8462976355053224534' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8462976355053224534'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8462976355053224534'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/05/monochrome-vide.html' title='Monochrome vide'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2720202035521127925</id><published>2010-05-14T04:33:00.002-07:00</published><updated>2010-05-14T04:39:16.924-07:00</updated><title type='text'>Epigramme 4</title><content type='html'>Parti de rien pour n'arriver nulle part.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2720202035521127925?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2720202035521127925/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2720202035521127925' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2720202035521127925'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2720202035521127925'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/05/epigramme-4.html' title='Epigramme 4'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' 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commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5387238598555767322'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5387238598555767322'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/05/epigramme-3.html' title='Epigramme 3'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4456607771556880599</id><published>2010-05-14T04:24:00.000-07:00</published><updated>2010-05-15T15:59:30.345-07:00</updated><title type='text'>Epigramme 2</title><content type='html'>Si Dieu n'existe pas, alors qui me le rendra ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4456607771556880599?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4456607771556880599/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4456607771556880599' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4456607771556880599'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4456607771556880599'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/05/epigramme-2.html' title='Epigramme 2'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1966759302148191099</id><published>2010-05-14T04:17:00.000-07:00</published><updated>2010-05-14T04:24:32.301-07:00</updated><title type='text'>Epigramme.</title><content type='html'>Ecrire, c'est s'empêcher d'être un autre et s'interdire d'être soi-même.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1966759302148191099?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1966759302148191099/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1966759302148191099' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1966759302148191099'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1966759302148191099'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/05/epigramme.html' title='Epigramme.'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2702362813367598439</id><published>2010-05-12T08:10:00.001-07:00</published><updated>2010-05-12T08:10:43.537-07:00</updated><title type='text'>Ce n'est pas un petit sujet, la petite enfance.</title><content type='html'>CE N’EST PAS UN PETIT SUJET, LA PETITE ENFANCE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le flot ininterrompu des actions mises en place par le gouvernement actuel en vue de réduire les effectifs et le coût du service public, les défenseurs des droits sociaux commencent à perdre pied, boire la tasse et se noyer. &lt;br /&gt;Après les lycées, les collèges, la santé et la culture, voici le tour de la petite enfance. Ça ne fait pas la une des journaux (certainement trop occupés à traiter LA rumeur du moment), mais les crèches ont du plomb dans l’aile.&lt;br /&gt;Dans le silence et l’indifférence générale, on est en train de démanteler un service déjà bien amoché. Ceux d’entre nous (et ils sont nombreux) qui ont tenté un jour ou l’autre de bénéficier d’un mode de garde pour leur petites têtes blondes ou noires, ont tous été confrontés à cette loterie angoissante. Trop d’enfants, pas assez de place. Ils ont dû gravir à mains nues le parcours du parent combattant, pour bien souvent se retrouver en plan, gros jean comme devant, avec leur bébé dans les bras.&lt;br /&gt;Et pourtant cette situation, déjà inacceptable dans un pays démocratique, est en passe d’empirer...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gouvernement se défend en évoquant, encore une fois, la réalité économique et le souci d’efficacité. Mais la décision d’amputer les dernières pierres de cet édifice dépasse de loin cet argument. Il s’agit, n’en doutons pas, d’un objectif politique assumé, et qu’on peut résumer ainsi : renvoyons les mères au foyer.&lt;br /&gt;Car l’accès à un mode de garde, facilité et à moindre coût est une des conditions nécessaires (mais non suffisante) à la libération des femmes. L’accès de ces dernières à l’emploi est une des garanties principales de leur autonomie, de leur citoyenneté et de l'égalité des chances, dans une société qui malgré toutes les avancées de ces dernières décennies, peine à sortir du modèle patriarcal.&lt;br /&gt;Il suffit d’observer les structures mises en places dans les démocraties nordiques, (qui font figure de modèle en ce domaine), pour se rendre compte que l’accès des femmes au travail dépend essentiellement des moyens mis en œuvre par les institutions. Ce n'est pas une affaire privée mais bien une affaire publique.   &lt;br /&gt;Alors, qu’en sera-t-il dans quelques temps, quand les crèches déjà surchargées seront devenues des services de luxe réservés à quelques privilégiés ? Nous risquons de nous voir submergés par un véritable «effet domino», les assistantes maternelles indépendantes ne seront plus assez nombreuses pour accueillir décemment la foule des bébé lâchés dans la jungle des villes, les garderies seront débordées etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout du compte, les femmes (car ne rêvons pas, ce sont bien elles qui seront confrontées à cette question) se retrouveront de force face un choix cornélien : travailler ou garder l’enfant à la maison.&lt;br /&gt;Que pensez-vous qu’elle choisiront ?&lt;br /&gt;Et c’est tout le tissus social, économique, tout notre idéal égalitaire, toutes nos valeurs fondamentales qui s’en trouveront ébranlés.&lt;br /&gt;Nous repartirons en arrière, à l’époque d’avant la pilule, quand la seule destinée possible pour une jeune fille «comme il faut» était de vivre sa maternité avant de pouvoir rêver sa vie. &lt;br /&gt;Alors le combat inégal qui se profile aujourd’hui, entre les professionnels de la petite enfance et le gouvernement, n’est pas seulement celui d’une corporation qui cherche à préserver ses droits et ses conditions de travail (même si ces revendications sont légitimes), face des enjeux économiques, mais un véritable bras de fer entre deux visions politiques qui détermineront notre avenir. &lt;br /&gt;Non.  Ce n’est pas un petit sujet, la petite enfance. Ce n’est pas une petite lutte. C’est la condition sine qua non de l’égalité hommes/femmes. Une des clés de voûte de notre démocratie. Déjà bien fissurée.&lt;br /&gt;Nul doute que si on la retire, le ciel nous tombera sur la tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pétition à signer sur pasdebebesalaconsigne.com&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franck Zerbib.  &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 7 avril 2010.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2702362813367598439?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2702362813367598439/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2702362813367598439' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2702362813367598439'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2702362813367598439'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/05/ce-nest-pas-un-petit-sujet-la-petite.html' title='Ce n&apos;est pas un petit sujet, la petite enfance.'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8328108312973111263</id><published>2010-04-30T02:04:00.000-07:00</published><updated>2010-04-30T02:05:37.692-07:00</updated><title type='text'>American Voyage de Noces (extrait 4)</title><content type='html'>Ils suivent les courbes du suspense qui enveloppent Mulholland Drive. Quelques crickets reprennent en choeur un thème de Badalamenti. La route joue sa propre musique, à la fois sensuelle et flippante. Sous le tissus rouge de son masque Spiderman a les larmes aux yeux :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;- J’ai attendu des années, bro, à espérer le rôle de ma vie. Je croyais que tout le monde avait sa chance. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Franz ne sait pas quoi répondre. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;- L.A., bro... Un tapis d’étoiles posé sur un trou noir. Elle m’a saigné, bro. Elle m’a ouvert les yeux de force.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Spiderman donne un coup de volant. Gare le camping-car sur un terre-plein qui domine une mer de lucioles. Les lumières de Los Angeles. Ça crépite à perte de vue. Spiderman montre l’horizon.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;- Tu vois la vie, bro ? C’est le seul film qui vaille la peine. Plus besoin de caméra, plus besoin de projecteurs. On est tous dans le Grand Scénario.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Deux appels de phares dans la nuit. Un S.U.V. noir métallisé.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;- C’est Rodrigo, bro ! &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8328108312973111263?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8328108312973111263/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8328108312973111263' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8328108312973111263'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8328108312973111263'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/04/american-voyage-de-noces-extrait-4.html' title='American Voyage de Noces (extrait 4)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6601053241976619678</id><published>2010-04-30T02:03:00.001-07:00</published><updated>2010-04-30T02:03:44.188-07:00</updated><title type='text'>American Voyage de Noces (extrait 3)</title><content type='html'>Le lendemain à 8 P.M, on pénètre la banlieue de Tulsa avec le soleil en rase- motte. Cette fois, ce n’est plus le Missouri mais l’Oklahoma qu’on aborde et si mes comptes sont exacts, c’est le quatrième état que nous découvrons depuis notre arrivée à NYC. L’étape d’aujourd’hui fut la plus belle, enfin je trouve, depuis le départ de Chicago. Nous ne nous sommes pas perdus sur la carte et  avons dépassé les champs de maïs pour atteindre des forêts, des pâturages et des villages perdus avec des maisons en bois vernis, des porches et des portes de saloons. A un croisement près de Lebanon, juste avant le Devil’s Elbow, j’ai vu ces feux tricolores suspendus à des fils électriques et qui se balançaient au rythme du vent entre le bitume et les nuages. La route 66 aussi, elle s’était refaite une beauté, hors des sentiers battus de l’I44. Elle serpentait toute seule et toute petite entre les arbres et les herbes, cernée pas les coquelicots et les vaches molles qui cherchaient l’ombre. La route mythique renaissait, fine et râpée par les roues des bikers, étirant sa longue ligne jaune au coeur d’une nature préservée et quasi silencieuse, à part de temps à autre, le chant d’un oiseau ou le bruit d’un moteur. De ma place, et bien que nous roulions à 70 mph, j’avais l’impression d’être enfermé dans une bulle de ciel et de fleurs, où rien au monde ne subsistait que la langue de béton usé, le paysage et nous, si fragiles dans la voiture, deux corps distincts emportés comme des brindilles dans le courant d’un seul destin. A voir ce que je voyais, à sentir ce que je sentais, j’avais mal de ne pas pouvoir m’exprimer, et je souffrais d’être si bête, si peu cultivé et de ne pas connaître le nom de tous les arbres que nous croisions, chacun avec son style d’écorce, ses feuilles particulières, sa propre teinte de vert. J’avais beau savoir qu’aucun d’entre eux n’était semblable, que tous appartenaient à une espèce répertoriée, ils me glissaient des mains et je ne pouvais pour les décrire que les compresser dans ce petit mot ridicule et réducteur d’arbre. Et il en était de même pour tout ce que la route dévoilait, les dizaines d’oiseaux en vol ou perchés sur des fils, les centaines de fleurs et les milliers d’insectes, toutes ces formes de vie me restaient anonymes, englobées dans une seule expression, et lorsqu’il s’agissait d’exprimer des visions immatérielles, comme les variations de la lumière entre les branches, les forme modelées par le vent ou la course des ombres sur l’herbe, alors, je n’avais même plus de mots auxquels me raccrocher, et je restais comme un con, béat d’admiration et muet comme une carpe, face à tant de complexité. Je me disais que finalement toutes mes images étaient gâchées, et que de mon passage en ces lieux, à ces instants qui ne reviendraient pas, et dont Jeannette et moi étions les seuls témoins, il ne resterait rien à sauver, que des beautés inexprimables, chiffonnées dans des phrases toutes faites, perdues pour l’éternité. Les yeux dans les carreaux, je maudissais ma condition et rêvais d’être un poète maudit et inspiré, capable de transformer chaque instant en lettres, dans des descriptions lumineuses, des métaphores immortelles, le genre d’artiste pour qui le monde est une source intarissable et qui, à ma place, aurait pu saisir mes pensées pour les coucher sur une page blanche et pourquoi pas aussi, parler avec Jeannette, briser le silence, trouver les phrases justes, poser les bonnes questions, pour atteindre cette zone minée, secrète et angoissée qui bouillonne au-delà des mots. Je songeais à tout ça, pendant que la route défilait, raccourcissant les heures et que mon amour conduisait, silencieuse et rayonnante, comme si rien ne s’était passé et que la nuit d’hier n’avait été toute entière qu’un cauchemar solitaire dont je ne m’étais pas réveillé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6601053241976619678?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6601053241976619678/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6601053241976619678' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6601053241976619678'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6601053241976619678'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/04/american-voyage-de-noces-extrait-3.html' title='American Voyage de Noces (extrait 3)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-899802802955660666</id><published>2010-04-30T02:02:00.001-07:00</published><updated>2010-04-30T02:02:57.994-07:00</updated><title type='text'>American Voyage de Noces (extrait 2)</title><content type='html'>Mets bien tes pieds en canard, c’est la chenille qui redémarre, la grande classe Fauchon sous les lustres de l’Intercontinental. Oignons nacrés au miel, barigoules de légumes au parmesan, coques de chèvre frais aux pistaches ; le saumon fumé est directement importé d’Ecosse, tout comme le pasteur MacMachin qui écluse un single malt en trifouillant ses favoris poivre et sel dans la ronde des œufs de caille pochés à la sauce suédoise, grenailles tajine de poulet au citron confits, pains surprises au foie gras de canard engloutis par les 341 convives sur leur 31, des princesses, des pingouins, des arrières petits cousins qui mâchent dans le brouhaha des cassolette de pétales de tomates confites au gorgonzola, brochettes de pois gourmands aux écrevisses, croustades de marmelade de girolles servie sur un plateau d’argent qui reflète les rides fardées de Tata Ruth, laquelle houspille à qui mieux mieux un pauvre nœud pap’ terrorisé sous le regard pantois et écarquillé de la Varache Family  d’Elbof City au grand complet, Brigitte en robe citron, Henry en pois marrons et l’Increvable Bambino qui ne se lasse pas des tonnelets de courgettes à la tapenade, des goussettes de canard confits à la marmelade d’oignon, très appréciés également de Dan, le témoin de Jeannette, plutôt habitué à la junk food et qui lorgne d’un œil incrédule la splendide langue de veau rôtie sur un miroir de noisettes et pistaches torréfiées dans un émincé de concombre et pommes Granny parfumé au raifort servi dans son jus de cuisson à la menthe de lotte et gambas au curry sous des fagotins de légumes au lanières de Serrano à l’huile de noix de caviar d’aubergines sertie de pignons de pins et tartiné de moutarde violette dans le pain polaire au crabe mélisse et gingembre ; plus quelques gamines attifées en choux-fleurs roses bonbon qui se goinfrent de macarons assortis dans un déluge de petits fours frais aux dix mille fruits des Galapagos.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-899802802955660666?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/899802802955660666/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=899802802955660666' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/899802802955660666'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/899802802955660666'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/04/american-voyage-de-noces-extrait-2.html' title='American Voyage de Noces (extrait 2)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4879260510889334381</id><published>2010-04-30T02:00:00.000-07:00</published><updated>2010-04-30T02:02:06.723-07:00</updated><title type='text'>American Voyage de Noces (extrait 1)</title><content type='html'>Princesse des carcasses désossées. Elle adore le garage, Henry son père, Brigitte sa mère, et l’Increvable Bambino. Jeannette grandit sans trop de souci dans les rues mornes d’Elbof City. Sa famille est une petite entreprise, sans prétention mais florissante, soudée comme les cinq doigts de la main et qui se serre les coudes à bout de bras. Papa s’use au cambouis, maman stresse à la caisse, Jeannette fait ses devoirs sur le capot des Twingo, et l’Increvable Bambino excite sa truffe dans ses croquettes. En apparence, son enfance se la coule douce, près des méandres de la Seine. L’été, on délaisse les jonquilles pour les plages de la Méditerranée. Le soleil illumine alors ce tableau aux couleurs pastel d’où émerge l’ombre d’un secret : &lt;br /&gt;Pauline hante même les châteaux de sables. &lt;br /&gt;Jeannette a-t-elle eu vent de l’histoire ? A-t-elle vécu ce moment crucial autour de la toile cirée jaune ? Ses parents ont-ils mis un point sur le i crevé de Pauline devant un paquet de chamallows ? &lt;br /&gt;Sans doute. Elle ne s’en souvient pas. Elle a occulté la nouvelle. Elle pense qu’elle se rappelle un meurtre et qu’elle ressent depuis toujours, comme un fantôme qui la hante, la présence de sa soeur jumelle. Pour justifier son existence, elle doit vivre deux vies à la fois, occuper deux fois plus de place. Elle collectionne les bons points ; elle accumule les vingt sur vingt. Sortie d’un gouffre, elle veut chevaucher les étoiles.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4879260510889334381?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4879260510889334381/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4879260510889334381' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4879260510889334381'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4879260510889334381'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/04/american-voyages-de-noces-extrait-1.html' title='American Voyage de Noces (extrait 1)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-979689592567444260</id><published>2010-04-30T01:57:00.000-07:00</published><updated>2010-04-30T02:00:21.071-07:00</updated><title type='text'>LA LIBERTE DES INTERNAUTES</title><content type='html'>Les débats houleux, et parfois nébuleux, provoqués par la mise en place de la loi Hadopi, ont suscité, au delà des enjeux structurels et économiques liés à la crise du disque et de l’industrie culturelle, l’émergence d’un leitmotiv inédit : la liberté de l’internaute.&lt;br /&gt;Ainsi, celui qui, s’intéressant de près à ce sujet pour le moins brûlant et passionné, s’est promené sur la toile à la recherche d’informations et d’avis, n’a pas pu échapper aux multiples commentaires et publications pro libertaires publiés sur les forums, les blogs et les sites spécialisés.&lt;br /&gt;Du point de vue de ceux qui s’érigent en bloc contre la mise en place d’une réglementation visant à limiter, punir et éradiquer le «piratage» des oeuvres sur internet, l’enjeu est plus d’ordre moral que d’ordre économique.&lt;br /&gt;Pour eux, ce n’est pas, au fond, une question d’argent (la plupart se disent prêt à payer pour les biens culturels qu’ils consomment) que de principe. Ce qui leur semble inacceptable dans la loi Hadopi, c’est avant tout son aspect liberticide. L’idée que l’Etat, ou ses représentants légaux puissent avoir la possibilité de «traquer» les comportements des individus s’apparente non pas à une volonté de faire respecter la Loi, mais à une intrusion forcée dans la sphère privée de l’internaute, un viol symbolique de son espace, et une tentative autoritaire, pour ne pas dire dictatoriale, pour contrôler et observer ses faits et gestes.&lt;br /&gt;Dans cette optique, la Loi, qui se doit d’être la garante des libertés individuelles et de la sécurité collective, se transforme en menace liberticide et tentaculaire. &lt;br /&gt;L’ombre de Big Brother planerait donc sur la toile ?&lt;br /&gt;Ou bien, derrière cette peur - en apparence légitime - des internautes réfractaires à toute idée de contrôle, ne se cache-t-il pas une autre réalité, plus complexe et moins facilement appréhendable ? &lt;br /&gt;En revendiquant leur «droit à la liberté sur internet», les utilisateurs ne sont-ils pas en train de tenter d’imposer une nouvelle définition de la liberté ? Une liberté post moderne, libérée des anciens paradigmes et adaptée à l’avènement de la toile ?&lt;br /&gt;Car «l’internaute» est devenu un sujet à part entière. Dès l’instant où il se connecte aux autres, il ne désire plus être considéré comme un individu isolé mais comme une partie d’un grand tout, le membre d’une communauté dont les intérêts le dépassent et que chacun doit préserver.&lt;br /&gt;Sous couvert, bien souvent, d’anonymat, il cherche ainsi à résoudre le conflit identité/personnalité. Son identité, pesante et incompressible, peut se dissoudre sur la toile au profit d’une personnalité, choisie et assumée. Sa réalité se trouve alors toute entière contenue dans son pseudo.&lt;br /&gt;Devenu «autre», devenu enfin «lui-même» tel qu’il se voit ou se rêve, il accède de son point de vue à une nouvelle liberté.&lt;br /&gt;De ce fait, l’idée de devoir encore une fois, se soumettre à des règles sociales, des obligations légales, lui semble insupportable. &lt;br /&gt;L’internaute serait-il en train de devenir un modèle humain spécifique, libéré du contrat social ? Une sorte de mutant virtuel, débarrassé du poids de son identité, dépossédé volontaire de ses déterminants structurels ? &lt;br /&gt;Se profile alors l’illusion selon laquelle nous pourrions, derrière l’armure de notre écran, nier ce qui fait que nous sommes - malgré nous parfois - définis par notre héritage culturel, notre nom, notre nationalité et notre numéro de sécurité sociale. Et contraints à respecter les lois réelles et/ou symboliques d’une autorité supérieure à laquelle nous ne pouvons que nous plier.&lt;br /&gt;Dans la vie réelle, la liberté s’arrête là où commence celle des autres.&lt;br /&gt;Dans le monde virtuel, l’adage retourne sa veste :&lt;br /&gt;La liberté de l’internaute commence là où s’arrête celle de son double.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franck Zerbib, avril 2010.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-979689592567444260?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/979689592567444260/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=979689592567444260' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/979689592567444260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/979689592567444260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2010/04/la-liberte-des-internautes.html' title='LA LIBERTE DES INTERNAUTES'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4147738404776834034</id><published>2009-05-05T05:52:00.001-07:00</published><updated>2010-05-12T11:12:20.569-07:00</updated><title type='text'>Fin et suite</title><content type='html'>... ensuite j’ai suivi cette capuche dans des escaliers réservés. A voir la façon dont les gens s’écartaient, la déférence avec laquelle ils nous décochaient leurs sourires et nous ouvraient les portes, j’ai vite supposé que la capuche devait être une figure d’importance. Un peu de son aura, sans doute, retombait sur mes épaules, et bien que je ne fusse pas en mesure de savoir si c’était une bonne nouvelle, j’avoue que je n’étais pas indifférent aux démonstrations de respect dont les visages m’abreuvaient. Au fond, me disais-je, je suis peut-être la personne attendue, un messie ou une étoile, et la capuche le guide engagé pour déblayer la voie royale qui porte mes pas vers le ciel. &lt;br /&gt;Ainsi j’ai traversé des sas, des salles de conférences, des couloirs tapissés d’écrans, de rumeurs et d’ascenseurs et dans un espèce d’atelier, des rangées de filles peintes en jaune cousaient des boutons sur des os. &lt;br /&gt;Il régnait, partout où nous passions, cette frénésie singulière qui prélude aux grands événements, des corps lancés à pleine vitesse et qui s’avançaient tête baissée les bras chargés de dossiers, certains même en train de noter sur la couverture de classeurs des ordres de dernière minutes, d’autres qui semblaient parler aux murs et aux miroirs, des fils suspendus aux oreilles. Et tous, malgré l’air affable qu’ils imprimaient à notre passage, arboraient ce même regard fou, cette panique mal dissimulée où couvaient les premiers nuages du déluge hiérarchique qui ne tarderait pas, en cas de retard ou d’erreur, à leur retomber sur la tête avec le poids de la honte. La menace d’un renvoi définitif au premier barreau de l’échelle. La misère. Ou pire. Peut-être risquaient-ils leur vie dans cet ultime compte à rebours. Je ne pouvais pas me permettre de les freiner dans leur démence pour leur poser la question ni leur proposer un coup de main, car j’étais moi aussi déjà prisonnier de cette transe et lancé dans une poursuite sans cesse plus effrénée à mesure que la capuche augmentait la cadence au centre du labyrinthe, sans prendre la peine de se retourner pour vérifier que je n’avais pas perdu sa trace, et il aurait fallu moins qu’une respiration, un clin d’oeil ou une seconde d’inattention pour qu’elle tournât à brûle pourpoint à un croisement inattendu et que je perdisse ses semelles pour me retrouver solitaire et désemparé au milieu de ce tsunami de stress anonyme, ballotté d’une pièce à une autre par des centaines d’épaules sans pitié, prêtes à m’écraser pour atteindre leur but mystérieux dans les temps. &lt;br /&gt;Heureusement j’ai de bon réflexes. Et un instinct de survie aiguisé grâce à cet accident de voiture dont je peine à me rappeler. Alors, malgré les forêts de jambes et les changements de directions aussi rapides qu’inopinés, je réussis à poursuivre la capuche, tâche facilitée encore une fois par notre apparente position privilégiée au sein de la chaîne de commande et qui nous permettaient envers et contre tous de fendre les flots humains sans encombre, tels deux Moïses des temps modernes. &lt;br /&gt;Après ce qui me parut un siècle ou deux de marathon nous débouchâmes dans les coulisses d’un théâtre. Des figurants en costumes s’agitaient comme des électrons aux faisceaux d’une lampe torche. Certains étaient couverts de plumes, d’autres de peau de singe, nus sous des paillettes, dans des robes de carnaval. Nous croisâmes des groupes isolés, changés en tigres, en clowns ou en tortues. Dans cette pénombre artificielle, les corps se substituaient aux visages, tous sanglés dans leur drôle de tenues, et ces couleurs criardes, ces improbables parures, diamants, boas et masques vénitiens composaient un fatras indigeste et ébouriffant de luxure qui contrastait brutalement avec les postures accablées de ces acteurs involontaires. Mal dans leur peau de pacotille ils me firent l’effet de spectres dépressifs revenus d’un cercle Dantesque pour leur ultime fête sur terre. Un dernier spectacle avant la mort, le néant et l’oubli.&lt;br /&gt;La capuche s’était volatilisée. &lt;br /&gt;J’étais maintenant livré à moi même, et je sus que je tiendrai le premier rôle de la pièce en préparation. Le rideau n’attendait que moi pour lever son mur de velours sur cet avenir inconnu où s’estompait toute projection ; je n’avais plus, comme seule balise, qu’un incommensurable espace vide. J’entendais loin derrière un voile le brouhaha d’un public impatient de me voir fouler cette scène où j’allais jouer ma vie, une comédie dramatique dont j’ignorais la moindre ligne mais qui avait été écrite pour moi, sur une page vierge de ma conscience, composée par un autre auteur, répétée par un autre acteur, longtemps avant ma réincarnation. &lt;br /&gt;Puis, immobile sur un portant, je découvris parmi les cintres ce costume qui portait mon nom. &lt;br /&gt;C’était une armure médiévale, tressée dans des fils barbelé et d’où pendaient piteusement deux ailes en coton rachitiques. A côté, dans un sac poubelle, une auréole en pâte à sel attendait d’être couronnée au faîte de cette panoplie d’ange confectionnée à ma mesure. Déchu, c’est sûr, me dis-je. Je n’eus pas le temps de m’apitoyer car un haut-parleur annonçait l’imminence du cinquième acte. &lt;br /&gt;Contraint d’enfiler ma tenue, je me mis nu quand le noir tomba. J’entendis gronder dans la foule une vibration carnivore qui hurlait et tapait des pieds. A l’instant de saisir l’armure une pointe s’enfonça sous mon ongle. Je voulus retirer ma main mais mes doigts étaient empêtrés dans les tresses de fils barbelé. Le costume s’insinuait en moi, mu par sa propre volonté. Il tentait de m’écorcher vif pour me mettre définitivement dans la peau de son personnage. Bientôt je ne fus plus qu’une plaie qui convulsait entre ses bras. Avalé par mon rôle avant d’avoir foulé les planches, j’appelai à l’aide un technicien mais il était déjà trop tard. Le chuintement du rideau m’inonda de lumière. Le théâtre s’ouvrit. Le public se tut. J’étais couché au centre du plateau, bouche bée et ensanglanté, incapable de trouver un mot.     &lt;br /&gt;Et je compris, une dernière fois, que j’avais raté mon entrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux. 29/30 avril 09&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4147738404776834034?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4147738404776834034/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4147738404776834034' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4147738404776834034'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4147738404776834034'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2009/05/fin-et-suite.html' title='Fin et suite'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-5782361778217765033</id><published>2009-04-01T02:08:00.000-07:00</published><updated>2009-04-01T02:16:50.969-07:00</updated><title type='text'>Mémoires au congélateur</title><content type='html'>Ailleurs en nous, à l’intérieur, il y a un congélateur où l’on conserve loin de nos yeux les aliments que la mémoire a stocké à notre insu, en vue d’un éventuel festin.  &lt;br /&gt;On garde au frais sans le savoir, pour l’avenir, certaines histoires inachevées, ces idées noires que le printemps a délavées à coups de soleil, ces amours dont on a rêvé et qui sont restés lettres mortes, ces livres que l’on n’a pas compris mais dont les mots se sont coincés sur les parois, entre deux portes, comme du persil à nos gencives.&lt;br /&gt;Nous transportons tant de visages, tant d’odeurs enfuies sous des tombes, des petites coupures, des brûlures, des centaines de ciel et de lunes, des oranges à moitié rongées que nous croyions avoir jetées dans la benne à ordures du temps, mais qui on ne sait pas comment, ont échappé aux éboueurs, peut-être sauvées par un ange, ou par une fée mal informée. Et voilà que nos vieux déchets sont retirés du néant, extraits de l’ombre, lavés, triés et déposés quasi intacts dans des boîtes en plastique hermétiques, étiquetées avec soin et rangées par ordre chronologique sur des étagères ventilées, enfouies à moins 18 degrés.   &lt;br /&gt;Nous ignorons le plus souvent tout de ces restes pétrifiés, et n’éprouvons aucun désir de réchauffer au micro-ondes les plats qu’on a déjà mangé, qu’on est sûr d’avoir digérés et évacués dans la foulée sous les cascades d’une chasse d’eau. Au delà de la nostalgie qui parfois perce nos nuits blanches, lorsqu’on se raccroche à des branches de saules qui  chialent des madeleines et bien en deçà de ces rêves qui tâchent nos pinceaux mal rincés pour mieux emmêler nos dessins, nous gardons ce congélateur aux tréfonds d’une pièce verrouillée dont nous déglutissons sans cesse la clé des chants désaccordés.&lt;br /&gt;D’ailleurs, quand pour quelque raison, nous enclenchons la marche arrière, que nous regardons par derrière nos vies dans le rétroviseur, ce n’est pas dans le congélateur que nos allons chercher du sens, mais dans le réfrigérateur, situé à l’étage du dessus, où nous avons nous même classé les ingrédients de notre passé, histoire de ne pas tout oublier. A chaque instant vécu ou presque, notre mémoire a prélevé des échantillons d’existence, une fleur par ci, dix pleurs par là, quelques beaux souvenirs d’enfance dont on pourrait avoir besoin pour ne pas sombrer dans l’amnésie et se retrouver sur le monde pareil à un arbre sans racine, susceptible de s’écrouler au premier soupir de vent. &lt;br /&gt;Il nous faut bien, pour accepter d’ouvrir les yeux à chaque aurore, l’illusion d’aller quelque part, et nul ne saurait avancer sur un chemin sans queue ni quête. C’est une condition du futur sine qua non de s’abreuver des instants qui l’ont précédé. Alors, chacun à nos manières, selon la logique du hasard, nous trions nos boîtes en plastique avant qu’elles passent à la censure, et nous choisissons pour l’après quelques morceaux de temps brisés qui nous serviront de repères, de balises et de nourriture, un peu comme nous retirons parfois, en vue d’un repas du lendemain, un plat du congélateur, qu’il nous arrive d’oublier.&lt;br /&gt;Et voilà où je veux en venir, à ce réceptacle en plastique clos par un couvercle bleu ciel qui traîne entre deux petits suisses, et un bifteck haché sous vide. A l’intérieur stagne je crois, une soupe de courgettes moulinées. Je ne sais plus quand ni pourquoi j’ai déplacé cette mixture de la partie congélateur pour la poser dans le frigo, mais le fait est qu’il est trop tard, elle doit commencer à moisir. Je m’en suis aperçu ce matin, pendant que la bouilloire sifflait. Je voulais saisir dans la porte le paquet de café soluble, et mes yeux s’y sont accrochés. Cette boîte était là, au milieu, depuis presque une éternité, mais je l’avais comme occultée, rendue invisible. Alors dans mon esprit troublé, deux questions s’imposèrent, suivie d’une autre, toutes sans réponse. &lt;br /&gt;Pourquoi avais-je si longtemps rayé cette boîte de ma conscience ? &lt;br /&gt;Pourquoi revenait-elle maintenant, précisément, à cette seconde, me rappeler son existence  ? &lt;br /&gt;Et que devais-je en faire ?               &lt;br /&gt;Immédiatement l’image infecte d’un enfer en putréfaction s’imprima derrière mes rétines et je visualisai la mousseline blanche, flottant mollement à la surface d’une nappe gluante et duveteuse, des millions de micro organismes sur un océan de champignons, des bactéries et des microbes lubriques en train de partouzer sans capotes sur un lit visqueux et nauséabond de soupe en décomposition.&lt;br /&gt;Ce qui se jouait sous ce couvercle, c’était une tragédie morbide où je tenais le premier rôle, l’image projetée de mon esprit en route pour l’estomac des mouches, enterré dans un trou de mémoire, condamné à n’être plus rien qu’une somme infinie de zéros. Ce que j’avais volontairement provoqué, en rayant cette boîte de mon champs de vision, c’était le sens de son retour, sa présence à présent indiscutable et la conscience qui l’accompagnait, que je suivrai le même chemin, un jour ou l’autre. Je ne suis pas grand chose de plus compris-je alors malgré moi, qu’un reste de soupe décongelée, en attente d’être effacé des souvenirs de l’éternité.&lt;br /&gt;Je n’avais donc plus que deux choix : prendre mon dégoût à bras-le-corps, ouvrir le couvercle en plastique et me confronter à la chose. Assumer la vision d’horreur, l’odeur qui ne manquerait pas de me faire mariner la bile, et aller debout sur mes jambes vider la mixture infernale dans l’oeil globuleux des toilettes. Ou alors, saisir le café, détourner les yeux de la boîte et refermer la porte, en remettant l’acte à demain, ou même si possible à jamais.&lt;br /&gt;J’optai bien-sûr pour le deuxième, même si je ne m’en sentis pas fier. La boîte resta donc à sa place, et sauf intervention divine ou vol par un mauvais esprit, elle doit encore s’y trouver.&lt;br /&gt;Qui sait, quand j’aurai le courage de me confronter au néant j’en assumerai les conséquences. &lt;br /&gt;En attendant je me rassure en réfléchissant au couvercle. Car tant que la boîte reste close, rien de ce qui s’y passe n’existe en moi. Les choses peuvent bien empirer au delà de l’imaginable, elles pourrissent loin de mon regard, et donc de ma réalité. Les cartes restent entre mes mains propres, immaculées et insouciantes, bien au-delà de tous soupçons. Je respire à cette évidence : si je laisse le couvercle en place, la mort ne peut plus m’effleurer.&lt;br /&gt;Il en est de même, je pense, pour tous ces instants refoulés, ces heures dans le congélateur, que l’on se cache à demi-mots. Un jour ou l’autre ils nous reviennent, comme par miracle, ils apparaissent, réincarnés à la conscience, dans la zone réfrigérateur, entre le fromage et le beurre. &lt;br /&gt;Alors quelles que soient nos mémoires, ils nous aspirent à reculons, nous donnent un avant-goût de la mort que nous ne pouvons pas éviter. Mais nous conservons malgré tout, histoire de ne pas désespérer, l’illusion que chaque souvenir a un couvercle qu’on est libre de laisser scellé, encore un jour, ou à jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux. 30-31 mars 2009&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-5782361778217765033?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/5782361778217765033/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=5782361778217765033' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5782361778217765033'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5782361778217765033'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2009/04/les-memoires-au-congelateur.html' title='Mémoires au congélateur'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-5140138115463915823</id><published>2009-01-29T07:18:00.000-08:00</published><updated>2009-01-29T08:04:49.852-08:00</updated><title type='text'>Parano Versus H2O</title><content type='html'>Pour répondre à votre question je dirais que je bois de l’eau et que je n’en fais pas une maladie ni même une question de principe parce que rien n’est plus naturel du moins me semble-t-il n’est ce pas mais arrêtez moi si je me trompe que d’étancher sa soif lorsque celle-ci se manifeste et dans mon cas je dirais que cela arrive entre deux et mille fois par jour parfois plus parfois moins cela dépend évidemment de différents facteurs qui peuvent être ou non c’est selon indépendants de ma volonté tel que par exemple mon envie de boire de l’eau parce que j’en éprouve le désir ou bien les changements de température parce que comme vous le savez certainement ce n’est pas moi qui vais vous l’apprendre ou alors si c’est le cas permettez moi de vous dire que vous devriez changer de métier et  reprendre illico vos études donc dis-je qui dit grosse chaleur dit déshydratation et par là même nécessité de s’abreuver plus qu’à l’accoutumée c’est une question de logique et aussi de santé publique car vous n’ignorez pas je pense que notre corps est composé de 80% d’H2O et qu’il est nécessaire pour ne pas dire essentiel de renouveler régulièrement l’oxygène de notre organisme et qu’en cas de forte canicule par exemple comme celle qu’on a subi en 2003 mais à ce propos j’y reviendrai tout à l’heure parce qu’il se trouve que je sais des choses là dessus que le gouvernement nous cache et que je juge de mon devoir de dévoiler au grand public mais chaque chose en son temps n’est ce pas nous avons toute la journée devant nous alors autant procéder par ordre si vous le voulez bien et aborder les problèmes les uns après les autres pour ne pas s'emmêler les pinceaux et risquer de devenir confus parce que n’est ce pas comme dit si bien l’adage populaire à trop vouloir parler on finit par ne plus rien dire alors qu’avec un peu de discipline dans la maîtrise du discours il n’est pas du tout compliqué de bien se faire entendre et donc comprendre de son interlocuteur quel qu’il soit ce n’est pas vous qui me direz le contraire vu l’expérience que vous avez en la matière mais revenons à nos moutons je disais donc que lorsque nous nous retrouvons confrontés à des étés particulièrement torrides pour ne pas dire caniculaires notre besoin en eau augmente proportionnellement à la transpiration que nos glandes dites sudoripares produisent pour réguler notre température corporelle et éviter ainsi le dessèchement prématurés de nos organes vitaux tels que le coeur les poumons et dans une certaine mesure les genoux car avoir mal aux genoux lorsqu’il fait plus de 40 degrés Celsius à l’ombre excusez moi si cela vous paraît futile mais ce n’est pas de tout confort croyez moi je sais de quoi je parle étant donné que depuis que j’ai subi une quintuple déchirure des ligaments croisés suite à un accident de ski mes rotules sont comme qui dirait particulièrement sensibles au climat tellement même que ma mère dit souvent que je devrais travailler pour Météo France si vous saisissez le trait d’humour car ce n’est pas tout d’être sérieux il faut bien rigoler un peu ce qui ne m’empêche pas soyez en sûre madame de garder le fil de ma pensée et d’affirmer avec toute la force de conviction dont je suis capable qu’il est extrêmement important de boire abondamment et sans retenue lorsqu’il fait chaud surtout lorsqu’on est un enfant en bas âge ou bien une personne âgée car ces deux catégories sont vous l’ignorez peut-être parmi les plus fragiles de notre espèce et de ce fait beaucoup plus sujettes au dessèchement prématuré des organes vitaux choses dont nous avons eu la preuve lors que la fameuse canicule de 2003 qui si vous voulez ma pensée ne devait rien au hasard ni à un quelconque anticyclone tropical égaré comme les médias ont essayé de nous le faire croire mais avait été bel bien habilement orchestré par le lobby juif des eaux minérales en bouteilles de mèche avec les francs-maçons pour nous pousser à la consommation car tout le monde sait enfin ceux qui s’intéressent vraiment au sujet que ces gens mal intentionnés sont les enfants de l'Antéchrist venus d’une autre galaxie et qu’ils cherchent par tous les moyens à asservir l’humanité et qu’il s’infiltrent pour ce faire dans les plus hautes sphères du pouvoir et ce sont eux qui versent dans nos bouteilles les germes d’une maladie contagieuse dont on ne verra les effets que dans quelques centaines d’année et pour nous forcer à la boire et augmenter dans le même temps les bénéfices commerciaux de leur multinationales américaines ils ont installé dans le désert de l’Arkansas une usine secrète dont la mission est de réchauffer la planète et qui utilise pour atteindre cet objectif le même principe et la même technologie que celle du four à micro ondes élaboré par la NASA et qui envoie plus de 1000000 kilojoules de radiations électromagnétiques par seconde via un canon à pulsation iodée directement vers la couche d’ozone ce qui a pour effet évidemment de faire s’écraser les avions et ralentir les mouettes et fondre les glaciers de l’océan indien et l’un dans l’autre selon le principe du domino c’est tout l’équilibre de notre écosystème qui s’en trouve chamboulé tant et si bien que le Gulf Stream se refroidit et que les masses d’air équatoriales se dilatent sous l’effet conjugué de la chaleur et du sel évaporé pour finir par divaguer jusqu’à notre continent et provoquer le drame que l’on connaît c’est à dire l’extinction des escargots de Bourgogne et 15000 morts au mois de juillet et donc alors que fait le commun des mortels dans ce cas je vous le demande mais vous connaissez la réponse bien sûr il se rue vers son supermarché pour acheter de l’eau minérale infectée et hop ni vu ni connu le tour est joué et voilà on est tous corrompus par le germe judéo maçonnique et dans quelques années croyez moi nos enfants naîtront avec le nez crochu les oreilles pointues et une queue de cochons fourchues alors moi oui pour répondre à votre question je bois de l’eau tous les jours et parfois plus et je n’en ai pas honte et je ne m’en cache pas bien au contraire il m’arrive même de m’en vanter mais je ne me laisse pas prendre au piège de la société de consommation parce que je sais ce qui se trame alors j’ai élaboré mon propre système de filtration que je suis prêt à partager gratuitement avec tous mes compatriotes dans un souci d’humanité parce que je ne suis pas vénal et ne vois aucun intérêt à conserver pour ma seule jouissance personnelle une invention de cette importance n’est ce pas au diable l’avarice après tout c’est l’avenir de la race humaine qui est en jeu dans ce combat alors écoutez moi bien madame j’espère que vous enregistrez parce que c’est assez compliqué non pas que je doute de votre intelligence mais deux précautions valent mieux qu’une comme on dit ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à manger de la glace ni au cheval à boire de l’eau ce qui me ramène au vif du sujet à savoir le système de filtration que j’ai élaboré pour contrer la tentative d’infection généralisée de nos verres par les juifs et leurs alliés qui leurs mangent dans la main c’est à dire les grands médias bien sûr ainsi que les conglomérats industriels et pharmaceutiques sans parler des hautes sphères de la finance mondiale qui vous ne l’ignorez pas sont comme cul et chemise avec Israël tout comme d’ailleurs les gouvernements des pays les plus riches sans parler de ces intellectuels vendus à la cause sioniste et qui essaient encore de nous faire croire que la Shoah a existé alors que la plupart des gens sensés et bien informés savent qu’il n’en est rien et qu’Hitler et ses soi-disants camps de la mort sont une invention pure et simple et une manipulation d’échelle interplanétaire pour justifier la main mise des youpins sur la terre sacrée de Jésus qui doit passez moi l’expression sacrément se retourner sur sa croix à l’heure qu’il est et donc à présent ces égorgeurs d’enfants déicides contaminent notre eau minérale en bouteilles mais pas seulement car cette pollution criminelle concerne également les différentes marques d’eau de source et tenez vous bien ça va vous faire un choc mais comme on dit n’est-ce pas la vérité n’est pas toujours facile à avaler ce qui n’empêche pas qu’il faut bien que quelqu’un se lève et la profère à la face du monde même au péril de sa vie et si je dois être ce héros alors c’est que c’était mon destin de faire savoir à la population que l’eau du robinet aussi est infectée par le virus et que le seul moyen de protéger nos générations futures de la dégénérescence génétique est de filtrer l’eau d’où qu’elle vienne de la façon suivante à savoir tout d’abord la congeler à moins quarante degrés minimum et ce pendant une période comprise entre douze et seize heures exactement ni plus ni moins avant de la faire bouillir dans une cocotte en fonte jusqu’à évaporation complète des particules dans l’atmosphère particules que l’on récupérera sous forme de buée dans  du papier toilettes 100% pure cellulose qu’il nous suffira ensuite d’essorer en ayant pris soin préalablement de s’être munis de gants de moto sur un filtre à essence de la marque KNECHT idéalement même si un BOSH peut faire l’affaire lequel filtre une fois imbibé de l’eau récupérée devra être à son tour congelé pendant trois ans minimum si possible dans de l’azote liquide avant de pouvoir en extraire l’eau purifiée et normalement prête à la consommation même si moi personnellement je préfère renouveler l’opération une petite dizaine de fois car comme dit le proverbe n’est-ce pas on est jamais trop prudent lorsqu’il s’agit de notre santé et qu’en plus nos ennemis sont nombreux et extrêmement malins et parfaitement bien organisés puisqu’ils ont équipés le cerveau des fourmis et des acariens de transmetteurs wifi avec webcam intégrée pour mieux surveiller nos mouvements et qu’à l’instant où je vous parle ils préparent certainement une contre attaque mais je m’en contrefiche parce que tant qu’il y aura sur terre des gens sains d’esprit et courageux et vigilants tel que votre serviteur si vous me permettez de m’envoyer ces quelques fleurs alors la résistance ne faiblira pas et nous ne baisserons pas les armes avant d’avoir fait éclater la vérité au grand jour quel que soit le prix à payer et la victoire assurément viendra récompenser nos efforts en des temps plus glorieux où les animaux et les hommes vivront tous main dans la main en harmonie avec les plantes et les esprits de nos ancêtres alors ce sera une nouvelle ère et les anges de l’Apocalypse reviendront sur terre pour nous couvrir d’or et d’amour et moi peut-être que je serai récompensé et pourquoi pas même sanctifié pour avoir sauvé la race humaine des griffes de ce complot mondial mais bon ça c’est autre une histoire n’est-ce pas comme on dit qui vivra verra et je parle je parle et le temps passe et je sais que vous avez d’autres entretiens à assurer hors je ne voudrais pas abuser de votre temps car comme on dit n’est-ce pas le temps c’est de l’argent et l’argent ne pousse pas sous les dents des poules alors je vais vous laisser en espérant que mon témoignage aura été utile à votre enquête d’opinion marketing et que votre client sera satisfait de votre travail et du mien mais avant de prendre congé si je peux permettre une dernière requête étant donné que j’ai beaucoup donné de ma personne pour faire avancer votre projet et que j’ai de ce fait dépensé des litres de salive il se trouve que j’ai un peu soif et que si vous le voulez bien je ne serais pas contre vous emprunter juste un petit verre d’eau minérale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux- 26/29 janvier 2009&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-5140138115463915823?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/5140138115463915823/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=5140138115463915823' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5140138115463915823'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5140138115463915823'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2009/01/parano-versus-h2o.html' title='Parano Versus H2O'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8599559428413625764</id><published>2009-01-15T02:45:00.000-08:00</published><updated>2009-01-15T03:25:06.520-08:00</updated><title type='text'>Ecrit sous un masque</title><content type='html'>J’étais assis dans cette pièce rose où la peinture s’effilochait. Plié en deux sur la cuvette, j’avais un ver dans les boyaux qui vomissait des SOS. Ensuite les toilettes débordaient. Ma merde m’engluait les chevilles. Je voulais m’essuyer mais le papier était mouillé. Une matière visqueuse et infecte. Au fond de ma gorge résonnaient les cris angoissés des hoquets que mon estomac contractait, en vain ; je dégueulais du vide. J’entendis gémir une poulie. Une trappe s’écarta sur ma tête et il se mit à pleuvoir : le plafond me chiait dessus ; des citernes d’excréments. Si je n’avais pas serré mes dents pour éviter d’en avaler, j’aurais pu hurler à la mort. A la recherche d’une issue, mes bras poisseux gesticulaient et soudain j’agrippai un fil électrique agrafé au mur. Il n’était pas assez solide pour me hisser vers la surface, mais je n’avais nul autre espoir auquel accrocher ma survie. Je le longeai du bout des ongles en retenant ma respiration, jusqu’à ce qu’il arrête sa course. Alors je découvris un trou creusé dans un recoin du mur. &lt;br /&gt;Et j’aperçus le petit point rouge. &lt;br /&gt;Qui clignotait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour accoucher ces quelques lignes j’ai mis un masque de chirurgien, enfilé des gants de vaisselle et caché mes yeux maquillés derrière une paire de lunettes noires. J’ai enfoncé dans ma bouche un accessoire sophistiqué qui dénature mes cordes vocales. &lt;br /&gt;Mes phalanges patinent sans arrêt sur les mauvaises touches du clavier. Collectionnent les fautes de frappes. Mes doigts ont encore une fierté qui veut me battre au bras de fer. La pièce est noire et mes paupières épileptiques. Seul l’écran éclaire mon visage. &lt;br /&gt;Si je me cache à la lumière ce n’est pas par timidité. De toute façon il est trop tard. Je suis irradié au grand jour sous le crachat des projecteurs. Une mouche collée dans la toile. &lt;br /&gt;Six milliards d’yeux, ça fait du monde. &lt;br /&gt;Impossible de s’y dérober. &lt;br /&gt;Vous avez tous vu ces images.&lt;br /&gt;Monstre de foire, assis au fond de ma baignoire je transpire seul dans ma doudoune, fenêtre close et portes blindées, lumière éteinte, rideaux tirés. Une fois que j’aurai fini de taper, je cliquerai sur « envoyer » et détruirai l’ordinateur. Puis je passerai l’aspirateur, partout et jusque dans les trous, j’inonderai à l’eau de javel, foutrai le feu à l’appartement, et hop, envolé. Je changerai d’identité. Le temps qu’un autre prenne ma place au sommet de l’actualité.&lt;br /&gt;Un jour, qui sait, vous m’aurez sans doute oublié, mais ce ne sera jamais assez.&lt;br /&gt;Loin des regards, je continuerai à m’enfouir, aussi longtemps que quelque part existera le moindre rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anduze/Issy les Moulineaux, 23-12-08/15-01-09&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8599559428413625764?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8599559428413625764/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8599559428413625764' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8599559428413625764'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8599559428413625764'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2009/01/ecrit-sous-un-masque.html' title='Ecrit sous un masque'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6178823546681600380</id><published>2008-12-07T01:40:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:40:18.693-08:00</updated><title type='text'>De la peur (et autres bébés)</title><content type='html'>Nous avons tous, quelque part sous la peau, tatoué nos terreurs. Nos peurs ont des desseins que nous ne contrôlons pas ; elles obéissent à des logiques qui nous paraissent irrationnelles et s’organisent à leur façon, selon des schémas mystérieux, gravés malgré nous dans nos êtres par des souvenirs inconscients. Nous transportons ces étrangères comme des passagères clandestines, endormies la plupart du temps, mais prêtes à prendre les commandes au premier signe de faiblesse, quand un évènement extérieur vient par hasard nous secouer et arracher dans nos cerveaux les vieilles goupilles de la mémoire.&lt;br /&gt;Enfant, pareils à l’imagination, ces sursauts souvent nous débordent, et il ne faut pas grand-chose pour que nos estomacs paniquent, une lumière éteinte, un escalier qui grince, une image captée de loin, dans une télévision ou par les vitres d’une voiture, vision qui peut nous sembler sur l’instant fugitive ou inoffensive mais qui plus tard et sans raison, revient nous hanter dans le noir, fantôme gazeux et obsédant que nous ne pouvons pas maîtriser et qui s’incruste dans une boucle de cauchemar éveillé, terrible. &lt;br /&gt;Avec le temps, oui, tout s’en va, enfin disons que ça se calme, et l’on apprend à moins rêver, à renforcer notre raison, et peu à peu, de loin en loin, nous remportons ces combats qui nous semblaient perdus d’avance, les monstres disparaissent des coffres, les vampires restent dans l’écran, et les ténèbres aussi se vident de leurs sorcières et de leurs cris. Les diables retournent dans leur boîte, loin au fond de nos petites têtes blondes, et se blottissent avec nos peurs, en attendant une meilleure heure. Ce n’est pas vraiment que nous devenons insensibles, ni que nous ne craignons plus rien mais nos terreurs changent de visage, elles se font plus habituelles, plus banales, et s’appuient sur d’autres béquilles, quotidiennes et moins oniriques. Nous craignons pour nos emplois, pour nos histoires d’amour, pour notre avenir ou pour la planète, des peurs bien plus normalisées, presque domptées, et que l’on entretient avec une certaine lassitude pour lutter contre l’habitude. &lt;br /&gt;C’est notre condition d’adulte que de savoir faire taire les loups qui hurlent au seuil de notre enfance, et même si parfois, nous tremblons encore dans le noir, nous avons oublié pourquoi et ne le répétons à personne. Ensemble, après avoir grandi, nous taisons nos enfers secrets, enterrons nos frissons d’horreur, nos peurs gamines et solitaires, pour nous retrouver en société, à débattre sur des sujets graves pour l’avenir de l’humanité.&lt;br /&gt;La dernière peur vraiment personnelle que l’on s’autorise à partager porte un nom presque trop commun : La phobie. Tout le monde ou presque en possède une ce qui est vraiment bien pratique pour ne pas frissonner tout seul, tout en restant original. La phobie, c’est comme les briquets : une seule fonction originelle mais une infinité de modèles. Araignées, souris, vers de terre, avions, eau, vide, foule, pièce fermée, on aurait plus vite fait de compter nos neurones avec les doigts que de vouloir clore cette liste.&lt;br /&gt;Loin de moi l’idée de ridiculiser la phobie en tant que source légitime de peur socialisable, car j’avoue qu’elle remplit son rôle : nous pouvons nous y abriter, comme dans la maison en brique du dernier des petits cochons, pour condenser toutes nos terreurs muettes dans une seule angoisse exprimable. &lt;br /&gt;C’est vrai, personne ne vous regardera de haut si vous osez dire que vous avez le vertige. Si vous flippez des mouches personne ne la prendra et personne, ou presque, ne vous jugera fondamentalement raciste si vous avouez l’air désolé votre peur bleue du noir. La phobie reste donc, dans la limite du raisonnable, une appréhension acceptable.&lt;br /&gt;En ce qui me concerne, et malgré le ton léger et légèrement cynique des quelques lignes précédentes - qui j’en conviens pourrait me donner l’air de ne pas savoir de quoi je parle et de traiter par dessus la jambe un sujet on ne peut plus sérieux - je ne suis pas mieux loti qu’un autre à ce propos. J’ai, moi aussi, une phobie incontrôlable qui m’handicape au quotidien et dont j’aimerais pouvoir me soulager sous vos yeux, si vous avez encore assez de patience pour m’accorder votre indulgence.&lt;br /&gt;Car il se trouve que cette peur n’est pas vraiment à mon honneur, et que je risque fort non seulement de vous décevoir mais aussi de provoquer chez vous une réaction instinctive de rejet voire même, et j’en suis désolé d’avance, de dégoût incompréhensible.&lt;br /&gt;J’aurais, croyez le bien, grandement préféré vous avouer une terreur plus formatée et sans doute plus au goût du jour, mais je ne peux pas me résoudre à déformer la vérité juste pour me faire bien voir des derniers lecteurs qui me restent à cette heure.&lt;br /&gt;Disons donc qu’au point où j’en suis, je n’ai plus grand-chose à perdre à vous épargner cette épreuve.  &lt;br /&gt;J’ai peur des bébés. &lt;br /&gt;Bien sûr, j’entends déjà vos rires moqueurs, vos sifflets, vos huées et je vois tous vos doigts qui se dressent, accusateurs et bouleversés, et vos regards qui me méprisent, vos crachats qui me noient de honte. Vous me criez dans les tympans, salaud, sans coeur, espèce de connard insensible, il n’y a rien au monde de plus mignon, rien de plus tendre, rien de plus inoffensif et fragile qu’un bébé ! Et moi, brisé sous le poids de vos brimades, j’ose encore relever la tête et hurler par delà vos cris sous le jet des pierres dont vous me lapidez le visage : Oui les bébés sont des monstres, étranges et impitoyables, sans crainte et sans pitié ! Des choses bizarres remplis de morgue qui me scrutent de leurs petites orbites avec cette arrogance malsaine, cette espèce de sixième sens, cette faculté à me percer à jour, à traverser mon crâne, sans rien dire, comme pour tester mon existence. Et lorsqu’ils me fixent comme ça, sans sourciller d’un poil, ni trembler d’un cheveu, quand ils m’observent sur leurs chaises ou dans les bras de leurs parents, c’est comme si je me retrouvais tout nu et en direct sur toutes les chaînes de télé du monde, que l’univers entier pouvait pénétrer à l’intérieur de moi, pour disséquer mes pires secrets. Un bébé sait tout, tous mes souvenirs, toutes mes faiblesses, tous mes défauts lui sautent aux yeux, et c’est comme un miroir pour l’âme, qui me déforme et me renvoie en plein dans le coeur mes doutes et toutes ces peurs d’enfants, tous ces cauchemars que j’avais refoulé, toutes ces horreurs que je cachais, il les repère immédiatement, grâce à son radar de pureté, et j’aperçois ma cruauté, ma vieillesse, mes mesquineries, mes mensonges, mes manipulations bref, tout ce que je voulais cacher, aux autres et à moi-même, tout ce que j’avais appris à feindre avec des postures et des mots, mon armure sociale, le bébé l’explose direct, d’un coup d’œil, et je pars en lambeaux. &lt;br /&gt;C’est l’instant le plus pénible de mon existence, le défi le plus insupportable, que d’être pendu à ses yeux, en sursis, en attente de son jugement dernier, car il me fixe, en équilibre, et dans ma tête je le supplie, non, s’il te plaît, ne pleure pas maintenant, ne pleure pas à cause de moi, je ne suis pas si mauvais au fond, juste un adulte qui fait ce qu’il peut pour se donner l’air de comprendre, un type paumé entre deux âges et qui au fond ne rêve que de s’oublier. J’attends, pendu aux yeux de cette vie qui me connaît mieux que personne et, croyez le ou non, chaque fois, malgré mes suppliques intérieures, malgré mes sourires crispés, mes regards implorants, et même parfois les grimaces débiles que je tente pour le dérider, j’aperçois sa petite mâchoire qui commence d’abord par trembler, puis sa bouche se tord à l’envers comme de la pâte à modeler et elle convulse, la langue tordue et je sais ce qui va suivre, le cri de la mort, le hurlement et la cascade de grosses larmes qui va secouer tout son petit corps, pour me punir d’avoir grandi. Le bébé n’a aucune pitié et c’est toujours la même scène qui se répète et après ça ne rate jamais, tous les regards se tournent vers moi, les parents, les amis, les invités, et tous me dévisagent avec le même air méprisant, ou encore pire, compatissant. Qu’est-ce que t’as fait ? Qu’est-ce que t’as dit ? Et moi, je réponds rien, je vous jure, c’est lui qui a commencé, j’essaie de prouver mon innocence, mais contre un bébé de six mois, bien sûr que c’est perdu d’avance. Pour eux, tout est ma faute et d’un seul coup je ne suis plus moi, mais juste quelqu’un qu’on ne comprend pas, quelqu’un qu’on préfère éviter, le lépreux, le pestiféré : un type qui fait peur aux enfants. Et je m’en vais la tête basse, par la petite porte des damnés, avec tatoué sur le front l’empreinte indélébile de ma honte, ma peur paniquée des bébés…&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 28 novembre-1er décembre 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6178823546681600380?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6178823546681600380/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6178823546681600380' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6178823546681600380'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6178823546681600380'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/de-la-peur-et-autres-bbs.html' title='De la peur (et autres bébés)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4581650831512773387</id><published>2008-12-07T01:38:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:38:57.828-08:00</updated><title type='text'>Les chose se passent</title><content type='html'>Les choses se passent un peu comme ça, sans qu’on y pense, sans qu’on en soit vraiment acteurs, à peine certaines nous effleurent et des avions saturent le ciel, des trains à vapeurs nous emportent alors même que nous restons assis, couchés ou debout sous les branches d’un cerisier en fleurs fanées, ou dans les jambes d’un saule pleureur, à ne rien faire que respirer l’air qui déplace les abeilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses se passent quoiqu’on en dise, et la plupart même nous ignorent, à l’autre bout de l’univers, dans d’autres corps elles se blottissent, pour d’autres regards elles paradent, des fées dans des robes en dentelles, des cils courbés sous des ombrelles, des tubes en couleurs qui clignotent et des avions saturent le ciel sauf qu’ils ont la tête à l’envers et encore des trains électriques qui loin de nos mains les entrainent alors même que nous rions, assis, debout, ou allongés sur des dunes ou dans des cratères, à ne rien vouloir d’autre que vivre plusieurs années en une journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses commencent parfois comme ça, on avale une cuillère de temps, chaque matin à la vieille aurore, quand les chiffres nous délivrent d’un pays lointain sans horloge, où les choses existent autrement, avec des explosions de dents, des attentes ininterrompues au milieu de champs de betteraves et des avions qui rayent le sol, creusent des tunnels en enfer, les voyageurs embrassent des anges et les trains planent au dessus des mouettes, ils n’emportent plus rien ni personne que la face cachée de nos songes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses commencent partout pourtant, entre des cuisses, entre des mains, on glisse des ténèbres au grand jour, de l’eau tiède à l’air saturé où s’éloignent sans cesse des avions invisibles à notre conscience et pareils à ces passagers nous embarquons pour un voyage que nous ne pouvons pas penser, des besoins qu’on ne sait pas combler, des désirs fous qui nous façonnent, des baisers qu’on apprend à rendre, des espoirs à multiplier et des mots qu’on répète en vain, des phrases qu’on invente et qui réciproquement deviennent, avant même d’être prononcées, notre unique raison d’être un monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses recommencent comme ça, partout tout le temps au même instant les mêmes histoires naissent et meurent, d’autres destins dont on ne sait rien et qui s’éteindront avec nous, sans même nous laisser une trace, ni aucun sens à emporter, où s’en vont-elles ces choses qui passent derrière les fenêtres allumées, à l’intérieur des portes blindées, sous la mer ou au cœur des pages, à l’intérieur des inconnus, nous cherchons à les contempler mais leur présence est un mystère, leur destination un silence, et nous restons les pieds sur terre, dans l’ombre effacée d’une lune, seuls et pourtant innombrables, les yeux dans les cieux, nous ne voyons rien que des étoiles et des avions qui rayent le ciel, toujours curieux et ignorants des vies qui jamais ne s’envolent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses trépassent aussi comme ça à la fin d’un livre d’images, l’écran d’ordinateur s’étouffe et avec lui le ronflement d’un gros ventilateur. Silence. On sait qu’ailleurs des ambulances emportent des corps en sursis, que des derniers soupirs s’exhalent, que des chiens se font écraser, les ampoules grillent, les papillons aussi, des cheveux tombent dans les baignoires, des lettres d’amour se consument avant d’avoir été tracées, et les avions encore s’effondrent, piquent du nez dans nos mémoires, pendant que sur un quai de brume nous regardons partir les trains et qu’autre part, plus loin ou non, un enfant vient cueillir des choses…&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 18 novembre 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4581650831512773387?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4581650831512773387/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4581650831512773387' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4581650831512773387'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4581650831512773387'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/les-chose-se-passent.html' title='Les chose se passent'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3362699907479525539</id><published>2008-12-07T01:37:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:37:32.801-08:00</updated><title type='text'>Eloge Funambulèbre</title><content type='html'>J’ai des mots en suspens, qui dansent avec le vide. Au rebord de mes lèvres, comme des fildeféristes, ils vacillent, hésitants, au dessus d’un abîme. Mes phrases ont le vertige, elles s’accrochent comme elles peuvent, de leurs dix doigts brisés, elles pleurent à bout de force et supplient mon silence de ne pas les lâcher. Moi, je suis debout, quelque part dans l’automne, sur un trottoir quelconque, c’est une rue qui me porte et j’entends sans entendre des moteurs qui explosent, le roulis des poussettes où des bébés pleurnichent, une radio qui grésille entre deux stations et dans les trous du vent le claquement de deux talons qui s’éloignent, peut-être vers cette bouche de métro édentée. &lt;br /&gt;Le téléphone en main, tout juste raccroché, je m’arrête immobile à cet endroit du temps, le regard clouté à la pointe de mes pompes et je fixe de haut ces images qui s’agrippent, qui battent des pieds et tanguent comme saisies de vertige. Englué, j’ai toutes ces choses à dire qui ne veulent pas voler, ces lettres qui oscillent, frétillent de leurs ailes coupées, frénétiques, apeurées, elle refusent de lâcher prise et pourtant, je le sais, elles rêvent de décoller, pour se répandre en larmes. &lt;br /&gt;Te rendre hommage une première fois une fois passée ta dernière heure. &lt;br /&gt;Derrière mes yeux ça bouge encore, un cinéma diffuse ta mémoire en couleur, des instants minuscules, sensations microscopiques où survit encore ton visage tel qu’il n’existe plus. Je te regarde de l’intérieur et me replie et je me sens soudain comme ces mots qui s’accrochent, solitaires sur une corde tendue entre deux tours. &lt;br /&gt;Je bloque à cette frontière, ce barrage filtrant qui se dresse, impénétrable, entre mes pensées et ma voix, et les phrases qui en moi se libèrent, si légères et si graves, qui s’alignent en colliers dans une logorrhée pure, nette et incontrôlée, ces images qui remplissent le silence que tu laisses pour inonder l’espace de cris et de refus, s’aplatissent, ridicules et se recroquevillent, impuissantes, avortées à l’instant d’exister, et au bord de mes dents, il n’en reste plus rien, que des traces sans ombre et des banalités.&lt;br /&gt;Un pigeon passe qui picore les restes d’un croissant. Je range mon téléphone, et mes pieds inconscients recommencent à marcher, partis de rien pour n’arriver nulle part.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 15 novembre 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3362699907479525539?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3362699907479525539/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3362699907479525539' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3362699907479525539'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3362699907479525539'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/eloge-funambulbre.html' title='Eloge Funambulèbre'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7663576969858781303</id><published>2008-12-07T01:34:00.000-08:00</published><updated>2008-12-07T01:36:16.116-08:00</updated><title type='text'>Dialogue de murs</title><content type='html'>Je m’en souviens très bien me dit-il – comme si moi j’avais oublié, comme si j’étais amnésique ou je ne sais quoi – c’était le jour de la victoire de Mikhail Youzhny en finale de Wimbledon le 25 juillet 2013 à 23H53 exactement – alors que je m’en rappelais parfaitement étant donné que j’y étais, moi, dans les gradins, aux première loges cette année là, parce qu’à l’époque excusez moi du peu, mais j’étais moi-même champion de ping-pong – une balle de match incroyable, passing court croisé le long de la ligne et boum – il a insisté sur le  boum, lourdement, en tapant dans ses mains comme si j’étais sourd ou débile ou je ne sais quoi, alors que je l’avais vue, moi, de mes yeux la fameuse balle de match, et que ce n’était même pas un passing court croisé le long de la ligne, mais un revers slicé dans les pieds – et Mikhail poursuivit-il – il l’appelait par son prénom comme s’ils avaient élevé des chèvres ensemble dans le Poitou en mai 68 ou je ne sais quoi – Mikhail, donc, il s’est mis à danser sur le court, il faisait la chenille électrique, le pas de bourré, le moonwalk et des pirouettes, salto avant, triple boucle piquée, et le robot, tours sur la tête et caetera, complètement désarticulé – il en rajoutait avec les yeux, globuleux et plein de veines éclatées, et sa voix se perchait dans les contraltos pire qu’un chien qu’on émascule, alors que moi, je veux pas dire, mais je l’avais vu en vrai, Mike, ce jour là, et il avait à peine souri après l’annonce de sa victoire, peut-être qu’il avait sautillé sur place, d’accord, un peu, mais pas plus, c’était pas le genre à en faire trop, pas comme l’autre face de cul de tétine qui continuait de me saouler – et moi, poursuivit-il, je regardais ça depuis le camping sur l’écran géant du congélateur, et j’avais une raquette à la main aussi, et un short en lycra orange et un bandeau en éponge Spontex et des chaussettes en coton à bandes tricolores, bref tout l’attirail du champion – alors que pardonnez-moi, mais les chaussettes à bandes tricolores, c’est grave ringard, personne n’en porte plus depuis la victoire de Noah, et qu’en plus, il n’a jamais fait de camping parce qu’il a peur des araignées et qu’il ne supporte pas de chier autre part que dans les toilettes de sa mère – et il se trouve, continua-t-il – comme si ça m’intéressait plus que ma première chemise à fleurs – que j’avais de l’eau jusqu’aux genoux, parce qu’à ce moment là précisément, on faisait un tournoi dans le lac à côté de ma caravane, le water tennis tu connais, c’est pareil que le water polo sauf que c’est du tennis – c’est bon, je ne suis pas né de la dernière nuit et je lis Le Monde tous les jours –  c’est une nouvelle discipline olympique tu le savais ? – appelle moi débile tant que t’y es, c’est moi qui te l’ai soufflé au fion et en plus, figure toi que le water tennis, je l’ai carrément inventé alors hein, faut pas pousser mémé dans les escaliers de secours, bouffon – et donc, insista-t-il – alors que je soupirais franchement pour bien lui montrer que je m’en fichais comme de mon premier slip à cœurs – on frappait dans des balles trempées, ce qui n’était quand même pas pratique, parce qu’elles s’alourdissaient avec l’eau ce qui ramollissait le rebond, ce qui fait que le plus souvent elles coulaient à pic avant de toucher la raquette – vas-y apprends-moi la science physique et la mécanique des forces, je te rappelle que j’ai un doctorat et douze prix Nobel –  et du coup on passait plus de temps à faire de la plongée sous-marine qu’à jouer au tennis – allez, mon vieux, pas à moi, tu nages pire qu’un bloc de granit et te noierais dans une goutte de Coca – et à un moment ressassa-t-il, alors que je sortais ma tête du lac avec une sangsue sur le nez – tu l’as encore abruti, ah non pardon, c’est ta gueule – j’ai vu cette fille sur le rivage, foutue comme une allumette, avec un corps tout sec et maigre, de l’os avec de la peau par dessus, et une grosse tête toute rouge, des cheveux oranges, et un nez, mon pote – je  ne suis pas ton ami, connard – un nez de Catamaran – pardon mais je vois pas le rapport – et une bouche qu’on aurait dit sortie de la cuisse de Jupiter – faut que tu m’expliques ta métaphore, je vois pas ce que Jupiter vient faire dans l’histoire – et bref – ouais vas- y abrège, je m’endors – cette fille me dit un truc que j’ai oublié – t’as qu’à aller vidanger tes neurones – et moi je lui réponds du tac-o-tac un autre truc, je ne me souviens plus quoi exactement – alors pourquoi tu me le racontes – mais en tout cas le truc que je lui réponds , ça ne lui plait pas à la fille, ça la vexe même carrément, et elle se met à chialer des crocodiles alors je m’excuse platement mais elle appelle son père qui sort d’un coup de l’eau – genre t’as rencontré Jésus au camping – et qui s’avance vers moi, pas content, tu vois – non, je ne vois pas, non, tout ce que je vois c’est ta tête de hareng pourri qui me palpite sous les naseaux – et le père, c’est le sosie de Mikhail Youzhny, mais avec les cheveux de Jack Lang et les jambes de Julia Roberts, et il a une grosse voix, un peu cassée, comme Louis Armstrong, le chanteur de Led Zep – non mais révise tes classiques, Armstrong c’est pas un chanteur, c’est un mec qui fait du vélo sur la lune – et il m’engueule carrément, il me dit, c’est toi qui a traité ma fille de poufiasse enfoiré, et moi je dis, je suis désolé, et il me dit rien à foutre et moi je dis pardon et il me fout un pain de mie dans la gueule et voilà comment je suis mort, je m’en souviens très bien – comme si moi j’avais oublié, comme si j’étais amnésique ou je ne sais quoi, alors que j’étais juste là, à ce moment là, puisque c’était moi le mec en question, et là je m’approche de lui, je le regarde dans les yeux, avec force et détermination et je murmure : tu commences à me casser les noix avec tes histoires à la couille, et lui et il me sourit et il me demande :&lt;br /&gt;- D’accord, tu veux un jus de pomme ?&lt;br /&gt;Alors j’acquiesce parce que j’aime ça, et puis on trinque à l’amitié.&lt;br /&gt;Cholet-Issy les Moulineaux, 13 et 15 juillet 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7663576969858781303?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7663576969858781303/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7663576969858781303' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7663576969858781303'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7663576969858781303'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/je-men-souviens-trs-bien-me-dit-il.html' title='Dialogue de murs'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6053427909463878484</id><published>2008-12-07T01:33:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:33:47.726-08:00</updated><title type='text'>Le trait clignote</title><content type='html'>Le trait clignote et alors ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je recule mon fauteuil à bascule et j’attends, le regard rivé sur le trait, que quelque chose s’anime, derrière lui, et en moi, une image ou un sens. L’appareil photo près du scotch, c’est un fait que je ne peux nier, tout comme la présence de ce livre, qui rêve sous une couverture bleue. Deux langues en papier s’en échappent. Il n’y a rien à ajouter, à part la table, et les objets qu’elle pose, deux photos aimantée qui resteront - quoiqu’il advienne ailleurs - immobiles. &lt;br /&gt;J’essaie d’éviter les questions, et la pression de ce qui pousse, mes plantes au fond et en surface, les jours qui me dépassent du dessus. Nul besoin d’espérer trouver une solution dans le ciel. C’est un plafond qui m’abrite, des murs qui me contiennent. &lt;br /&gt;L’extérieur est toujours en moi ; ci-joint la frontière de mes yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était une fois ça, me dis-je, ici quoiqu’il advienne, toujours à la même place, que je bouge ou me pose, je me transporte et me subis, me poursuis sans cesse à la trace, mes bras, mon coeur, ma tête me collent aux basques où que j’aille, ou pire encore, si je ne vais nulle part, ils me poussent vers l’avant.&lt;br /&gt;Rien d’autre à faire, que d’être avec les choses.   &lt;br /&gt;Le répertoire en carton, appuyé sur un montant métallique, renferme des noms propres, des adresses et des chiffres, des gens plus ou moins oubliés dont il ne reste pour certains, rien d’autre qu’une trace sur cette page. Des souvenirs à peine effacés. Des corps alignés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le trait clignote et quoi ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des mots viendront peut-être, pour repousser l’instant, m’empêcher de rester assis, le regard vide sur les cahiers alignés. Une facture d’électricité. Ma carte bleue est toujours grise, à côté du pavé de post-it. J’approche mon fauteuil à bascule, comme si ce geste avait un but, signifiait quelque chose de neuf, une motivation, un désir, une idée. Non, ce n’est qu’un mouvement comme tant d’autres, sans fond et sans forme, qui existent avant qu’on ne les ait voulus. Tant de déplacements nous précèdent, trop de pensées nous entraînent. Difficile d’être entre deux eaux. Trouver le mot juste, la direction adéquate, le sens exact est impossible, une fuite sans cesse renouvelée, vers l’avant ou en arrière, les heures nous tirent par les deux bouts, sans jamais nous écarteler. Notre résistance force le respect. Puis nous mourons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le trait clignote, et voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant de fois qu’il le faudra, que je voudrais le répéter. Et si je n’écris pas maintenant, qu’importe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au commencement tout se ressemble, c’est après que les choses se gâtent, s’embellissent aussi par endroits, façonnées sans raison valable. Si je m’arrête, c’est le silence, à part un peu de vent vers la grue, de temps à autres, un clapotis. Le ronronnement de la tour en plastique. Le bourdon vague du périphérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des sons. Des images. Odeurs et cætera. Objets et projections. On ne s’échappe pas facilement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas seul, ni nulle part. Alors je deviens quelque chose. Le reste est une histoire de mots, de sang et de respiration.&lt;br /&gt;Juste un trait qui clignote.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 7 juillet 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6053427909463878484?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6053427909463878484/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6053427909463878484' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6053427909463878484'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6053427909463878484'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/le-trait-clignote.html' title='Le trait clignote'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1448697267034393345</id><published>2008-12-07T01:31:00.000-08:00</published><updated>2008-12-07T01:32:29.683-08:00</updated><title type='text'>Elle et l'oeil</title><content type='html'>C'est un soir qu'elle découvrit l'œil. Au fond du lit, contre son pied. D'abord elle sentit sa paupière. Un truc bizarre et plutôt doux qui frôlait ses orteils, comme un pinceau sur un dessin. Elle avait peur des araignées alors elle convulsa ses jambes, éjecta le drap et bondit, prête à écraser sa phobie sous une grille de Sudoku. C'est alors qu'elle le vit, palpitant dans l'obscurité : un œil humain et grand ouvert qui la fixait d'un air timide. &lt;br /&gt;Elle était une fille comme les autres. Enfin, c'est ce que les autres disaient. Elle ne brillait pas dans la foule qui l'avait rendue anonyme. Sa vie n'était pas un roman, ni une nouvelle, ni un chapitre, à peine une phrase qu'on lit en boucle en attendant le point final. Elle existait entre guillemets mais n'osait pas être déprimée, car il n'y avait pas de raison. Elle voyageait en classe moyenne, mangeait bien, travaillait beaucoup, dormait toujours dans des draps propres. Il y avait un toit sur sa tête, et dedans, du temps. Dehors, elle traînait sa tristesse comme certains leurs rhumes de cerveau, une gêne qui agace sans broncher, qu'on accommode, qu'on apprivoise et qu'on finit par oublier.&lt;br /&gt;A présent l'œil l'implorait. Ne m'écrase pas, je t'en supplie. Il battait ses cils à tout crin, comme un gosse en flagrant délit. Sur le drap housse plein de nounours, il faisait tout petit et pitié. Ils se dévisagèrent longtemps, elle de tous ses yeux, et lui de tout son être, ils ne se lâchèrent pas du regard. C'était un œil assez profond, mais qui irradiait en surface. On œil qui racontait des choses, d'un bleu tirant sur le gris clair.&lt;br /&gt;Elle lui parla :&lt;br /&gt;- Tu m'entends ? &lt;br /&gt;L'œil était sourd, évidemment. Peut-être lisait-il sur les lèvres. En tout cas s'il ne sut répondre, sa pupille se contracta au coeur d'un iris suspicieux. Terrorisé apparemment. Elle tendit lentement sa main et le recueillit dans sa paume ; il commença par frissonner. Elle l'approcha de son visage et lui sourit. L'œil se calma, encore inquiet. Elle se sentit troublée, et trembler. Personne ne l'avait vue d'aussi près. Ni regardé de cette manière. Car l'œil l'aspirait toute entière dans ses paupières écarquillées. Il s'ouvrait de plus en plus grand pour essayer de la convaincre de ne pas être écrabouillé. Il employait ses dernières forces à prouver sa fragilité.&lt;br /&gt;Elle dit : &lt;br /&gt;- Ne crains rien.&lt;br /&gt;Puis :&lt;br /&gt;- Tu me rappelles quelqu'un.&lt;br /&gt;C'était vrai. Mais elle ne put dire qui. Elle le mit sur sa table de nuit, au creux d'une boîte de mouchoirs. Puis elle s'allongea près de lui. Avant d'éteindre la lumière, ils se fixèrent encore un peu. L'œil était heureux à présent, il scintillait de gratitude, et elle n'en croyait pas les siens. Plus rien ne serait comme avant. Au bout d'une heure à se contempler, la fille et l'œil s'alourdirent, et se refermèrent en même temps.&lt;br /&gt;Elle n'était plus comme les autres. Elle portait partout un secret, au chaud dans une boîte à lunettes. Cette présence la justifiait aux yeux de l'univers entier. Elle le sortait dès qu'elle pouvait, enfermée dans les sanitaires, isolée dans un ascenseur, elle entrouvrait à peine l'étui et regardait son œil, toujours tendre et tendu vers elle. Le soir, elle l'installait au milieu des mouchoirs, tamisait les lumières et s'allongeait sur son lit, face à lui. Là, ils s'observaient en silence, dans une communion solennelle que seul le sommeil apaisait.&lt;br /&gt;Un soir elle comprit qu'elle l'aimait. Pour la première fois l'œil pleura. De bonheur, sans doute, ils mélangèrent leurs larmes, une autre façon de s'enlacer. &lt;br /&gt;Puis elle fut seule de nouveau, perdue quelque part dans le noir. Elle avait égaré son corps, ses mains, ses jambes et son visage, tous disparus de sa conscience. Elle ne ressentait plus qu'un muscle dont elle ignorait l'existence, mais qu'elle contractait sans arrêt, comme un réflexe d'un autre âge, une tentative désespérée. Sourde, au-delà du silence, elle n'entendait qu'un vide ultime, morbide et intersidéral. Alors d'un coup la terre trembla, aspirant le ciel à l'envers et elle fut inondée de lumière. Aveuglée, elle ferma les yeux, et lorsqu'elle rouvrit sa paupière, elle ne put croire ce qu'elle voyait. C'était elle-même, qui se dressait, telle un gratte-ciel en chemise de nuit, immense au dessus de son être qu'elle hésitait à écraser avec une grille de Sudoku.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 24 juin 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1448697267034393345?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1448697267034393345/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1448697267034393345' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1448697267034393345'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1448697267034393345'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/elle-et-loeil.html' title='Elle et l&apos;oeil'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6088688808629615149</id><published>2008-12-07T01:29:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:29:43.212-08:00</updated><title type='text'>Mille ans s'étaient écoulés</title><content type='html'>Je m’étais à peine retourné un instant, le temps de sortir une coupelle du lave-vaisselle, que mille ans s’étaient écoulés. Les arbres du jardin, qui la seconde d’avant peinaient encore à griffer le balcon du troisième, dépassaient à présent le toit de l’hôtel Pullman, crevant de leur cime le ventre gonflé d’une lune à demi rongée. Leur tronc autrefois si maigre qu’ils me rappelaient ma petite voisine de palier anorexique, fine comme la pointe d’une punaise, et qu’on avait retrouvée morte, coincée entre les portes de l’ascenseur la veille du onze septembre 2001, leur tronc donc semblait maintenant des baleines obèses, larges comme des centrales nucléaires. Ailleurs mais pas très loin, le bébé merle qui hier au soir sifflotait des airs d’opéra, s’était tu pour l’éternité, peut-être mort de vieillesse sur une antenne parabolique couverte de mousse et poussière. Moi, j’enfonçais mon index dans la purée de graisse qui recouvrait le carreau, dessinait un coeur tordu où j’aperçus mon reflet, yeux dans les yeux. Je n’étais plus rasé de près, mais barbu blanc comme un druide, et mes cheveux gonflaient en touffes de neige, jusqu’à caresser les écailles du plafond, s’emmêlant aux fils électriques dénudés que vomissaient les douilles vides des ampoules éclatées. J’avais, sur le front, le menton, et à la commissure des lèvres, des fossés de peaux creusés à la pelleteuse, des canyon de rides, des gorges si profondes que j’y voyaient des pirogues, des forêts, des grattes ciels, des landes, des steppes, des montagnes russes enclavées, tout un monde de petits hommes, enfants, insectes et mammouths, logés au chaud entre mes plis séculaires, abrités au creux de mes pores, inconscients d’être parasites, bactéries ou microbes, envahisseurs insouciants de mon corps sans âge ni souvenir.  Mille ans s’étaient écoulés, le temps de sortir cette coupe du lave-vaisselle, et que je serrais dans mes doigts remplis d’os, jusqu'à ce qu’elle s’effrite et se délite en un crachin de porcelaine, une pincée de sable bleu saupoudrant le carrelage d’immondices où mes pieds invisibles s’embourbaient, avalés jusqu’aux tibia dans des strates successives de résidus organiques, cimetières de fleurs séchées, mer de mouches, champs d’épluchures de patates, le tout décomposé, pétrifié, en gelée, en purée, en ciment. En levant haut mes chevilles, comme si je marchais avec des skis, je me sortais du bourbier et avançais péniblement, de ma cuisine à mon couloir, jusqu’à la porte de sortie. Le palier était couvert de ronces, sur lesquelles des mures noires brillaient, plus grosses que des pastèques, et j’y enfonçais toute ma bouche, affamé, mon visage collé dans le sucre remuait à la manière des chats, et sur mes papilles excitées un plaisir neuf se déposait, sensation longtemps oubliée, de paix et d’euphorie, comme si rien n’existait plus que le goût de la baie, sa texture sur ma langue et son lait dans ma gorge. Mille ans s’étaient écoulés. Mais où ? Dans quel tunnel, quel pont, quelle trou noir ? Comment pouvais-je en être sûr d’ailleurs ? Ce n’était qu’une impression. Peut-être n’était-ce pas mille, mais deux mille, dix mille, ou alors moins, cent ans, dix ans, deux ans ou juste un jour, une heure pas plus, à peine une seconde. J’appuyais sur le bouton de l’ascenseur, qui s’enfonça dans du beurre, puis la cabine ouvrit sa fente et je pénétrais dans le cube où des lianes portaient des babouins à lunettes, stade évolué de mes vieux singes, et qui débattaient sans me prêter la moindre attention du sens de l’éternel retour. Un bel ara jouait aux dames avec un genre de dinosaure, et nous atteignîmes le rez-de-chaussée. Dehors, sous les immenses arbres, les pavés libéraient une plage, des dunes, des crabes et de l’écume, et à la place de ma rue, des vagues s’enroulaient en chuchotant des contes de Grimm et d’Andersen. Alors je la vis toute nue. Mon amour n’avait pas vieilli. Sur un drap d’étoiles de mer, elle m’attendait étendue. Je m’allongeais à ses côtés, prêt à attendre l’éternité contre son cœur et dans ses bras. Belle comme le jour et cætera, elle tourna son regard vers moi, m’embrassa fort puis murmura :&lt;br /&gt;- Chéri, quand tu auras fini de vider le lave-vaisselle, tu pourras me filer un coup de main pour le linge ?&lt;br /&gt;Ému, je rangeais la coupelle, à sa place dans le placard. &lt;br /&gt;Mille ans s’étaient écroulés.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 15 juin 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6088688808629615149?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6088688808629615149/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6088688808629615149' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6088688808629615149'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6088688808629615149'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/mille-ans-staient-couls.html' title='Mille ans s&apos;étaient écoulés'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8529987248711186929</id><published>2008-12-07T01:27:00.000-08:00</published><updated>2008-12-07T01:28:16.782-08:00</updated><title type='text'>Rêve en acier</title><content type='html'>Il se souvient avoir pleuré des larmes grosses comme ces valises qu’on traîne dans les escalators, dans les couloirs d’aéroports, ces gares d’où on ne part jamais et où l’on traîne près des wagons, un sandwich humide à la main. Il chialait pire que des madeleines, une boulangerie toute entière lui reniflait dans les narines, et il morvait des croissants chauds, des crocodiles en chocolat et des religieuses au café qui priaient un Jésus en sucre. Assis à la table d’une terrasse, au cours d’un été sans indien, un ami lui tenait la main, et lui, les yeux crevés de poches, il geignait toute sa belle famille, sa mère ses cousines sa grand-mère, son canari, son pinscher nain et puis le petit chaperon rouge, le loup, les cochons, les moutons, bref toute une ménagerie de verre qui lui coulait par les paupières. Glacé sous son crâne en carton, la belle au bois dormait, avec une seringue dans les veines, une culotte verte et déchirée, encore trempée, sanguinolente et des nuées d’abeilles zombies éjaculaient dans ses oreilles. Son cœur, enfin ce qu’il en restait, épluchait des tonnes d’artichauts, la vinaigrette lui brûlait les yeux sur l’assiette comme il se dévorait la langue, coupée en dés à la fourchette, il pleuvait des cordes sur sa tête où des pendus barbus bandaient. Il se rappelle avoir crié, sauf que sa voix était une autre, le chant d’une sirène de pompier bloquée dans un embouteillage, un grand brûlé s’épluchait le nez à la vitre. Ses dents restaient collées, émail soudé, gencives mouillées, et en voulant ouvrir la bouche, ça lui explosait à la gueule, une voiture piégée, un avion détourné, une bombe à retardement qui giclait plein de billes colorées. Telles étaient ses larmes encore, des boules chinoises multicolores, gouttes arrachées à la fontaine qui s’évaporent à peine lâchées dans l’atmosphère, et son ami ni pouvait rien, à part lui écraser la main en murmurant ça va passer ça va passer ça va passer. Sauf que rien ne s’arrête jamais, puisque le temps cueille des cerises, et que le sommeil a ses lois, ses tables de multiplications, et qu’à l’instant d’ouvrir les yeux, il lui reste encore des souvenirs, comme un chewing-gum dans les cheveux, qui ne tardent pas à s’effacer, fuir à toute jambes dans sa cervelle, et dont il ne conserve qu’une vieille impression de douleur, un cadavre exquis sous anesthésie. Puis rien. Il retrouve sa table de chevet, son soleil entre les volets, et l’air a toujours le même goût, entre la figue, le raisin et le chou, les draps fleurent un peu le printemps, à cause de la lessive et du mois d’avril qui bourgeonne. Tout existe encore et son corps aussi. Rien n’a disparu dans la nuit, les choses sont toujours à leur place, peut-être tant mieux, peut-être hélas. Et lui toujours vivant ici. Comme hier. Plutôt content. Ce n’est pas pour tout de suite l’enterrement. Il jette un coup d’œil à ses mains, se gratte les couilles du bout des ongles, ébouriffe ses cheveux noués et envisage le nouveau jour au chiffres clignotant de sa montre. Et puis il sent un truc sur ses joues, du carton sec qui se craquelle, alors seulement il se rappelle, sans savoir pourquoi ni comment, il se souvient d’un rêve d’acier, il se souvient avoir pleuré…&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 14 avril 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8529987248711186929?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8529987248711186929/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8529987248711186929' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8529987248711186929'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8529987248711186929'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/rve-en-acier.html' title='Rêve en acier'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4552046344057177793</id><published>2008-12-07T01:26:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:26:33.790-08:00</updated><title type='text'>Une main à la fenêtre</title><content type='html'>Je vois une main à la fenêtre, tous les matins, à 9H12. Cette main agite un chiffon rose. Le volet électrique s’ouvre, et la main sort par la fenêtre, son chiffon rose entre les doigts, qu’elle agite 42 fois, toujours de la même façon, au dessus des arbres et des balcons. La première fois que j’ai vu cette main, c’était par hasard, un matin, pendant que je sirotais mon premier café, fumais ma première cigarette. Je regardais par ma fenêtre, parce que le ciel s’annonçait bleu, et que j’aime contempler la grue, au loin là-bas, devant chez moi. Parfois, mais c’est une autre histoire, je rêve aussi d’y être assis, aux cieux d’Issy les Moulineaux, à cinquante mètre de hauteur, seul à la place du conducteur, enfermé dans le cube en verre, à soulever les grosses pierres, au milieu des ailes des pigeons. C’est alors que je vis cette main, ce matin là, sortir pour la première fois, à 9H12 exactement. Comme je n’avais rien à faire d’autre, je me mis à compter les coups qu’elle imposait au chiffon rose. J’imaginais, je ne sais pourquoi, qu’un compte à rebours commençait, et qu’au moment où cette main en aurait fini de danser, disparaissant de la fenêtre, je m’évanouirais moi aussi, aspiré par un tourbillon, un trou creusé dans le trottoir, comme dans ces tours de magie noire. La main agita le torchon précisément 42 fois, de la poussière s’en échappa, comme une averse d’étincelles lâchée dans les traits du soleil. Puis elle s’arrêta. Moi, je n’étais pas mort, ni même évaporé, mais toujours là, planté au même endroit, ma cigarette tombée en cendres, mon café froid sous le ciel tendre qui surplombait la grue immense. Alors, comme elle était venue, la main aussitôt disparut dans l’espace vide de la fenêtre, et après quelques secondes à attendre que la malédiction s’accomplisse, que mon monde immobile s’achève d’une façon plus ou moins jolie (mon cœur peinturlure le salon, ma cervelle fait de la purée, mon foie est léché par les chiens, mes poumons sont trempés dans l’huile), je vis que rien ne se passait, que l’air glissait entre mes dents, que la journée recommençait, malgré cette main à la fenêtre, comme avant, toujours vivant, si bien que je n’y pensais plus. Puis il y eut un lendemain, comme c’est assez souvent le cas, et la même heure revint me voir. A 9HI2 exactement, la main sortit par la fenêtre, avec le même chiffon rose, qu’elle agita 42 fois, avant de disparaître encore. Cette fois, je n’eus pas vraiment peur. Je fus même plutôt captivé, comme par le pendule de l’hypnose, cette boule qui danse en face des yeux, et qui vous plonge à reculons, vers vos romans photos cachés, vos vieilles histoires censurées, secrets de famille et autres viols à l’étalage. Pendant que la main agitait le chiffon rose à la fenêtre, des souvenirs me remontaient dans un ascenseur électrique, des fantômes soulevèrent des plaques, jonglèrent avec leurs boulets rouges, et je vis encore mon grand-père, comme souvent pendant mes nuits troubles, sur un tricycle gigantesque, ses pieds soudés aux pédales, un tronc d’arbre troué au nombril qui chante quand il me prend dans ses bras. Voilà, je vis encore bien d’autres choses que je n’ose pas écrire ici, des trucs à faire rougir les roses, à faire manger les pissenlits. Le jour d’après, évidemment, j’étais posté à mon balcon, à 9H12 exactement, et la main fut au rendez-vous, pour valser ses 42 coups. Cette fois, je n’eus aucune vision, ni terreur, ni même illusions, je regardais juste le chiffon qui exhalait des graines d’or, molécules lâchées dans l’espace, arrachées à la pesanteur, qui avaient dû être autre chose avant de se désagréger, des bouts d’objets, morceaux de chaises ou de jouets, des pellicules capillaires, des ongles usés aux caresses, et mes pensées vagabondèrent, le long de la peau de cette main, quand je compris en un éclair qu’elle appartenait à quelqu’un. Derrière chaque porte entrouverte, derrière chaque serrure, chaque vitre, chaque paupière, se cache toujours un univers, et ce que l’on voit en surface n’est que le reflet d’un miroir qui ne renvoie que notre image, nos propres fantasmes déformés, nos désirs sombres, inavoués, se logent partout en bas relief, pour nous faire croire que l’on existe dans toutes les dimensions possibles, alors qu’au fond, nous le savons, nous ne sommes rien qu’un bout du temps avec plein de pensées dedans. Cette main, cette heure, et ce chiffon, n’avait rien à faire avec moi, ne m’adressait aucun message, mais remplissait juste une tâche qui excluait mon existence. Il y avait, évidemment, un but que je ne pouvais comprendre, une habitude singulière qui n’avait de sens que pour elle-même, et dont je ne saurais jamais rien. Qu’elle fut princesse ou ménagère, libre comme l’air ou prisonnière, cette main s’accrochait à un bras, lui-même agrafé à un corps mu par sa propre volonté, dans sa logique inexpliquée. De tout cela, au fond des choses, je n’étais qu’un témoin passif, un dérangé contemplatif qui cherche toujours une façon de croire que tout a une raison, histoire de ne pas aller voir sa vérité dans le miroir.&lt;br /&gt;Depuis ce jour où je compris que cette main ne voulait rien dire, tous les matins, à 9H12, je la fixe avec le sourire, et pendant que la grue girouette, mon café fume une cigarette.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, le 13 mars 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4552046344057177793?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4552046344057177793/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4552046344057177793' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4552046344057177793'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4552046344057177793'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/une-main-la-fentre.html' title='Une main à la fenêtre'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2947127693286336756</id><published>2008-12-06T00:39:00.000-08:00</published><updated>2008-12-06T00:41:12.630-08:00</updated><title type='text'>Comment je suis devenu ringard (conseil aux amateurs)</title><content type='html'>Me voilà résolu, après moult hésitation, à vous raconter comment j'ai réussi à devenir ringard. J'ai pris cette décision suite aux multiples requêtes qui m'ont été adressées par courriers, e-mail et SMS, ainsi que plus directement, lors d'entretiens privés accordés à mes proches ou à des inconnus (on m'aborde régulièrement dans la rue à ce propos).&lt;br /&gt;Avant toute chose, sachez que je ne parlerai ici que de ma propre expérience, et qu'en aucune façon, je ne me targuerai d'avoir la science infuse sur ce sujet. Dans cette quête comme dans beaucoup d'autres, il n'existe pas de recette idéale, et chacun doit, pour atteindre son but, suivre son propre chemin, aussi difficile et rocailleux soit-il. Pour ceux d'entre vous (et je sais qu'ils sont nombreux), qui rêvent un jour de suivre cette voie, ce témoignage, bien qu'empirique et assumé comme tel, servira peut-être à donner quelques clés de compréhension, soulever des questionnements utiles, éviter les écueils habituels, et pourquoi pas, je l'espère, à renforcer des vocations fragiles. J'ose espérer également que l'expérience partagée ici permettra aux générations futures, qui souhaiteraient emprunter cette route, de se rassurer quant à la possibilité de réussir un tel pari. A ceux là, je dis, en toute franchise et modestie : n'ayez pas peur et battez vous pour votre rêve, si j'ai réussi alors vous pouvez réussir aussi.&lt;br /&gt;Devenir ringard - c'est une évidence qui mérite d'être répétée- est un combat de tous les instants. On ne devient pas ringard par hasard, comme ça, en chaussettes devant sa télévision. Ne croyez pas que la ringardise tombera du ciel dans votre bouche. Il vous faudra lutter, tomber, recommencer sans cesse, et verser un nombre incalculable de larmes pour, peut-être un jour, accéder au pinacle.&lt;br /&gt;La première chose dont il faut se méfier, de mon point de vue, évidemment, c'est le désir d'imitation. On ne devient pas ringard pour ressembler à une idole quelconque, on ne peut pas non plus calquer la substance de sa ringardise personnelle sur celle d'un ringard aguerri. Il faut, pour chacun, trouver le ringard qui sommeille en soi, le ringard originel, celui qui attend d'être découvert et qui ne ressemble à aucun autre. Sans cela, et malgré vos efforts, vous risquez fort de restez à la mode toute votre vie.&lt;br /&gt;Un autre conseil qui me semble fondamental : soyez patients. Il est très difficile de devenir ringard trop jeune, et même si certains y arrivent, ils font figure d'exception et ne doivent en aucun cas être pris pour modèle exclusif (tous les poètes ne sont pas Rimbaud, si vous me permettez le parallèle). De plus, n'oublions pas qu'il est par nature beaucoup plus complexe pour un jeune d'être ringard, étant donné que le jeune est, du fait même de sa jeunesse, naturellement branché.&lt;br /&gt;Dans mon cas, par exemple, cela a pris des années. Je suis, comme on dit, un ringard à maturation lente. J'ai commencé, comme beaucoup, dès l'adolescence, mais malgré un travail acharné de tous les instants, je n'ai réussi à atteindre mon objectif qu'à l'apparition de mes premiers cheveux blancs. Il m'aura donc fallu attendre 35 ans pour pouvoir me présenter au monde, sûr de moi et de ma ringardise.&lt;br /&gt;Les difficultés furent nombreuses. J'avais pourtant choisi une triple voie royale (histoire de mettre le plus de chance possible de mon côté) : la poésie, le théâtre et la chanson française, qui étaient à l'époque, (avec le Rockabilly, le smurf et les échecs), des pratiques à fort potentiel ringardatoire. J'ai donc intégré une école de théâtre de deuxième catégorie, avant de me lancer dans la création collective d'un groupe de musique à textes humoristiques, qui mit immédiatement (mais sans succès) toutes les chances de son côté pour rester dans la zone de ringarditude dite « alternative». Les quatre premières années, cela marcha à merveille, puisque personne ne misa un kopeck sur notre potentiel à intégrer la machine culturelle et commerciale, qui, on le sait, transforme immédiatement les ringards en herbe en artistes prometteurs, voire (pire) avant-gardistes. Hélas, par un sale coup du sort et malgré tous nos efforts, force fut de constater que nous avions tapé dans l'oeil de quelques jeunes en mal d'idoles, immédiatement suivis par une horde de producteurs bien intentionnés, programmateurs avisés et consorts, si bien qu'en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, nous étions devenus sans l'avoir désiré, un de ces groupes branchés sur le devant de la scène, avec une réputation sans tâche et un public collés à nos baskets bio. &lt;br /&gt;Evidemment, certains (pas moi) renoncèrent à l'idéal de notre folle jeunesse, rester ringards envers et contre tout, et cédèrent au chants des trompettes de la renommée, sans aucune autre forme de remords. Cet état de fait devint vite, bien sûr, source de conflits et de déchirements. La boucle était bouclée. Le lait tiré.  Le mariage consommé.&lt;br /&gt;J'ai donc pris mes clics, mes clacs et mes espoirs, et suis reparti, tout seul, sur ce douloureux chemin de fortune. Je chanterai en solo à présent, de la chanson à textes authentique à la sauce poétique, sans actualité, sans réalisme, et bien sûr sans aucun talent. Je mettrai le paquet, pour arriver coûte que coûte à imposer un style usé et dépassé, vieux jeu à souhait, afin de me tailler une mauvaise réputation à la hauteur de mes ambitions.&lt;br /&gt;Il s'est avéré que j'avais fait le bon choix. A peine mes premières chansons écrites, et les premiers concerts donnés, le public disparu, les programmateurs itou, les producteurs regardèrent leur chaussures, le téléphone arrêta de sonner, et plus personne (à part quelques irréductibles dont je n'arrive toujours pas à me débarrasser) ne prit la peine de s'intéresser à mon existence. Tout était effacé. Je n'avais plus qu'à cultiver mon aigreur (un bon ringard se doit d'être aigri) et le tour était joué. J'étais enfin devenu vieux, pauvre, ringard et sans intérêt pour mes contemporains. Et c'est ainsi que je me présente aujourd'hui à vos yeux ébahis et admiratifs, et certainement (sauf mauvaise surprise, la mode évolue tellement vite) pour le restant de mes jours. Je suis enfin un ringard de catégorie supérieure, un pur looser première classe. J'ai peut-être l'air de me la péter, mais sachez que ça ne s'est pas fait tout seul et que malgré mon bonheur, je n'en tire qu'une gloire relative, la chance ayant beaucoup joué en ma faveur.&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, je suis content d'avoir pu partager cette merveilleuse aventure humaine avec vous, et reste, bien sûr, à votre entière disposition pour tout conseil supplémentaire à ce sujet.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux 11 mars 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2947127693286336756?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2947127693286336756/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2947127693286336756' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2947127693286336756'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2947127693286336756'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/comment-je-suis-devenu-ringard-conseil.html' title='Comment je suis devenu ringard (conseil aux amateurs)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6861857389335907285</id><published>2008-12-06T00:37:00.001-08:00</published><updated>2008-12-06T00:39:16.568-08:00</updated><title type='text'>Histoire vraie   (paru dans Charlie Hebdo du 23 mars 2005)</title><content type='html'>Je suis né de gauche. Enfant je dessinais des bites sur le visage de Giscard. Dans mon cerveau brouillon, être de gauche, c'était simple comme La guerre des étoiles: les gentils communistes se battent contre les méchants capitalistes. J'étais du bon côté de la Force.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis aussi né juif. Enfin, c'est ce que disait mon père, qui comme tout bon coco, était athée militant. C'était un peu moins simple à comprendre: autant je me sentais bien dans le costume du gentil de gauche, autant juif, c'était pas trop à la mode. J'étais pas super partant pour faire partie des squelettes qui montent dans le train.&lt;br /&gt;Malgré tout chaque fois qu'un gamin blaguait sur les fours crématoires, j'avais du mal à ne pas rire _de mon étoile_ jaune. Ado, à la récré, je n'avais aucun problème à brandir l'étendard communiste, le poing tendu des damnés de la terre, justicier de l'espace, ça j'en étais fier, délégué de classe, je menais les grèves. Par contre mon bagage juif, je l'oubliais régulièrement sous le matelas du lit de ma chambre à gaz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un coup j'ai eu vingt ans. Moins communiste mais toujours militant, enragé, engagé, de toutes les manifs, contre toutes les injustices: antilibéral, anticlérical, anti-Front national, anti- puis altermondial, j'avais pris le pack complet pour les débats en -al de fin de soirée et je trouvais ma lutte très classe&lt;br /&gt;Quelque part je devais encore être un peu juif, au bout du couloir, le dimanche entre midi et deux, mais je n'y pensais jamais.&lt;br /&gt;Le lendemain j'ai eu vingt-cinq ans. Dans un cortège à la mémoire de Brahim, un super pote m'a regardé dans les yeux en beuglant: "A bas Israël!" J'ai opiné du chef, en plissant quand même un peu les sourcils comme devant un truc nouveau dans une vitrine. Jour après jour, de plus en plus de potes m'ont tendu des tracts avec des slogans tout neufs: "On est tous des Palestiniens!", "Le sionisme est un fléau!", etc. Moi, comme j'avais pris tout le pack de gauche chez le marchand d'idées reçues, j'ai adhéré au discours et récité la leçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'au moment où une ombre m'a dit: "Aujourd'hui y'a plus que les juifs pour défendre Israël!"&lt;br /&gt;J'ai cligné de l'œil. Un doigt en est sorti. Puis une larme. J’ai senti le vent qui tournait, sale et puissant, dans le dos d’une pensée unique.&lt;br /&gt;J’ai pris un Spasfon, mon courage à deux main, et j’ai questionné mes camarades.&lt;br /&gt;Le premier m’a dit: “T’es parano, on a rien contre les juifs puisqu’on en à dans nos manifs!”&lt;br /&gt;Un autre: “Israël on veut pas le détruire, de toute façon on pourrait pas, vu que les Etats-Unis sont derrière!”&lt;br /&gt;Une autre: “Les juifs dès qu’on les critique, ils nous balancent la Shoah, alors que c’est eux qui se comportent comme des nazis!”&lt;br /&gt;La même: "On va pas rester scotché toute notre vie sur un point de détail!” (lapsus véridique).&lt;br /&gt;J’aurais besoin de tout un Charlie pour me faire l’écho de cette unanimité de gauche.&lt;br /&gt;J’ai changé d’avis: je n’étais plus pro-Palestinien. Je n'etais toujours pas pro-Israelien. J’étais toujours de gauche mais complètement “La Paix maintenant!”. C’était la meilleure façon de cumuler mes idéaux zapatistes et ma compréhension du sionisme.&lt;br /&gt;Comme toutes les histoires, la mienne a une fin. Un soir que j’essayais d’exprimer mon nouveau point de vue à un ami altermondialiste, il me mit la main sur l’épaule et murmura d’un ton plein de compassion: “Tu sais Franckie, dans ce débat tu as tort de mettre en avant ton identité.”&lt;br /&gt;J’ai ravalé ma salive. &lt;br /&gt;Mon cas était réglé.&lt;br /&gt;Je n’étais plus de gauche.&lt;br /&gt;Juste un juif.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6861857389335907285?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6861857389335907285/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6861857389335907285' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6861857389335907285'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6861857389335907285'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/histoire-vraie-paru-dans-charlie-hebdo.html' title='Histoire vraie   (paru dans Charlie Hebdo du 23 mars 2005)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6237801398274250189</id><published>2008-12-06T00:36:00.001-08:00</published><updated>2008-12-06T00:36:54.940-08:00</updated><title type='text'>De retour à la raison</title><content type='html'>C'était les vacances. Les vacances sont finies. Je rentre chez moi. Mais chez moi n'est plus chez moi. Ce n'est pas non plus chez quelqu'un d'autre. Ce n'est pas chez ma voisine du dessous qui possède une console en merisier sur laquelle trône un napperon de dentelle crochetée de petits doigts. Non, c'est autre chose chez moi. C'est devenu ailleurs. Dans l'entrée, il n'y a plus de moquette. Un banc de sardines roses. Elles ne sentent pas le poisson, plutôt le punch coco,  et elles se font griller le maillot, avec Glamour dans les palmes d'or. Devant moi, le couloir. La porte en contreplaqué est couverte de lichen tressé. Elle s'égoutte comme une serviette de plage. J'avance entre les murs, et je m'aperçois qu'entre les lais du papier peint, mes amis Jean et Florence font des hamburgers à la chaîne. J'ai une araignée au plafond. Deux frelons qui font l'amour derrière la vitre de la petite chambre bouleversée. Le lit a disparu lui aussi. Il y a un berceau à la place, rempli de coquilles d'œufs. J’entends quelqu'un qui pleure au loin, derrière les cloisons, à l'autre bout de la ville, sous un sapin de Noël. Je me souhaite la bienvenue. Le rayon de soleil est d'accord. Pourquoi ne pas éclairer ces murs où dansent des cœurs tout verts ? Je fais les coins du popotin, dans le couloir qui n'en est pas un, et j'envoie une bise au passage à mes ami Jean et Florence qui font sauter des frites au four. La salle à manger est blindée de love, de glace à la vanille et ma femme danse du ventre avec un ballon de basket en sucre. Le groupe Justice est aux platines, et le sol est jonché de mer. Dans une boîte fermée à clé, je tombe sur Aragon, en noir et blanc et en 1975, il m'adresse un baiser des doigts, au loin me suive, la tendresse d'Ulysse, après une douce traversée des eaux, tu retournes à la normale, avec du sable plein tes yeux&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 8 septembre 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6237801398274250189?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6237801398274250189/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6237801398274250189' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6237801398274250189'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6237801398274250189'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/de-retour-la-raison.html' title='De retour à la raison'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2638315318161295966</id><published>2008-12-06T00:35:00.001-08:00</published><updated>2008-12-06T00:35:33.444-08:00</updated><title type='text'>Je me rends...</title><content type='html'>Je suis coupable d'être né dans une famille de fonctionnaires, ma mère était institutrice, elle passait sa vie en vacances, et mon père, j'ai honte de le dire, était détaché à la culture dans une mairie communiste. Croyez moi, monsieur, je n'essaie pas de m'abriter derrière cette malheureuse enfance. Bon, c'est vrai qu'on m'obligeait à aller voir des spectacles, qu'on m'attachait à la bibliothèque, qu'on me bourrait le crâne de poésie, mais ça n'excuse en rien mon comportement. C'est également vrai que mes parents fréquentaient des gens bizarres et  de toutes les couleurs, des éducateurs, des animateurs, des chanteurs pour enfants et même des chômeurs et des ouvriers, bref, toute une clique de parasites décomplexés qui osaient penser librement et manifester dans la rue. Ensemble, monsieur, ils aimaient bien refaire le monde, mais vous les avez pris de vitesse. Ils ont été pendus hier, sur le portail de l'Elysée. C'était pour le bien de la France  &lt;br /&gt;Je me rends&lt;br /&gt;Monsieur le président.&lt;br /&gt;Malgré ce parcours douloureux, je n'ai aucune circonstance atténuante, ni ne réclame aucune clémence. Car si j'avais été plus fort, j'aurais sûrement pu m'en sortir, résister contre l'intellectualisme larvé, la psychanalyse rampante, les sociologues périmés, les infirmières surpayées, les juges en liberté, la presse des sans papiers, toutes ces pépinières de fainéants, tous ces utopistes du désordre, j'aurai dû les dénoyauter, les combattre dent pour dent, œil pour œil, le mal par le mal ! J'aurais dû rejoindre la résistance armée, m'engager dans la police, ou entrer dans une école privée qui m'aurait remis à ma place, sur les rails de la réussite. Mais j'ai choisi de collaborer, en pleine connaissance de cause. J'ai choisi de servir le diable. J'ai choisi le pire des métiers, et le mot m'écorche les lèvres, monsieur, lorsque j'essaie de le prononcer devant vous, pardonnez moi, je suis artiste.&lt;br /&gt;Je me rends&lt;br /&gt;Monsieur le président&lt;br /&gt;J'avoue, je suis de la race des inutiles, de ceux qui se lèvent à midi et qui écrivent des poèmes au lieu d'aller gagner leur vie, je suis de la race des profiteurs, qui fait son trou dans l'Assedic. Si seulement j'étais rentable, si je divertissais la France ou si j'étais une superstar, je pourrais plaider l'indulgence, je pourrai vous faire allégeance, mais je n'ai pas saisi cette chance. Non, j'ai choisi d'être intermittent, parce que c'était plus facile, et que je n'avais rien à faire sinon attendre mes allocs en faisant semblant de bosser, chanter dans des salles vides, jouer dans des spectacles subventionné par l'ancien ministère de la Culture que vous avez bien fait de faire raser. Je suis coupable d'avoir voulu cette vie, de l'avoir aimé, et même, j'ose l'avouer, défendue contre la raison du plus fort, qui, vous nous l'avez encore prouvé, finit toujours par l'emporter. Ce matin à l'université, ma femme a été fusillée avec une dizaine de chercheurs. Alors, je suis sorti de la cave où je me cache depuis le 6 mai, et suis venu ici, à pied, en passant par le nouveau cimetière, pour vous rendre mes armes, et hommage en même temps &lt;br /&gt;Je me rends&lt;br /&gt;Monsieur le président           &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 9 mai 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2638315318161295966?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2638315318161295966/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2638315318161295966' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2638315318161295966'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2638315318161295966'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/je-me-rends.html' title='Je me rends...'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3743332763974642083</id><published>2008-12-06T00:34:00.001-08:00</published><updated>2008-12-06T00:34:57.761-08:00</updated><title type='text'>Etre ou ne pas être soi-même</title><content type='html'>Ecoutez la leçon de beauté du grand philosophe Yves Rocher, comme il a bien compris le problème : l'important c'est d'être soi-même. Toutes les stars vous le diront, c'est la meilleure des solutions, le meilleur style, la meilleure crème c'est le commandement suprême : l'important c'est d'être soi-même.&lt;br /&gt;Car ce qui fait qu'il y a des guerres, des boutons d'acnés, des enfants affamés et l'été en hiver, c'est que le monde est divisé.&lt;br /&gt;D'un côté ceux qui sont eux-mêmes&lt;br /&gt;Et de l'autre ceux qui ne le sont pas.&lt;br /&gt;Moi je trouve que c'est un peu vrai, d'ailleurs j'aimerais bien essayer, une fois pour voir, d'être moi-même. Faudrait juste me prêter la recette. Parce que je suis un peu mêlé entre le pinceau et l'échelle. &lt;br /&gt;En vérité, j'ai déjà pas mal l'impression d'être moi-même et en même temps, je ne peux pas dire exactement si c'est vrai, ou même si c'est bien.&lt;br /&gt;Je ne sais pas vous, mais moi, parfois, je sens que la vraie difficulté, le vrai challenge, c'est plutôt d'arrêter d'être moi-même. Parce que si on est tout  le temps soi-même, ça ne veut pas dire qu'on soit des anges.&lt;br /&gt;Je me prends moi-même pour exemple, parce que je m'ai sous la main. Je ne suis pas toujours fréquentable, je ne suis pas tout le temps sincère, ou altruiste ou gentil, j'ai des déviances et des névroses, des pulsions et des désirs, qu'on m'a appris à contrôler. &lt;br /&gt;Des fois je me fais chier et je ne dis rien.&lt;br /&gt;Des fois je veux pleurer mais je me retiens.&lt;br /&gt;... et puis je garde des secrets.&lt;br /&gt;Difficile dans ces conditions de me laisser être moi-même 24/24 et 7/7. &lt;br /&gt;Faut que j'arrondisse les angles morts.&lt;br /&gt;Ou que je change de corps.&lt;br /&gt;Voilà, si un adepte de ce précepte accepte d'éclairer ma lanterne, je lui en saurai plus que gré. Est-ce qu'il existe des stages par exemple, ou des ateliers hebdomadaires, pour savoir ce que ça veut dire, être soi-même, et pouvoir l'appliquer ?&lt;br /&gt;Ne m'en jetez pas trop la pierre, mais en attendant d'être ramené sur la voie pure de mon moi-même, et pour des raisons pratiques évidentes, je vais continuer comme avant : essayer de faire avec ce que je suis.&lt;br /&gt;Sur ce je vous souhaite bonne nuit.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 4 mai 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3743332763974642083?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3743332763974642083/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3743332763974642083' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3743332763974642083'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3743332763974642083'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/etre-ou-ne-pas-tre-soi-mme.html' title='Etre ou ne pas être soi-même'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2713983145459840721</id><published>2008-12-06T00:33:00.000-08:00</published><updated>2008-12-06T00:34:10.532-08:00</updated><title type='text'>Artiste à vendre !</title><content type='html'>Je regarde le téléphone.&lt;br /&gt;Est-ce que ça mord un téléphone ?&lt;br /&gt;Bon.&lt;br /&gt;Une minute passe. Il ne bronche pas. Moi non plus. On s'observe en chien de faïence.&lt;br /&gt;J'ai l'impression de le tic-tac du réveil fait du hard-rock.&lt;br /&gt;J'approche ma main du téléphone.&lt;br /&gt;Est-ce que ça grogne un téléphone ?&lt;br /&gt;On se jauge en silence, comme dans un duel de Lucky Luke. &lt;br /&gt;Lequel de nous deux va dégainer le premier ?&lt;br /&gt;Lequel de nous deux va décrocher l'autre ?&lt;br /&gt;Au bout d'une heure je tente le coup. J'ai le bide noué dans la gorge. J'ai peur de me cramer la main. Mais non. Le téléphone se laisse prendre, sans sortir la moindre canine.&lt;br /&gt;Je regarde les chiffres et les lettres, écrits en noir sur les petites touches.&lt;br /&gt;Ils sont sûrement radioactifs. Si je pose mon index dessus, ma peau va y rester collée, et je finirai avec la tête comme une citrouille d'Halloween, vidée de sa pulpe et surgonflée.&lt;br /&gt;Je tremble au bout des doigts, et je sue des empreintes, un truc de dingue.&lt;br /&gt;J'hésite, je pose, je décroche, je me repose, je raccroche, puis je me décompose et compose un numéro à 10 chiffres.&lt;br /&gt;J'écoute la sonnerie dans le plastique.&lt;br /&gt;Est-ce qu'elle me péter le tympan ? Se mettre à hurler à la mort ?&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;Elle lancine.&lt;br /&gt;Je trépigne le cul sur ma chaise.&lt;br /&gt;Et puis une voix qui marmonne : - allô ?&lt;br /&gt;Et c'est parti pour la promo :&lt;br /&gt;"- Bonjour je suis artiste à vendre..."&lt;br /&gt;Bla bla bla. Envoyez-ci, faites ça, et gna gna gna, notre programmation machin truc, notre politique de bidule, excusez-moi mais vous êtes qui, désolé la saison est close, faite-nous parvenir quelque chose et on essaiera peut-être, si on a le temps dans mille ans, de vous recontacter, sauf bien sûr si vous êtes morts entre-temps....&lt;br /&gt;Biip biip biip.&lt;br /&gt;Et je me retrouve au point de départ.&lt;br /&gt;Je mets des dossiers dans des enveloppes krafts.&lt;br /&gt;Est-ce que ça pleure une enveloppe kraft ?&lt;br /&gt;Je fourre des disques, je colle des timbres, et puis je relance au téléphone.&lt;br /&gt;Est-ce que ça vole un téléphone ?&lt;br /&gt;Et si on essayait pour voir ?&lt;br /&gt;J'habite au huitième étage...&lt;br /&gt;Contrôle toi, contrôle toi.&lt;br /&gt;Respire par les oreilles.&lt;br /&gt;Bon.&lt;br /&gt;Il est 15H11.&lt;br /&gt;J'ai passé deux coups de fil et j'ai envie de me pendre.&lt;br /&gt;Je suis un artiste à vendre.&lt;br /&gt;Achetez-moi ! Je suis gentil ! Je suis un bon toutou docile, je suis pliable en mille, corvéable à merci, et puis j'ai un peu de talent... enfin c'est ce que disent mes parents...&lt;br /&gt;"vous savez on est très sollicités, on reçoit deux cent disques par jour, et on ne peut pas tout écouter..."&lt;br /&gt;"j'aime bien vos textes mais pas la voix"&lt;br /&gt;"j'aime bien votre voix mais pas les mélodies."&lt;br /&gt;"j'aime bien les mélodies mais pas les textes"&lt;br /&gt;"dans dix secondes il sera exactement, 15H31 minutes..."&lt;br /&gt;Il faut jouer pour être vu et être vu pour jouer. Tu parles d'une logique infernale... Autant se bouffer la queue tout seul.&lt;br /&gt;Sans parler des vieilles connaissances, des gens qui te serraient la main, et qui semblent devenus sourds-muets, comme par un coup de baguette magique.&lt;br /&gt;Ça va marcher.&lt;br /&gt;Je te raconte pas la tournée qui se profile, je vais en voir du pays, dans mon canapé devant TF1, l'année prochaine. Je vais pouvoir en écrire des conneries sur mon blog, en attendant que mes dents poussent...&lt;br /&gt;Artiste à vendre.&lt;br /&gt;Je me suis fait un panneau avec du carton.&lt;br /&gt;Je me le suis mis autour du cou, on ne sait jamais... je suis descendu dans la rue, mais à peine monté dans l'ascenseur, une mamie qui est une voisine m'a dit :&lt;br /&gt;"pour un sauté de mouton, vous me faites Mike Brant dans le salon..."&lt;br /&gt;Pourquoi pas ?&lt;br /&gt;Mais c'est qui Mike Brant ?&lt;br /&gt;Je croyais que c'était le nom d'un chien. &lt;br /&gt;Ou d'une pipe. &lt;br /&gt;Ça je fais pas.... pas encore...&lt;br /&gt;Bref, j'arrête de délirer sur ma chaise... combien de temps ai-je rêvassé ?&lt;br /&gt;Je regarde le téléphone.&lt;br /&gt;Est-ce que ça meurt un téléphone ?&lt;br /&gt;Bon.&lt;br /&gt;Va falloir que je trouve les couilles d'assumer :&lt;br /&gt;Je suis un artiste à vendre...&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 6 avril 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2713983145459840721?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2713983145459840721/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2713983145459840721' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2713983145459840721'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2713983145459840721'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/artiste-vendre.html' title='Artiste à vendre !'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4874241671758292927</id><published>2008-12-06T00:30:00.000-08:00</published><updated>2008-12-06T00:33:12.691-08:00</updated><title type='text'>Des gens qui donnent envie...</title><content type='html'>C'est comme le bleu après la pluie, les gens qui donnent envie. Ils donnent envie de vivre encore, d'y croire un peu et de sourire. Cela m'est arrivé hier, dans un bar puis dans le métro ; c'est cette double petite histoire que je voudrais vous raconter ce matin, au bout d'une nuit à poings fermés.&lt;br /&gt;J'avais le cœur mou dans les bottes, depuis déjà quelques soleils, et pour une foule de raisons. Je manquais de baume et d'espoir, avec le regard peint en noir, au charbon de bois, à la suie. Ce n'était pas la grosse déprime, mais une petite baisse de régime, des doutes qui ne tournaient pas ronds, avec des questions insolubles qui me prenaient la tête farcie, entre le marteau et l'enclume. Objectivement, je n'avais pas de raisons de me plaindre, ou en tout cas pas d'assez bonnes. C'est vrai que tout n'était pas rose, à cause de l'avenir surtout, et de l'absence de certitudes, mais je ne coulais pas dans la mine, je me tenais encore debout, avec de l'air dans les poumons et du sang chaud dans les artères. J'essayais de me rassurer, de m'accrocher aux branches du chêne, mon amour, mes amis, mes mots, mes bouquins et puis les violettes du jardin, mais ça ne marchait pas très bien. Mon optimisme boitait de l'aile. Je me sentais trop misanthrope, à cause des gens que j'avais cru, des ces amis que j'ai perdu, de cette conne dans le métro qui prenait le monde pour une poubelle, et ses habitants pour ses chiens, bref, je ne parle même pas de la campagne présidentielle, ni des chanteurs qui se mordent le nœud depuis que la poésie est morte.&lt;br /&gt;J'étais donc au sixième sous-sol, avec un désir d'île déserte, ou une envie de changer de peau, de me transformer en bouleau, en abruti ou en salaud. J'en avais plein le cul du monde.&lt;br /&gt;Et puis j'ai été boire un verre, sur une terrasse du 10ème ; le soleil filtrait dans les vitres, cirait les tables et les lunettes. L'air sentait presque le printemps, au dessus des pots d'échappement. J'ai retrouvé un vieil ami, et rencontré des inconnus. Ils n'étaient pas des gens à part, pas des génies, pas des cadors, mais des artistes en herbe tendre qui passaient juste à mon instant. On s'est payé un coup de vin rouge, et on a refait le monde en mille, comme quand j'avais juste vingt ans ; on n'était pas d'accord sur tout, mais surtout d'accord sur une chose : il fait bon traverser le temps, tant qu'on est encore dans ses cordes. C'était le genre qui regarde les yeux, ni par en dessous ni par au dessus, juste tout droit et sans complexe, et qui ne cherche pas à séduire, mais juste à se fendre la poire en deux. On a cassé du sucre ensemble, sur le dos des ânes bâtardés, les artistes vendus au marché, les fausses langues de putes engagées, et dire du mal m'a fait du bien, surtout qu'on ne se gênait pas pour se mettre tous dans le même panier, à caresser l'essence des poils, à vouloir être original, tous coincés dans la même galère : sois toi-même en vendant ton âme... C'était bon de prendre de la distance, de se remettre les pendules à l'heure, de se dire qu’on n’est pas meilleur, ni pire, mais juste comme les autres ; on rêve tous d'atteindre la lune, sauf que la lune est en carton...&lt;br /&gt;On a trinqué à rien du tout, juste pour entendre tinter les verres, juste pour se donner une excuse, et laisser filer les minutes. Le vin m'est monté à la tête, pour y détendre un peu les nœuds, et j'ai adoré d'être là.&lt;br /&gt;Sur le chemin du retour, dans une rame presque déserte, j'ai regardé cette fille blanche, qui n'avait pas plus de seize ans. Ses cheveux étaient bien trop blonds, ils tiraient sur le transparent, et sa peau paraissait livide, comme sous l'effet d'une eau de javel. Elle avait les yeux près des joues, qui s'affaissaient sous ses paupières, et un sourire à faire pleurer les morts. Cette fille inconnue était triste, mais pas comme moi, pas par moments, elle était triste de naissance, tout son visage en portait les stigmates, et puis son corps se renfrognait, les épaule creuses, le dos courbé, le cou pendant, les jambes nouées. J'ai compris que pour certaines personnes, la vie ne vaut pas d'être vécu, ils auraient préféré rester une supposition dans la tête de leurs parents. Si on leur avait donné le choix, ils n'auraient pas désiré naître, mais s'effacer entre deux riens. Pourquoi une gamine de cet âge est déjà si désespérée ? Pourquoi rien au monde ne l'accroche, ni ne l'excite le goût de l'eau ? Je n'arrive pas à l'accepter. J'avais envie de m'approcher, de lui retirer le casque des oreilles, et de lui dire, réveille toi, tu n'es pas en vie pour longtemps, et aussi dures que soit les heures, elles ne durent jamais assez. Il y a des choses à dire, à faire, des parfums qui respirent les fleurs, des jours tristes et des jours meilleurs, des étoiles perchées sur la voûte, que l'on peut suivre dans la nuit. A seize ans détester la vie, ce n'est pas se rendre un service, c'est oublier que l'air est chaud, que les livres ont été écrits, que la musique est composée, que les sens sont une fin en soi.&lt;br /&gt;Cela peut paraître égoïste, mais elle m'a remonté le moral, à force d'avoir perdu l'envie. Le malheur des uns fait le bonheur des autres, ce fut mon cas dans le métro, même si je ne me réjouissais pas de voir cette jeunesse morbide, elle me  tirait droit vers le haut, loin des soupirs qui m'engluaient .&lt;br /&gt;C'est vrai que tout n'est pas facile, c'est vrai que rien n'est explicable, mais malgré tout la vie est belle, pour la simple raison qu'elle est. Je n'atteindrais peut-être jamais ni mes rêves ni le bout de mes espérances, je finirais peut-être seul dans un désert de sentiments, mais malgré toutes les douleurs, je jouirai d'être sur la terre, sans but et sans raison, avec du sang et des pensées....&lt;br /&gt;C'est comme le bleu après la pluie, les gens qui donnent envie. Qu'ils soient chaleureux ou frigides, ils sont la preuve qu'on est en vie. &lt;br /&gt;Et c'est déjà pas mal de choses, si vous voulez mon humble avis.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 6 avril 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4874241671758292927?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4874241671758292927/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4874241671758292927' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4874241671758292927'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4874241671758292927'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/des-gens-qui-donnent-envie.html' title='Des gens qui donnent envie...'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7953744077512484682</id><published>2008-12-05T11:46:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:46:48.888-08:00</updated><title type='text'>Lorsque la lune est verte</title><content type='html'>Lorsque la lune est verte, les cadavres remontent. Ils prennent l'ascenseur du centre de la terre et viennent marcher quelques heures sur les trottoirs et les champs. C'est une Toussaint à l'envers, un défilé de zombies, ou le clip de Thriller. Cela se passe dans nos rêves, mais pas seulement, puisque j'ai vu mon grand-père, un volant dans les mains, et le crâne défoncé. Il tenait un petit chien en laisse, dont il ne restait que les os. C'était la nuit dernière. Et la dernière nuit.&lt;br /&gt;Contrairement à ce que les gens croient, les morts ne s'envolent pas, et les nuages sont vides à crever. Juste de la vapeur d'eau. Il n'est rien de plus désert que le ciel, et quiconque à pris un avion pourra sans problème le confirmer. Depuis le hublot, on n'aperçoit aucun ange en tutu, ni fantôme enchaîné, ni Dieu, ni Marie, ni Jésus. L'azur est bleu. L'espace est noir. Personne n'y flotte en suspension, à part peut-être les astronautes et les Neptuniens en chaise volante.&lt;br /&gt;Si l'on pouvait percer l'entrée du monde, dans la cheminée des volcans, on découvrirait l'ascenseur. Une belle cage dorée à l'or fin, et bardée de milliers de boutons : &lt;br /&gt;Premier enfer : parking des mort-nés.&lt;br /&gt;Deuxième enfer : résidence des accidentés.&lt;br /&gt;Troisième enfer : hôtel des cancéreux.&lt;br /&gt;Quatrième enfer : plage des suicidés.&lt;br /&gt;Cinquième enfer : ferme des morts d'amour&lt;br /&gt;Sixième enfer : gare des victimes de l'holocauste &lt;br /&gt;et cætera à l'infini... &lt;br /&gt;Je ne vous raconte pas le bordel là-dedans, la foule qui grouille sous la croûte terrestre, tous les morts de l'humanité réunis au millième sous-sol, les hommes préhistoriques, les femmes en perruques, les barbus de la première guerre, tout ce petit monde se mélange, joue aux dames ou au mah-jong, participe à des ateliers. L'ambiance est plutôt bonne, bien qu'un poil morose et nauséabonde, la chair décomposée n'exhalant ni la rose ni le jasmin.&lt;br /&gt;Bref, voilà le monde sous nos chaussures et nos égouts, 342545654 milliards d'habitants qui n'ont même pas vue sur la mer, et qui se morfondent un peu le bulbe, serrés comme des sardines dans une boîte d'anchois.&lt;br /&gt;Alors de temps à autre, une ou deux fois par siècle, la lune prend une teinte olivâtre, et c'est le signal du goûter. Les portes de l'ascenseur se rouvrent, et les cadavres qui le désirent peuvent remonter à la surface, à la manière des bulles d'air dans l'eau bouillante.&lt;br /&gt;La plupart filent à Tahiti, ou au sommet de l'Everest, histoire de se mouiller les pieds ou de respirer le grand air, d'autres vont caresser les cheveux de leurs progénitures endormies, avec cet tendresse étouffée dans leurs orbites dénoyautés.&lt;br /&gt;Certains se contentent d'une ballade, sous les piliers de la tour Eiffel, dans le cimetière du Père Lachaise, ils se reposent sous les ormes, ou écoutent une petite musique dans leur MP3 en terre cuite. Parfois, ils restent sous les fenêtres, d'où s'échappent des morceaux de vie, des repas en famille, des couples qui baisent, des enfants qui accrochent des étoiles aux sapins, et ils pleurent des larmes sèches, en souvenir de leurs années.&lt;br /&gt;Et ceux qui sont encore debout, qui respirent encore l'oxygène, vivant en sursis  sur  le monde, qu'ils rêvent au chaud dans les plumes d'oie, ou qu'ils dansent à la queue leu leu dans des discothèques enfumées, ces gens dont nous faisons partie, pour quelque temps encore, sont incapables de voir les morts. Ils sentent passer des courant d'air, ou des humeurs ou des cauchemars, mais ils ignorent les visiteurs qui pullulent juste à leurs côtés.&lt;br /&gt;Les seuls capables de les voir ne sont pas les chercheurs d'esprits, les abrutis qui tirent les cartes, ou qui font tourner des verres en cristal, mais ceux qui comme moi la nuit dernière, flottent entre deux eaux du sommeil, ni endormis, ni réveillés, presque somnambules inconscients. Ils entrent dans la zone de flou, quelque part entre chien et loup, et ne savent plus s'ils sont vivants ou déjà passé sur l'autre rive.&lt;br /&gt;Alors, dans la brume qui les berce, lorsque la lune devient verte, leurs regards  accrochent des fantômes, et sans même s'en rendre compte, ils contemplent la mort dans les yeux.&lt;br /&gt;Ce fut le cas ma nuit dernière, peut-être aussi ma dernière nuit. J'ai vu mon grand-père près du lit, le crâne en compote de cervelle, d'où saillait une branche de platane. Il tenait un volant dans les mains, et aussi un petit chien en laisse, dont il ne restait que les os, comme un squelette aux rayons X, et qui jappait en japonais.&lt;br /&gt;Me redressant nu sur ma couette, j'ai voulu lui tendre les bras, le saluer pour la première fois, mais ils s'est un peu reculé, et sa joue pendante à rougi. De ses lèvres cassées en morceaux, il a murmuré dans le noir :&lt;br /&gt;- Je désirais voir ton visage, te dire que je t'ai pardonné...&lt;br /&gt;Puis la lune a viré au jaune, mon grand-père s'est dilué dans les fleurs du papier peint, et je me suis rendormi, un sourire tordu sur la bouche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 3 avril 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7953744077512484682?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7953744077512484682/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7953744077512484682' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7953744077512484682'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7953744077512484682'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/lorsque-la-lune-est-verte.html' title='Lorsque la lune est verte'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6463526885103020913</id><published>2008-12-05T11:45:00.000-08:00</published><updated>2008-12-05T11:46:07.468-08:00</updated><title type='text'>A qui je m'adresse ?</title><content type='html'>Deux nuits dans le crâne, comme des chansons qui collent aux dents. Des phrases qui se pondent toutes seules, qui m'enchaînent aux barreaux du lit, alors je tourne en boule de nerfs, et je respire aussi plus fort, à la recherche d'un panneau vert, cerclé d'ampoules. Je voudrais tout laisser tomber, relâcher le morceau et dormir, sans plus essayer de savoir pourquoi j'ai commencé cette route, ni comment je dois la poursuivre, ni où est la prochaine étape.&lt;br /&gt;Voilà une question qui m'échappe : à qui je m'adresse ?&lt;br /&gt;J'ai perdu le fil au fil du temps, à force d'essuyer des refus, des sourires qui n'en disent pas long, et des oreilles qui prennent le large, je me retrouve avec des mots qui ne savent plus ce qu'ils doivent dire, qui tombent à plat les pieds dans le coeur, impuissants à toucher le fond.&lt;br /&gt;Je sens comme le désir s'étiole, et pourtant je ne sais rien faire d'autre, je suis coincé dans ma structure, il est trop tard pour me renier, pour choisir un autre croisement, je me dois de continuer, même dans le vide ou le néant. S'il me faut combattre des moulins, avant d'y égarer mon souffle, alors je m'y casserai les poings, histoire de ne pas mourir tout de suite.&lt;br /&gt;A qui je m'adresse ?&lt;br /&gt;J'ai cru pouvoir me libérer, même, comme on dit, communiquer, donner ce que j'avais de meilleur, et ne pas avoir peur du pire, absorber, contempler, recracher en vocabulaire, en rimes en prose en pieds en vers, et contre tout rester ouvert ; j'ai pris sur moi, j'ai travaillé, comme une fourmi dans un calvaire, avec l'espoir de m'y retrouver. Mais j'ai dû perdre une flamme en route, à trop vouloir le feu sacré, je m'y suis consumé les ailes. Il ne suffit pas de me plaindre, mais seulement de me laisser faire, d'assumer le poids solitaire où je me suis décomposé.&lt;br /&gt;On ne crée jamais pour personne, et on ne crée jamais pour soi-même, voilà les deux chevaux de batailles où mes poignets sont encordés ; chacun me tire de son côté, jusqu'à me déchirer la tête, tant et si bien qu'en plein milieu, je suis tout le monde et plus personne.&lt;br /&gt;A qui je m'adresse ?&lt;br /&gt;Si j'écris comme on dit "pour moi", alors autant me faire ermite, me masturber seul dans une grotte, loin des oreilles et des cerveaux.  Quel sens auraient alors mes mots, enfermés à perpétuité ? Quel sens aurait alors ma vie, si elle devait  tourner en boucle, et se nourrir de sa substance, comme un cannibale dans le désert ?&lt;br /&gt;Si j'écris comme on dit "pour vous" alors autant me prostituer, vendre mon âme à tous vos diables, vous caresser dans le sens des poils. Je pourrais comme certains le font vous conforter dans vos combats, vous faire croire que vous êtes géniaux, et plonger dans la démago pour faire mon argent sur votre beurre. Quel sens auraient alors mes mots, aux enchères et au plus offrants ? Quel sens aurait alors ma vie, si elle devait se plier en quatre, et se conformer à vos goûts, comme le menu d'un restaurant ?&lt;br /&gt;Il me faut mordre la ligne blanche sans cesse, me chercher, me trahir, résister et céder.&lt;br /&gt;Me voilà remis à ma place.&lt;br /&gt;Impossible.&lt;br /&gt;Le cul entre deux fesses.&lt;br /&gt;Mais à qui je m'adresse ?&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 30 mars 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6463526885103020913?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6463526885103020913/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6463526885103020913' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6463526885103020913'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6463526885103020913'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/qui-je-madresse.html' title='A qui je m&apos;adresse ?'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-9134355670254949225</id><published>2008-12-05T11:44:00.002-08:00</published><updated>2008-12-05T11:45:29.141-08:00</updated><title type='text'>Des choses à (ne pas) dire</title><content type='html'>J'ai des choses à dire, que je dois taire. Ici s'arrête ma liberté.&lt;br /&gt;Je dois avouer que je suis lâche, car personne vraiment ne me force au secret, si ce n'est mon propre intérêt. Car ces choses, pour aussi vraies qu'elles soient, risqueraient fort de me péter à la gueule si je les dévoilais. Ce sont des choses que personne ne veut vraiment entendre, des choses que je sais, que j'ai vues, mais que je dois contraindre au silence. Sur ce sujet précis mon avis n'intéresse que moi, et pourtant, Dieu sait, s'Il existe, que j'ai envie de lâcher le morceau.&lt;br /&gt;Il y a longtemps, j'étais naïf. Je croyais que rien ni personne, jamais, ne pourrait me contraindre au silence. J'avais choisi le bon métier pour tout dire, et j'étais prêt à en payer le prix. Mais des années me sont passées dessus, et je me retrouve coincé entre le marteau et l'enclume, condamné à fermer ma grande gueule sous peine de me la faire écrabouiller. &lt;br /&gt;Alors voilà, je reste seul avec ces choses, qui au fond, d'ailleurs, ne sont pas si importantes. Je garde mon clapet fermé à double tour, dans le tiroir d'une armoire en béton enterrée mille pieds sous terre. Je me console avec l'espoir du temps, comme ces innocents dans les prisons espèrent la preuve qui les blanchira. Et puis, je ne me résigne pas, puisque je peux écrire ce que j'écris, c'est à dire, dire que je ne peux pas dire ces choses mais que j'en ai envie. Cela me suffit pour l'instant. Finalement, c'est peut être même plus intéressant. Car si je pouvais dire ces choses, telles qu'elles sont, sans me cacher, peut-être qu'en plus de me retomber sur le nez, elles n'auraient pas beaucoup d'intérêt. Leur intérêt réside sans doute plus dans le fait que je ne peux pas les dire que dans les choses elles-mêmes, et pour mieux expliquer cela, je devrais avouer le pourquoi du comment de mon silence contraint et forcé. Et je ne le peux pas.&lt;br /&gt;Certains penseront sûrement : pourquoi nous faire chier avec tes secrets ? si tu ne peux pas en parler, à quoi bon nous mettre l'eau à la bouche ? pardon, mais pour le coup, ce n'est pas à vous que je m'adresse. Et si je publie ces mots sur cette page, c'est que je suis assez mégalomane pour espérer qu'ils aient un sens pour quelqu'un. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas plus grave. Ils resteront lettre morte. &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 26 mars 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-9134355670254949225?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/9134355670254949225/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=9134355670254949225' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/9134355670254949225'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/9134355670254949225'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/des-choses-ne-pas-dire.html' title='Des choses à (ne pas) dire'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3231582465883543590</id><published>2008-12-05T11:44:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:44:47.460-08:00</updated><title type='text'>Sans sujet</title><content type='html'>Il faudra bien, comme ça, commencer sans rien dire, ne pas avoir d'idée, mais des doigts et du bruit ; le ronron de l'ordi se mélange à la lampe, c'est un sucre dans l'eau ; les premières finissent de fondre et les secondes sont belles,  il me faudra recommencer, encore une fois et sans rien faire, pour ne pas trop stresser l'envie, de peur que mon espoir la vexe, et qu'il la casse au bout du monde, je sais les choses finissent par fuir, surtout en douce et sous la table, les objets disparaissent et les ruisseaux s'épuisent, le chien de ma voisine est passé sous un bus, j'ai cassé un verre, j'ai vidé ma baignoire, rongé une fraise et écrasé ma clope.&lt;br /&gt;Ma présence est réelle et mon sens est absent.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 15 février 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3231582465883543590?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3231582465883543590/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3231582465883543590' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3231582465883543590'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3231582465883543590'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/sans-sujet.html' title='Sans sujet'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2667024089288365057</id><published>2008-12-05T11:43:00.000-08:00</published><updated>2008-12-05T11:44:19.484-08:00</updated><title type='text'>Ma première pomme</title><content type='html'>J'ai oublié ma première pomme. Était-elle verte ou jaune ou rouge ? Sucrée, acide, ou farineuse ? J'ai oublié qui me l'a donnée. Était-ce un serpent ou ma mère, ou la madame de la cantine ? J'ai oublié la première fois. Ce que mes lèvres ont prononcées, ce que mes dents y ont croquées, ce que ma langue y a senti.&lt;br /&gt;J'ai oublié ma première pomme.&lt;br /&gt;J'ai oublié mon premier mot. Ai-je crié ou murmuré ? Était-ce un oui, un non ou merde ? Et qui étais-je ? J'ai oublié.&lt;br /&gt;J'ai aussi oublié le reste, tout ce me tournait autour, le ciel tendu sur mon berceau, et les comptines qu'on me chantait, et le petit chaperon rouge.&lt;br /&gt;J'ai effacé tous ces instants, ou plutôt je les ai enfuis, quelque part dans mon inconscient, j'ai oublié mes premiers fruits.&lt;br /&gt;Et pourtant tout est encore là, intact et prêt à ressurgir ; tout est rangé comme dans un coffre que je ne pourrai plus ouvrir : mes tous premiers pas sur le sol, sur les dalles ou sur la moquette, mes dents qui poussent et la danseuse qui tournait sous une cloche en verre, au métal d'une boîte à musique.&lt;br /&gt;J'ai oublié le premier vent, la première douche et les sourires, j'espère un jour m'en souvenir, à l'heure de mon dernier soupir. Ils reviendront, tous ces instants, pour obnubiler la douleur, enfouir les remords et la peur de ne plus me savoir vivant.&lt;br /&gt;Alors je me rappellerai, qu'avant de me sentir un homme, j'avais déjà goûté une pomme, et  ce souvenir sera doux. A l'instant de fermer les yeux, j'en reprendrai un petit bout, juste un morceau et puis adieu.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 20 janvier 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2667024089288365057?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2667024089288365057/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2667024089288365057' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2667024089288365057'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2667024089288365057'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ma-premire-pomme.html' title='Ma première pomme'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6553663704453844627</id><published>2008-12-05T11:42:00.000-08:00</published><updated>2008-12-05T11:43:32.034-08:00</updated><title type='text'>Choses d'une chaise</title><content type='html'>La chaise &lt;br /&gt;Pour que la chaise existe pour moi, il faut que je puisse concevoir et appréhender la chaise. J'ai donc besoin de certains sens. Je dois voir la chaise, ou tout du moins pouvoir la toucher. Au mieux, m'assoir dessus. Une chaise que je ne peux ni voir ni toucher ne saurait être une chaise pour moi. Une chaise que je ne peux ni toucher, ni voir, ne sera jamais plus que l'idée d'une chaise, peut-être l'éventualité d'une chaise, voire la conviction d'une chaise, mais jamais au grand jamais elle ne sera une chaise pour moi.&lt;br /&gt;Car la chaise n'existe pour moi que si mes sens peuvent confirmer sa présence et ses attributs. Car tout ce je vois ou touche n'est pas non plus une chaise. Je vois et touche des tas de choses : des stylos, des brosses à dents, des gens. Or, de mon point de vue, les stylos ne sont pas des chaises,  ni les brosses à dents ni encore moins bien sûr les gens.&lt;br /&gt;J'en conclus que pour que la chaise existe pour moi, la vue et le toucher sont des conditions nécessaires mais pas suffisantes. J'en reviens donc aux attributs particuliers.&lt;br /&gt;Pour que la chaise existe pour moi, il faut (en plus de la vue et du toucher) que je lui reconnaisse un certain nombre d'attributs particuliers qui n'appartiennent qu'à elle et qui me confirment son existence en tant que chaise.&lt;br /&gt;Le premier attribut, je l'ai déjà évoqué rapidement : je dois pouvoir m'assoir dessus. S'assoir dessus est l'attribut fondamental de la chaise. De ce fait, une chaise sur laquelle personne ne peut ou ne doit s'assoir ne peut être considérée comme une chaise. Elle devient alors autre chose : un stylo, une brosse à dent, des gens, ou bien une œuvre d'art.&lt;br /&gt;Ceci étant dit, l'attribut "s'assoir dessus" s'avère être également une condition nécessaire mais pas suffisante. En effet, à bien y réfléchir, on s'aperçoit que l'on peut s'assoir sur plein de choses, et que toutes ces choses n'en deviennent pas forcément des chaises. Par exemple, il est tout à fait possible, bien qu'un peu curieux, de s'assoir sur un stylo, une brosse à dent ou des gens. Il est tout à fait possible également de s'assoir sur un autre objet référencé dont l'attribut fondamental est "s'assoir dessus" : un canapé, un fauteuil, un banc public, un siège de bus etc.&lt;br /&gt;Il me faut donc encore élargir le cercle des attributs nécessaires à l'authentification de l'existence d'une chaise pour moi.&lt;br /&gt;Je m'en réfère au dictionnaire : siège sans bras, à dossier.&lt;br /&gt;En admettant que je conçoive parfaitement l'objet "siège", l'élément "dossier" et que je comprenne la signification de l'expression "sans bras", ma perception de la chaise s'en trouve grandement affinée, et je peux donc m'assurer de l'existence d'une chaise pour moi de façon plus rationnelle :&lt;br /&gt;Je dois pouvoir la voir&lt;br /&gt;La toucher.&lt;br /&gt;M'assoir dessus.&lt;br /&gt;La reconnaître comme étant une déclinaison amputée des bras et greffée d'un dossier de ce que je  sais être "un siège".&lt;br /&gt;Pour plus de facilité, je peux aussi procéder par élimination, si tant est que j'ai référencé assez d'éléments "non chaise" pour permettre la comparaison. Par exemple, si j'ai référencé précisément les objets "stylo", "brosse à dent" ou "gens", il m'est aisé de savoir qu'ils ne sont pas des chaises, et que par conséquent, l'objet en ma présence n'étant ni un stylo, ni une brosse à dents ni des gens, a plus de chance d'être une chaise.&lt;br /&gt;Evidemment, pour être sûr, ce système exige une connaissance exhaustive de tous les éléments "non- chaise" possibles, ainsi que de gros efforts de mémoire et beaucoup de temps à perdre.&lt;br /&gt;Ceci dit, le procédé d'élimination peut, en se combinant avec les attributs fondamentaux que l'on a déjà évoqués, s'avérer utile pour certifier que l'objet présent existe bien en tant que chaise pour moi.&lt;br /&gt;Je pense qu'arrivés là, certains d'entre vous se demande où je veux en venir.&lt;br /&gt;Je vous avoue que je l'ignore moi-même.&lt;br /&gt;Ce que je sais, c'est que l'existence de la chaise est plus compliquée qu'elle n'en a l'air, et que cela me pose problème.&lt;br /&gt;J'aimerais pouvoir être sûr que la chaise existe pour moi. J'aimerais pouvoir être certain d'exister pour la chaise.&lt;br /&gt;Car, si je n'existe pas pour la chaise, alors la chaise existe-t-elle pour moi ?&lt;br /&gt;Pour être plus clair, imaginons ce que nous savons être une chaise, mais autre part, à en endroit ou une époque où nous ne pouvons certifier de son existence. Sur Neptune par exemple. Au pays des Neptuniens.&lt;br /&gt;Imaginons que par un hasard improbable, une "chaise" soit tombée sur Neptune, et que les Neptuniens la découvrent. Imaginons que les Neptuniens ne sachent absolument rien de ce que nous appelons "une chaise" pour la simple et bonne raison qu'ils restent toujours debout.&lt;br /&gt;La "chaise" en présence, privée de son attribut fondamental, pourrait-elle alors être considérée comme "chaise" ?&lt;br /&gt;Je pense que non.&lt;br /&gt;J'en conclus donc que pour que la chaise existe pour moi, il me faut, en plus du toucher, de la vue, de la possibilité de m'assoir dessus, de la connaissance de l'objet "siège", de la compréhension du dossier et de la conscience de l'absence de bras, il me faut donc, dis-je, exister pour la chaise, ce qui n'est pas une mince affaire.&lt;br /&gt;Je décide donc de me lever pour me brosser les dents.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 12 décembre 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6553663704453844627?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6553663704453844627/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6553663704453844627' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6553663704453844627'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6553663704453844627'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/choses-dune-chaise.html' title='Choses d&apos;une chaise'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7238767937333728516</id><published>2008-12-05T11:41:00.002-08:00</published><updated>2008-12-05T11:42:09.130-08:00</updated><title type='text'>L'enveloppe</title><content type='html'>Je suis assis en face de toi. L'enveloppe est dans mon sac, coincée entre les pages d'un livre. Je sais que tu le sais. Je le sens. Et inversement. Je sais que tu l'attends. &lt;br /&gt;Entre nous s'impose une table, et deux verres à moitiés vides. On parle de tout, de rien et d'autre chose, la pluie, la mort, les vaches et les mouches. Mais on ne pense à rien d'autre : L'enveloppe. &lt;br /&gt;Tu te demandes si je vais te la tendre. Je me demande si tu vas me la demander. Et les minutes passent. &lt;br /&gt;Toi et moi savons parfaitement que si je te donne cette enveloppe, tout aura changé. Nous ne pourrons plus nous parler de la même façon, jamais, ni même nous regarder dans les yeux. Alors, tu fais durer le temps, tu contournes, tu dérives, tu respires l'air de rien y toucher. En vrai, je le sens, tu hésites. Car tu as un peu honte. Et moi, je ne compte pas t'aider. Je ne vais te faciliter la tâche en plus, il me reste encore un peu de fierté. Alors, j'attends, je te laisse parler de tout de rien et d'autre chose, le beau temps, la vie, les moutons et les ruches, mais jamais, jamais, je ne prononce ces mots que tu attends, ces mots qui te déchargeraient d'avoir à me demander franchement, en me regardant dans les yeux, que je te remette l'enveloppe qui patiente dans mon sac, entre les pages d'un livre, depuis le début de notre conversation.&lt;br /&gt;Je dois avouer que bien qu'étant dans la position de l'humilié, j'éprouve un certain plaisir à ta gêne, à ta culpabilité, et te voir sans cesse repousser l'instant excite un peu ma cruauté. C'est la seule vengeance qui m'est permise, te laisser t'embourber, hésiter, mariner dans ton jus : comment vais-je lui demander l'enveloppe ?&lt;br /&gt;Car tu le sais. Je le sens. Qu'après tout sera différent. Il n'y aura plus ni confiance, ni franchise, ni rien. Nous serons devenu des étrangers.&lt;br /&gt;C'est ta dernière chance, de peser le pour et le contre, c'est à toi de choisir ; moi, j'ai amené l'enveloppe, elle attend dans mon sac entre deux pages d'un livre. La suite est entre tes mains.&lt;br /&gt;Peu à peu, les banalités s'épuisent toutes seules, on a fini le tour des banalités,  la vie, la mort, les vaches, les mouches, les abeilles, la pluie et le beau temps. Il ne reste entre nous qu'une petite zone de silence gêné, et une question en suspens sur tes lèvres. Je commence à espérer. Peut-être as-tu compris que ça n'en valait pas la peine. Peut-être que tu ne vas pas tout briser, mais juste me tendre la main par dessus la table, avec le même regard qu'autrefois, puis partir sans rien exiger de plus, sans l'enveloppe, et sans regret.&lt;br /&gt;Mais non. Tu avales ta salive discrètement, et je remarque la petite boule qui sursaute dans ta gorge, puis tu poses la question d'une voix que tu voudrais tout à fait amicale et naturelle, mais qui se déchire un peu au passage de l'air :&lt;br /&gt;- Au fait, tu as pensé à l'enveloppe ?&lt;br /&gt;Je réponds :&lt;br /&gt;- Oui, bien sûr.&lt;br /&gt;J'ouvre mon sac, et la sors d'entre les pages du livre. Je te la tends par dessus la table ronde et les verres vides.&lt;br /&gt;Ta main tremble un peu lorsque tu la prends.&lt;br /&gt;Ton regard m'évite.&lt;br /&gt;Puis tu t'en vas.&lt;br /&gt;Pour toujours.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 1er décembre 2006&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7238767937333728516?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7238767937333728516/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7238767937333728516' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7238767937333728516'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7238767937333728516'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/lenveloppe.html' title='L&apos;enveloppe'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-533004004476330820</id><published>2008-12-05T11:41:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:41:36.418-08:00</updated><title type='text'>Chose des sables</title><content type='html'>C'était un matin de la fin septembre, juste au bord de l'automne. Le ciel avait changé de couleur derrière la fenêtre de ma chambre, délaissant sa robe bleue pour un pantalon gris. Dans l'air flottait le parfum nostalgique de la rentrée des classes, un air humide, une lumière tendre, et le vent lâchait de gros soupirs dans les arbres encore verts, mais déjà résignés à jaunir.&lt;br /&gt;C'était un de ces matins où l'on attend le bus pour partir à l'école, où l'on respire les essences du gazole, euphorique et résigné, en révisant son contrôle de français. &lt;br /&gt;J'étais debout dans mon caleçon, à 33 ans. Je n'étais plus un enfant. Mais ce n'était pas le plus important, ni le plus étrange.&lt;br /&gt;En décapsulant ma boule de chaussettes propres, un peu de sable est tombé sur la moquette, du sable fin et blanc, comme on trouve sur les plages des cartes postales. Comment avait-il pu se loger là ?&lt;br /&gt;Trop endormi pour éluder ce mystère, je poursuivis ma traditionnelle préparation matinale, et me dirigeai donc vers la salle de bain, où la pomme de douche et la brosse à dents patientaient depuis la veille. En appuyant sur le tube de dentifrice, je ne me rendis compte de rien, mais en attaquant le récurage méticuleux de mes ratounes, je sentis une foule de petits graviers dans ma bouche. Du sable encore... Je recrachai la mixture, et me rinçai immédiatement la tronche sous l'eau calcaire du robinet. Je la trouvai étrangement salée. J'attrapai alors ma serviette de toilette, mais elle s'était transformée en drap de bain.&lt;br /&gt;Pendant la nuit, ma douche s'était changée en cocotier, mes cuillères en coquillages, et partout dans mes tiroirs, dans mon café, dans mon manteau et dans mes poches je trouvai du sable encore, des crabes, des tubes de crèmes solaires et de l'écume encore blanche. Mon lustre rougissait comme un coucher de soleil, mon ordinateur se prélassait en bikini, et en décrochant mon téléphone, je n'entendis pas la tonalité, mais le rire des mouettes en plein vol. Dans le miroir, ce n'était plus moi non plus, mais Mike d'Alerte à Malibu, et ce que je prenais pour ma sacoche n'était rien d'autre qu'une bouée de sauvetage. Je sortis en courant, histoire d'aller me remettre les idées en place au café d'en face, mais il n'existait plus. Je trouvais une paillote abandonnée dans la rue, des parasols au lieu des réverbères, des surfeurs à la place des  piliers de comptoir, et puis du sable encore, qui dévorait tout, pire qu'un désert, du sable qui tombait en pluie, sur les trottoirs qui faisaient des vagues, et sur les troupeaux de méduses qui hier encore, n'étaient que la jolie pelouse du parc...&lt;br /&gt;Je voulus prendre le métro, mais montai sur un bateau, et je disparus en pleine mer, en pleine tempête, jusqu'à me noyer dans un verre d'eau...&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 30 septembre 06&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-533004004476330820?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/533004004476330820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=533004004476330820' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/533004004476330820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/533004004476330820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/chose-des-sables.html' title='Chose des sables'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3352159592621524739</id><published>2008-12-05T11:39:00.002-08:00</published><updated>2008-12-05T11:40:57.237-08:00</updated><title type='text'>Paquets de choses</title><content type='html'>Un stylo rouge indélébile, un briquet Bic à moitié fun, des Post-it roses en forme de cœur, un cendrier et trois mégots, un bureau, un appareil photo, un micro panoramique, un téléphone sans fil, un vase rempli de crayons, une lampe à pince, un pot de yaourt, une souris sur un tapis bleu, un écran plat qui crée des mots, un adhésif d'enveloppe, un chameau en plastique, une clé USB décapsulée, un tee-shirt saumon, un jean classique, une paire de binocles profilées, deux pieds nus sur la moquette, à côté d'un modem, dix doigts, une alliance en or, et quatre mur dont un de verre, derrière lequel s'ouvre un crachin, et des toits d'immeubles, une grue, un hôtel, la tour de TF1, quelques arbres aux feuilles trempées, et le balcon de mes voisins qui étouffe sous les jardinières, en se foutant de nos mauvaises herbes ; sur le canapé déplié, une robe s'étale dans dix coussins, près d'une manette de Playstation, et dans le miroir de la télé, les bibliothèques se font belles, gavées de bouquins et de bibelots, un don Quichotte regarde au loin, le buffet Art Déco, et Sancho pisse dans une plante en plastique, au dessus de la table ronde, au dessus du tapis rond où farandolent quelques moutons apeurés par l'aspirateur qui dort encore dans le placard, sous la penderie d'Ali Baba, en attendant que je me bouge le mental et que j'attaque mon petit ménage au lieu d'écrire des trucs en l'air.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 22 septembre 06&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3352159592621524739?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3352159592621524739/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3352159592621524739' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3352159592621524739'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3352159592621524739'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/paquets-de-choses.html' title='Paquets de choses'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-518421106860318431</id><published>2008-12-05T11:39:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:39:34.024-08:00</updated><title type='text'>Chose puante</title><content type='html'>Excusez-moi mais faut que j'expulse, faut que je crache un peu de venin, que je balance des gros mots, que je déverse ma merde à purin, à la louche, à la pelle et par tous les tuyaux, faut que je rince ma bouche au shampoing, jusqu'à m'en faire pourrir les dents, jusqu'à dégobiller des yeux, de la mousse qui pue de la gueule,  au cancer du trognon ; j'en ai plein le cul d'avoir un cœur, avec des fleurs du mal dedans, et de la rancune à bouffer les morts, excusez-moi, mais faut que j'arrache un peu les poils de la beauté, que je l'asseye sur mes genoux, comme le poète de 17 ans, et que je lui balance un coup de boule en pleine tronche à cette salope, pour lui péter l'arête amère, et les étoiles, et les nounours, et tous les cuculs la praline qui envahissent ses poches crevées ; ça ferait un sacré incendie, pire qu'un Verdun dans mon cerveau, si je laissais couler la plaie, si je jutais l'âme des couteaux, à m'en castrer la langue, à vous brisez les couilles, vous pourriez me dire torturé, la bouche en gros cœur d'artichaut, vautrés dans ma peau, applaudir à vous en cassez les main, vous qui adorez les ravins, les créatures des profondeurs, le bourreau qui sommeille en vous, que vous bercez avec des roses, il me réveille en plein cauchemar, et je lui sursaute dedans, et je m'attache a sa laisse, comme un caniche qui sort du bal, la queue pomponné par maman ; excusez moi mais je vous aime, à en gerber mon rôti de porc, et faut que ça sorte de mon corps, avant l'hémorragie interne, j'ai tout tenté dans la dentelle, à ciseler des sentiments, à la feuille d'or, au gland d'argent, j'ai rayé mon disque en platine, j'ai martelé dans la tendresse, comme dans de la gelée de groseille, je m'en suis foutu plein les doigts, de la colle à briser les rêves, alors, putain, excusez moi, mais c'est trop bon de lâcher la tripe, d'enculer les mots à la glue, d'avoir la haine et des verrues, juste histoire de tuer le temps, une bonne fois pour toutes.        &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 21 septembre 2006&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-518421106860318431?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/518421106860318431/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=518421106860318431' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/518421106860318431'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/518421106860318431'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/chose-puante.html' title='Chose puante'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-967320628041960365</id><published>2008-12-05T11:36:00.000-08:00</published><updated>2008-12-05T11:38:53.098-08:00</updated><title type='text'>Après la route</title><content type='html'>Le ciel est grand, j'en perds la vue. &lt;br /&gt;Les nuages s'y perdent en lambeaux.&lt;br /&gt;Je trouve un paradis perdu&lt;br /&gt;Une photo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais tant remplir mes yeux, sur la route qui me coupe en deux&lt;br /&gt;Partout ailleurs, je scotche au temps. &lt;br /&gt;Ici l'espace décolle aux dents.&lt;br /&gt;Tout se mélange&lt;br /&gt;les sens.&lt;br /&gt;Et le silence embrasse un ange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avance sans cesse à ma place dans cette heure qui tresse des cercles.&lt;br /&gt;Rien ne dure si rien ne se passe&lt;br /&gt;J'ai cassé le fond du couvercle.&lt;br /&gt;Et je trace.&lt;br /&gt;J'accélère et je file un volant dans les mains.&lt;br /&gt;Le décompte à rebours.&lt;br /&gt;Le béton lance un fil depuis hier à demain&lt;br /&gt;Pour toujours&lt;br /&gt;je roule encore &lt;br /&gt;Et mon amour qui s'endort&lt;br /&gt;à la place du mort&lt;br /&gt;les pieds nus sur le tableau de bord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais t'écrire un poème&lt;br /&gt;Un truc en rime et en je t'aime&lt;br /&gt;Pour repartir en voyage.&lt;br /&gt;A cet endroit sur terre&lt;br /&gt;Où tout tourne à l'envers.&lt;br /&gt;Sur les pages.&lt;br /&gt;A l'autre bout du vent, vers un autre océan&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon souvenir&lt;br /&gt;Y'a pas à dire&lt;br /&gt;La vie est belle&lt;br /&gt;Sous ce putain&lt;br /&gt;De septième ciel &lt;br /&gt;Américain.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 21 septembre 2006&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-967320628041960365?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/967320628041960365/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=967320628041960365' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/967320628041960365'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/967320628041960365'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/aprs-la-route.html' title='Après la route'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1148285105089400113</id><published>2008-12-05T11:34:00.002-08:00</published><updated>2008-12-05T11:36:23.295-08:00</updated><title type='text'>Fête foraine</title><content type='html'>Quelque part dans une autre pièce, une enfant pleure. On en finit jamais d'avoir des devoirs à faire. Mon café refroidit, une télé ronronne, et le soleil bat des cils dans les rideaux, comme une princesse de cinéma.&lt;br /&gt;Hier, c'était la foire, la fête foraine perdue au pied des montagnes, dans ce petit village qui explose en été et survit en hiver. Ici, en décembre, le père noël est dépressif. Près des manèges donc, une drôle d'ambiance dont ne sait s'il faut en rire ou en pleurer. Les baraques à churros sont désertées, et je me sens comme les pinces automatiques au dessus des nounours, je n'arrive pas à m'accrocher. Menteur. Je vends de la mélancolie. La vérité est que je m'éclate avec les gosses, dans le torrent infernal, dans la chenille qui redémarre, et j'avale des kilomètres de réglisse USA. On passe sans cesse d'un tube à l'autre, des années 80 à l'an 2006, ça groove dans les enceintes des forains, allez viens boire un petit coup à la maison, elle me contrôle, agadou dou dou, pousse l'ananas et moult le café, hot stuff, last night the DJ saved my life, un mouton un boulon une abeille et me voilà au pays des merveilles, bref, on se fait le panel en en entier, jusqu'au plus moderne : façon sex.&lt;br /&gt;Vous connaissez "façon sex ?" Vous êtes vraiment ringard, merde, c'est LE tube de la rentrée. Sur la pochette, on voit deux clones en plastique genre Nip Tuck, qui fixent l'objectif avec profonditude, sensualitude et professionalitude. Deux vrais canons de beautés, premiers prix du salon de l'agriculture.&lt;br /&gt;Les paroles du hit, franchement, je ne les calcule pas. Ce que je sais, c'est que le refrain fait rimer "sans complexe" et "façon sexe" et que ça cartonne chez les moins de 10 ans. Ecoutez, je ne suis pas papa pudeur, je n'appartiens à aucune ligue fondamentaliste, et pour tout dire je suis plutôt cochon moi même, mais là... voir ces gosses beugler "vas y sans complexe, façon sex " en bouffant de la Barbapapa, ça me donne envie d'adhérer à une asso ultra catho. Sans rire, on est où ? Sur quelle planète ?&lt;br /&gt;Si ça continue comme ça, bientôt, nous verrons des tétines en forme de bite dans la bouche des nourrissons.&lt;br /&gt;Ce n'est plus la libération sexuelle. C'est l'aliénation du cul...&lt;br /&gt;Bon, je vais pas épiloguer dix pages, mais bon, je vous en prie, donnez leur juste un peu de poésie... ce qu'il faut de pudeur, d'innocence et de tendresse pour alimenter l'enfance, et sublimer plus tard la découverte du reste.&lt;br /&gt;Ça y est... je suis un vieux con.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 17 septembre 2006&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1148285105089400113?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1148285105089400113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1148285105089400113' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1148285105089400113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1148285105089400113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/fte-foraine.html' title='Fête foraine'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6175982760544646452</id><published>2008-12-05T11:34:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:34:39.853-08:00</updated><title type='text'>Ce type</title><content type='html'>Je voudrais vous parler de ce type que j'ai rencontré.&lt;br /&gt;Je ne sais plus ni quand ni pourquoi ni comment. Je ne sais plus où non plus. En fait, j'ai tout oublié. A part le fait que j'ai rencontré ce type. &lt;br /&gt;C'est un type qu'aucune réputation ne précède. Ce n'est pas quelqu'un dont on sait quelque chose. Ce n'est pas quelqu'un qui excite la curiosité ou l'admiration. Ce n'est pas une star. Ni un monstre. Juste quelqu'un qu'on n'oublie pas. Peu importe ce que ce type fait comme métier, il peut être flic ou pompier, vendeur de pizza, courtier d'assurance ou chercheur d'or. &lt;br /&gt;Ce n'est pas ce qu'il fait qui est important. Ce n'est même pas ce qu'il est. Ce qui est important, c'est de le rencontrer.&lt;br /&gt;Lorsque j'ai eu cette chance, je ne m'en suis pas rendu compte. Je ne me suis pas dit sur le moment : je suis content d'avoir rencontré ce type. Je l'ai juste rencontré. Et puis tout est passé très vite. J'ai cessé de réfléchir. J'ai été absorbé.&lt;br /&gt;C'est en rentrant chez moi, plus tard, que je me suis fait cette réflexion : ce type valait vraiment la peine d'être rencontré.&lt;br /&gt;Et puis j'ai pensé à vous. De ce que je sais de vous. Je me suis immédiatement dit : il faudrait qu'ils le rencontrent aussi.&lt;br /&gt;Alors je vous le dis : j'espère que vous allez rencontrer ce type, même si je ne peux pas vous dire pourquoi.&lt;br /&gt;J'aimerais pouvoir vous décrire ses qualités, mais je les ignore. Les qualités de ce type sont en dehors de lui. Dans la rencontre. Elles se dévoilent au contact de la personne qu'il croise. C'est comme si elles dormaient, et que vous seul, qui que vous soyez, aviez le pouvoir de les éveiller. Avec ce type, vous êtes unique au monde. Vous n'avez pas besoin de le convaincre, ni de le séduire, ni de le faire rire. Vous n'avez pas besoin de son amitié. Mais juste de sa présence à un moment. Juste de le rencontrer.&lt;br /&gt;Avant de l'avoir rencontré, vous ne savez pas qui il est, après l'avoir rencontré, vous ignorez tout de lui. Mais il vous reste une certitude : vous êtes content de l'avoir rencontré, et vous avez envie que tout le monde puisse vivre cette expérience.&lt;br /&gt;Alors, voilà, essayez donc de rencontrer ce type. Ce n'est pas facile de vous en dire plus, vu que je ne sais rien de lui. Je ne peux pas vous décrire son visage, ni même vous dire le pays où il vit, mais je suis sûr que vous finirez par tomber sur lui, un jour ou l'autre, et qu'à ce moment là, vous le reconnaîtrez.&lt;br /&gt;Vous vous direz : c'est lui, le type qu'il faut rencontrer.&lt;br /&gt;Et vous ne saurez pas pourquoi.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 12 septembre 2006&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6175982760544646452?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6175982760544646452/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6175982760544646452' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6175982760544646452'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6175982760544646452'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ce-type.html' title='Ce type'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-363668132392030547</id><published>2008-12-05T11:33:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:33:48.524-08:00</updated><title type='text'>Chose de l'espace</title><content type='html'>J'étais déjà dans la lune, me voilà dans l'espace.&lt;br /&gt;On est dimanche matin, à quatorze heures. Dans la cour, j'entends chanter un vieux tube dentifrice des années 80 : tell me why. J'ai dû vieillir cette nuit. Ce sont des choses qui arrivent. &lt;br /&gt;Il va falloir faire vivre cette page, après l'avoir tournée. Écrire des choses ici.&lt;br /&gt;Éviter d'être lourd, étant donné que dans cet espace là, nous sommes tous en apesanteur.&lt;br /&gt;Que dire ? Je sirote un café dans ma tasse Spiderman. C'est le premier évènement de mon dimanche.&lt;br /&gt;Je tapote au hasard sur les touches du clavier, des choses qui me viennent telles quelles, juste pour dépasser le temps.&lt;br /&gt;Mon briquet est un cochon qui crache du feu par le groin.&lt;br /&gt;Ma souris a perdu le fil de la conversation.&lt;br /&gt;J'ai encore des papillons américains dans les yeux.&lt;br /&gt;J'aimerais bien faire comme l'oiseau, mais j'ai des ailes en papier, fragiles aux coups de soleil.&lt;br /&gt;Je crache de la fumée, comme un dragon cancérigène.&lt;br /&gt;J'ai une taupe sous les paupières, qui creuse des galeries de peintures.&lt;br /&gt;Tout un zoo qui se réveille avec moi, maintenant, solitaire à cette place qui est la mienne et que je ne cèderai pour rien au monde.&lt;br /&gt;J'embrasse ici tous mes nouveaux amis virtuels, dont les petites photos s'accumulent sur l'écran.&lt;br /&gt;Bienvenus dans l'espace, sans gravité, en suspension de ces trois derniers points&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 10 septembre 2006&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-363668132392030547?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/363668132392030547/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=363668132392030547' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/363668132392030547'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/363668132392030547'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/chose-de-lespace.html' title='Chose de l&apos;espace'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1848644099114053250</id><published>2008-12-05T11:32:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:32:46.518-08:00</updated><title type='text'>15H56</title><content type='html'>J'ose le dire, je n'ai rien à dire, juste du temps à trépasser, vers 15h56, encore en vie, c'est aujourd'hui, je crois, il faut faire du bruit de mes doigts et déglinguer le gros soleil qui se croit tout permis dans les vitres, flambeur, tu te prends pour l'été à cramer les mouches mortes collées au carreau ? Moi je suis en octobre, et vous, quel est le mois qui sans abris vous habite ? Je pourrais m'exiler des murs, enfoncer mes traces dans les rues, voire même flâner dans un parcmètre, verdure, nature et rouge gorge, parfum de gazon, de gazole, comme c'est chaud d'exister encore, 15h57, dehors, l'œil attendri sur les feuilles mortes, au cœur des poussettes endormies et des merdes de chien ramollies, désolé le ciel, j'oublie le bleu, je préfère un autre voyage, en solitaire comme en bateau, optimiste, mais loin de l'eau, j'écoule la samba caliente des touches en plastique enfoncées, noires à l'autre bout des ongles, la terre retourne sur un fil, je suis le mouvement perpétuel de l'ennui qui se mord la queue en silence, mais avec plaisir à toucher, caresse comme j'aime ce moment où rien ne passe, que du temps à remplir de vide, 15h58, et des virgules qui s'accumulent, les mots encore me multiplient comme ces photos pliées en quatre dans des enveloppes scellées à la cire, parchemins, lettres d'amour amnésiques, que personne n'a jamais écrites, et qui patientent pour une heure plus légère encore, tant et temps et autant d'images à relâcher, ouvrir la cage aux zombies, des pensées qui n'ont rien à foutre, ni à n'être des chiens méchants, des chats bottés, des éléphants roses dans mes placards cassés qui se laissent valser en cadence, tac tac tac, je poursuis les phrases sans queue, décapitées, des perles qui glissent au corps d'un fil dont j'ai rongé la pelote, de mes quenottes, que m'importe, 15h59, et vague à l'âme et mer de sable, j'ai de la vie à traverser, tant qu'il me reste des ailes ailleurs, des planches à voiles, des projections sur écran de roses, bouquets, souvenirs en solde, boule de neige, cigales, figues, fraises et tagada, et cætera à l'infini, abracadabra mon amour, voilà, ding ding dit ma montre, pleure la pendule il est 16h00 je suis toujours dans cette aiguille...&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 14 octobre 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1848644099114053250?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1848644099114053250/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1848644099114053250' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1848644099114053250'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1848644099114053250'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/15h56.html' title='15H56'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-5174704502016018148</id><published>2008-12-05T11:30:00.002-08:00</published><updated>2008-12-05T11:31:58.928-08:00</updated><title type='text'>Ecrire dans la couleur</title><content type='html'>C'est devenu un gage de profondeur : écrire dans la douleur. J'ai entendu nombres d'auteurs, professionnels ou amateurs, se targuer de ressentir cette sublime souffrance intérieure, indispensable au créateur. Quel sacrifice, quelle profondeur, d'aller se broyer les tripes au mixer pour accoucher sans péridurale d'une oeuvre qui saigne à vif du cœur.&lt;br /&gt;A les écouter se répandre en viscères, se flageller à coups d'angoisses, vanter la mutilation du stylo, la sainte défécation du cerveau, la sublime putréfaction du divin boyau, on finirait presque par les plaindre, ces pauvres grands artistes, maudits du bonheur, sacrifié à l'autel de la création. &lt;br /&gt;Vous voilà tous autant que vous dites, nobles victimes consentantes, prêtes à sacrifier votre santé mentale au Dieu de l'Art brut et brutal. Quelle abnégation les gars, quel courage, moi je dis, cerveau bas.&lt;br /&gt;A entendre ces génies curieux, en croisade pour se crucifier, on finirait par croire qu'ils ont la science infuse transfusée dans leurs veines gonflées de sanglots langoureux, et que leur mal sain est nécessaire au bonheur de l'humanité. Nous devrions être pétris de respect et de dévotion pour ces beaux oiseaux du malheur, seuls véritables géniteurs d'un style dépouillé et purificateur. Car s'ils souffrent, c'est uniquement pour nous, pour offrir au monde putride l'essence de sa moisissure originelle, pour aller chercher la Sainte Merde au tréfion moisi de l'Enfer, et ce faisant, s'offrir une belle paire d'ailes pour rejoindre au septième ciel  le salon VIP des créateurs immortels.&lt;br /&gt;Personnellement, vous l'aurez compris, ces masochistes m’assèchent la nouille. Non, je ne considère pas la douleur comme un pinacle ni comme une garantie d'authenticité. Je ne la cherche ni ne la désire, je la subis de temps à autre, et la rejette de toutes mes forces.&lt;br /&gt;Ecrire dans la douleur est une aberration à mes yeux, un contresens à mon cœur. Car la douleur pour moi, c'est justement de ne pas écrire. J'écris à la recherche du bonheur, ce qui ne signifie pas que je mouille ma plume à l'eau des roses, mais juste que l'acte est un bien nécessaire, un soulagement indispensable, une zone de repos, de transit entre deux morceaux du réel.&lt;br /&gt;De ce qu'en vis, la douleur est ailleurs, dans la médiocrité crasse des jours qui passent, dans l'hypocrisie sous-jacente, la vieillesse qui pointe, la misère quotidienne, les rages de dents, les nuits dehors, les insomnies, les amis qui se cassent avec du sucre dans le dos, les urnes qui dégueulent de fachos, la mémoire qui se délite, les vertèbres qui se soudent, les enfants qui suffoquent, la liste est telle, interminable, dans la réalité, nous avons tant et tant de raisons de pleurer, tant de raisons d'avoir peur, et mal au cœur, alors, juste au moment d'écrire, ces mots et tous les autres, je crois avoir eu largement ma dose de la saleté des choses ; et même si j'aime tracer des ombres, décrypter des cauchemars, bousculer des plaques et des tombes, l'instant même où je compose des phrases, où je regarde les colliers de mots défiler sur l'écran, comme portés par leur sens propre, une volonté qui me dépasse, cet instant, dis-je, n'est pas de la douleur, mais juste son contraire : c'est comme si je respirais un autre air, plus sucré et plus volatile. Le temps ne peut plus me contraindre, la vie ne peut plus en finir, et lorsque j'écris que je pleure, en vérité, je vous l'avoue, le plus souvent j'exulte, quelque part dans un paradis artificiel.&lt;br /&gt;Écrire dans la couleur, tant que je suis sur cette terre, je n'ai aucune raison, ni aucune envie de me tailler les veines pour créer.&lt;br /&gt;Si de ce fait, ma prose est pauvre, excusez moi je vous en prie, mais je n'en ferais pas une maladie...&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 15 février 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-5174704502016018148?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/5174704502016018148/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=5174704502016018148' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5174704502016018148'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5174704502016018148'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ecrire-dans-la-couleur.html' title='Ecrire dans la couleur'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2943948323197768085</id><published>2008-12-05T11:30:00.001-08:00</published><updated>2008-12-05T11:30:37.451-08:00</updated><title type='text'>Arrivé là</title><content type='html'>Je suis arrivé dans un endroit où je n'existais pas.&lt;br /&gt;Cela ne s'est pas fait tout seul, ni sans douleur. Je suis passé du chaud au froid, pour la première fois. Cet endroit était ici, quelque part ailleurs, et moi, à l'intérieur, juste débarqué d'une piscine sombre où je ne vivais rien qu'un instant, un doux sommeil interminable dont des mains blanches m'ont tiré.&lt;br /&gt;J'ai pensé que j'allais me noyer, alors j'ai ouvert la bouche. Je ne savais rien faire d'autre, que téter dans le vide. Mes mains, mes bras, mes jambes, bref, tout ce qui devait être mon corps ne m'appartenait pas encore. Ni ma pensée, toujours baignée de gaz et de formol.  Mes yeux  se cherchaient un espoir dans la brume, en noir et blanc, mais tout était flou, sous cette espèce de branche éblouissante qui bavait des lumières ; le ciel était tout étalé de peinture, un champ de neige ou de coton, et moi, j'arrivais là, à cet endroit où je n'existais pas, et je n'avais que mes lèvres pour survivre. Je ne pouvais aller nulle part, il fallait donc que la vie vienne à moi, qu'elle fasse un effort pour me remplir, me rassurer, car bien incapable de mettre des mots sur ce sentiment, je peux affirmer que j'étais terrorisé. Et puis des mains m'ont touché, des géants couverts de papier bleu m'ont soulevé, pour me déposer sur une plage et des dunes qui sentaient bon le lait et le sang. Une sirène s'est mise à chanter et ma bouche a trouvé une ancre où accrocher sa faim, et j'ai tiré de toutes mes forces pour avaler un peu de force et de chaleur.&lt;br /&gt;Après je crois que je me suis endormi. Je n'ai pas rêvé, car je n'en savais rien, mais j'ai plongé au plus profond. Du temps s'est écoulé, dont je n'avais aucune idée, si bien que lorsque mes regards sont revenus à la surface, j'en étais toujours au même point.&lt;br /&gt;Je suis arrivé là, dans un endroit où je n'existais pas. J'ai encore faim, et soif, et froid, mais déjà juste un peu moins peur...&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 19 février 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2943948323197768085?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2943948323197768085/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2943948323197768085' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2943948323197768085'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2943948323197768085'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/arriv-l.html' title='Arrivé là'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3792594516482931045</id><published>2008-12-05T11:27:00.000-08:00</published><updated>2008-12-07T04:11:19.121-08:00</updated><title type='text'>Un homme entre</title><content type='html'>Un homme entre. Il ouvre une porte, ferme une porte, ouvre et referme une fenêtre, fait un pas. L'homme fait un autre pas. Puis encore un autre, et se retourne. L'homme est entré, a ouvert puis refermé une porte et une fenêtre, fait trois pas et s'est retourné, voilà. L'homme est là. Au dessus de lui, un plafond, au dessous un sol, sur les côté des murs. C'est le lieu. La pièce dans laquelle l'homme est entré. Elle ressemble à toutes les autres pièces, à cela près qu'elle n'est aucune d'entre elles, mais cette pièce là précisément. Si ce n'était l'homme qui est entré, elle serait fort certainement vide. On n'y remarque rien de particulier dans cette pièce, au delà de cet homme qui a fait trois pas, ouvert puis refermé sa porte et sa fenêtre. Cette fenêtre justement, parlons-en. Elle ressemble également à toutes les autres fenêtres, à ceci près qu'elle n'est aucune d'entre elles, mais cette fenêtre là exactement. Rectangulaire et transparente, elle possède une vitre qui n'est à proprement parler pas sale, mais dont on ne peut pas non plus affirmer qu'elle soit exempte de toute saleté. C'est une vitre donc, comme toutes les autres vitres, mais qui n'est aucune d'entre elles, dans cette pièce banale mais particulière, apparemment vide et dans laquelle cet homme est entré et a fait trois pas. L'homme ne ressemble à personne vraiment et à tout le monde un petit peu. Il s'est retourné, et maintenant il regarde la vitre. Ou pour être plus précis, il regarde à travers la vitre, puisque la vitre elle-même du fait de sa transparence ne peut être réellement vue. Il y a donc quelque chose dans la vitre, qui n'est pas la vitre, mais que seule la vitre peut dévoiler. C'est ce qu'on appelle habituellement un paysage. Le paysage fait partie de la vitre incrustée dans la fenêtre installée dans la pièce où un homme a fait trois pas après avoir ouvert et fermé une porte et une fenêtre. A présent, le paysage en question n'est plus seulement dans la vitre. Il est aussi dans l'œil de l'homme, puisque l'homme le regarde. Ce paysage ressemble a n'importe quel autre paysage, en cela qu'il est unique et ne peut être appréhendé que depuis cette fenêtre, cette pièce et à cet instant précis, par cet homme là.&lt;br /&gt;L'œil de l'homme reste ainsi quelques secondes, à fixer le paysage dans la fenêtre, afin de transmettre le paysage à son cerveau qui le recueille et le reconnaît comme étant un paysage semblable à un autre, banal et exceptionnel.&lt;br /&gt;Ce que l'homme pense de ce paysage, nous l'ignorons. Lui même l'ignore certainement. Au bout du compte, nous ne savons rien d'autre. Mais c'est déjà beaucoup.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 19 février 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3792594516482931045?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3792594516482931045/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3792594516482931045' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3792594516482931045'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3792594516482931045'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/un-homme-entre.html' title='Un homme entre'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-3032697274850187264</id><published>2008-12-03T09:22:00.000-08:00</published><updated>2008-12-03T09:37:41.029-08:00</updated><title type='text'>Ses souvenirs parmi tant d'autres (part III)</title><content type='html'>A l'arrière de la moto de ma mère, la nuit m'emmène à l'école. Ma bouche fait de la fumée, parfois aussi je tousse.&lt;br /&gt;«Dis-moi papa, pourquoi est-ce que tu klaxonnes dans les virages ? ».&lt;br /&gt;Mon caca fait encore pipi, comme j'ai mal au ventre.&lt;br /&gt;Dans le frigo, je vois une bouteille d'eau fraîche qui pique. J'y pense toute la nuit, obsédé, je n'arrive pas à dormir car j'imagine sans cesse le liquide dans ma gorge avec ses petites bulles qui pétillent. Je n'ose pas descendre tout seul dans le noir, les escaliers et le couloir, alors j'attends le premier soleil  en tranche et entre les volets et puis je cours vers la cuisine, assoiffé. Le goulot calé dans la bouche je me remplis le ventre jusqu'à en avoir la nausée.&lt;br /&gt;Est-ce ainsi que les hommes vivent, et leurs baisers au loin les suivent… le vinyle craque sous le diamant et je me vois bien comme un grand, avec une foule d'histoires d'amour, et des filles pendues à mes lèvres.&lt;br /&gt;Ce soir, ma fiancée, Julie dort dans ma chambre. La lampe est allumée quand  elle se déshabille. J'ai peur de la voir toute nue, alors je ferme les yeux un peu. Elle dit « ça y est, j'ai mis ma chemise de nuit », alors je la regarde et je m'aperçois qu'elle a menti. Elle rigole, sans aucun vêtement. Toute cette peau d'un seul coup. Et ce mystère entre les jambes. Je la trouve belle mais j'ai honte et les joues rouges et la langue sèche. J'ai dix ans, enfin plus ou moins, je crois, et je t'aime.&lt;br /&gt;Le couteau traverse la croûte du pain puis déchire la chair de mon doigt, touche l'os et je pleure de voir que je suis tant rempli de sang. Gicle, gicle, tâche la toilé cirée.&lt;br /&gt;Mon nez coule à cause du pollen, un liquide transparent qui me chatouille et je souille des milliers de mouchoirs, ils deviennent durs comme du carton, chiffonnés et rabougris, ma corbeille déborde, et je me dis qu'un jour, à force de me moucher je serai vide et sec à l'intérieur. Mes narines sont irritées, à force d'être frottées.&lt;br /&gt;Dans une boîte de puzzle, je cache des femmes en papier, toutes nues.&lt;br /&gt;A l'arrière de la Golf rouge, ma vie se fait du cinéma et je suis le héros d'une histoire que je m'invente en cours de route, sur les champs qui enchaînent les vaches, sous les falaises trouées et les longues cheminées de la raffinerie de pétrole qui crachent des nuages de plomb, ailleurs, il y a des kilomètres d'immeubles, des milliers de jardins divers, des fleurs dont j'ignore le nom, des oiseaux inconnus et surtout, partout, des fenêtres éclairées où je devine des ombres à table, devant des poulets imaginaires, des gens qui sont d'autres destins, d'autres lits et qui m'attirent dans leurs lumières, pendant qu'une chanson pourrie de France Gall crachote dans l'autoradio.&lt;br /&gt;Il y a toujours tous ces camions près de chez moi, rue Brindeau, posés sur l'énorme bascule en béton, parfois je voudrais partir avec eux, en Espagne ou en Afrique, et d'autres fois, j'ai peur, sans savoir pourquoi, qu'ils m'enlèvent loin de ce trottoir.&lt;br /&gt;Il y a aussi des labyrinthes de containers, rouges, orange et blancs, près des bassins du port autonome, et des montagnes de charbons noirs que je n'ai pas le droit d'escalader.&lt;br /&gt;Il y a souvent, après la porte blanche, un parfum de café grillé, de gazole et de pain, alors je sais que c'est l'automne, et mon cartable pèse un peu lourd. L'air a un goût particulier, les matins où la pluie menace, lorsque les feuilles décèdent des branches et que j'ai un contrôle de maths.&lt;br /&gt;Une forêt dans la ville haute, encadrée par des routes, et toujours bien coiffée. De la mousse au pied des arbres, des champignons mortels et des jeux. Je grimpe une cage aux écureuil, me balance dans un genre de panier à salade et puis trottine sur le dos d'un vieux poney dépressif, dont les yeux sont bridés de cuir.&lt;br /&gt;J'écris un poème pour Karine. Je l'embrasse au cinéma. Puis elle me quitte pendant une boum.&lt;br /&gt;Demain, je serai encore là, en pyjama, pour commencer mes grandes vacances.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-3032697274850187264?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/3032697274850187264/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=3032697274850187264' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3032697274850187264'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/3032697274850187264'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ses-souvenirs-parmi-tant-dautres-part.html' title='Ses souvenirs parmi tant d&apos;autres (part III)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8554613327752553330</id><published>2008-12-02T04:04:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T04:06:21.243-08:00</updated><title type='text'>Ces souvenirs parmi tant d’autres (part II)</title><content type='html'>Un épisode de "La petite maison dans la prairie" me traumatise, et sous mes draps, je tremble au souvenir d'une prison fantasmée par l'héroïne suite au vol d'un jouet. Pour contrer cette angoisse, je visualise un papi maigre sur un tricycle rose.&lt;br /&gt;Me réveillant en sursaut, je crois voir ma grand-mère morte sur une chaise à bascule, en train de tricoter. Mais non c'est juste une couverture, posée sur un fauteuil, et j'ai soif.&lt;br /&gt;La petite danseuse à la robe rouge pirouette dans le verre de la boîte à musique, et mes yeux ne peuvent s'en détacher. Autour, la poussière se change en paillettes dorées sous un rayon du soleil.&lt;br /&gt;Le pot de clou de girofles, trouvé dans le placard de la cuisine, agresse mes narines à vomir.&lt;br /&gt;Dimanche matin, avec ma sœur, nous partons chercher du lait à la ferme, avec notre petit pot en fer. Sur le chemin, les vaches mangent du chewing-gum, et nous frôlons les barbelés, les clôtures électriques qui nous donnent parfois des grands coups dans les doigts.&lt;br /&gt;J'ai vu égorger un cochon. J'ai fait caca dans l'herbe, et les mouches m'effraient.&lt;br /&gt;La R16 vient de s'encastrer dans une autre voiture. Je pleure dans les bras de ma maman.&lt;br /&gt;Dans l'allée du garage, ce matin sent le printemps, l'air a un goût que je reconnais, j'ai envie de toucher des choses qui n'existent pas encore.&lt;br /&gt;Un type me dérouille au camping de la Bérarde, à coup de poings et coup de pieds, près du barbecue. Après je me blottis dans le camping-car orange.&lt;br /&gt;Dans la salle de jeu, pendant les réunions pédagogiques, les enfants d'instits investissent les placards, des cerceaux multicolores, des échasses en plastiques, des disques vinyles de Boney M. J'ai peur de grimper sur la montagne en corde verte.&lt;br /&gt;Je tousse à m'en arracher les bronches, de plus en plus, chaque nuit. Le docteur dit que c'est de l'asthme, et me présente ma future meilleures amie, complice de tous mes instants, celle à qui j'accroche ma bouche comme à une bouée de sauvetage : mademoiselle Ventoline.&lt;br /&gt;Dormir à l'arrière de la voiture, sur une route nationale. Faire semblant de ne pas me réveiller lorsque nous atteignons la maison, histoire que mon père me porte dans ses bras.&lt;br /&gt;"Tu aimes le beurre ?" avec un bouton d'or sous le menton. Il paraît que certaines fleurs se mangent, les mauves notamment, qui poussent dans les fossés, ont un goût légèrement sucré.&lt;br /&gt;Je souffle sur cette boule blanche et vaporeuse, elle éclate en morceaux de pétales que le vent engloutit. Avec les coquelicots, ma mère me fait une poupée, l'été, en route vers la Méditerranée.&lt;br /&gt;Parfois, quand tous mes pyjamas sont sales, je dors avec la chemise de nuit de ma sœur. Du coup, je m'amuse à faire pipi comme les filles, assis sur la cuvette.&lt;br /&gt;Je suis amoureux de Gwenaëlle, alors on se tient la main dans le rang.&lt;br /&gt;Je suis amoureux de Julie, je lui ai mis un mot d'amour dans la poche de son manteau accroché dans le couloir (j'ai dit à la maîtresse que j'avais envie d'aller au toilettes). A la récré suivante, elle m'a dit qu'elle aussi. Du coup, j'ai battu tout le monde à "la délivrance".&lt;br /&gt;Le soir, après l'école, j'écoute Julie jouer de la flûte traversière, sous sa fenêtre, et puis j'embrasse sa photo dans ma chambre.&lt;br /&gt;J'ai commencé un poème mais je n'ai que le titre : une femme. En vérité, je n'ai que sept ans, alors je ne sais absolument rien d'autre que le mot.&lt;br /&gt;Le père de ma mère est mort. Je ne sais qu'une seule chose de lui : il faisait des ronds de cigarette.&lt;br /&gt;Le soir, je pense que la lune est un croissant, dans les mains d'un géant, et que le jour et la nuit se mélangent pour faire du chocolat chaud.&lt;br /&gt;J'ai acheté un sifflet ultrasons à une copine, avec 2 francs volés à ma mère.&lt;br /&gt;Je pisse sur le mur de l'école.&lt;br /&gt;Nous sommes les héros de l'espace, et moi, je suis un chien qui parle, super intelligent, avec des pouvoirs magique. L'énorme butte en terre est une base secrète, ou un monstre endormi, ça dépend des fois.&lt;br /&gt;Parfois je joue à l'élastique avec les filles, parfois aussi aux billes.&lt;br /&gt;"Si je te l'avais pas soufflé au cul tu l'aurais jamais su."&lt;br /&gt;Mes parents ne veulent pas m'acheter un pistolet, parce que les armes ça tue des gens.&lt;br /&gt;Des fois, je fais semblant d'être mort, histoire de voir ce que ça fait.&lt;br /&gt;"Mais comme mon cul était bouché tout est passé à côté."&lt;br /&gt;A chaque fois que ma mère lâche la selle du vélo, je panique et je tombe sur les graviers. Je suis nul.&lt;br /&gt;Je m'amuse à lancer ma clé vers le ciel, toujours plus haut.&lt;br /&gt;Je monte les escaliers en courant parce que le noir est un monstre qui me court après.&lt;br /&gt;A la fête costumée, je m'habille en papillon.&lt;br /&gt;Caché dans la forêt, près de chez mon copain Nathanaël, il y a le ravin de la mort, perché en haut, avec mon vélo cross, j'ai peur.&lt;br /&gt;En coupant du pain, je me suis éventrée le doigt. Il y a du sang partout sur la toile cirée, un liquide qui gicle de moi, et que je ne comprends pas.&lt;br /&gt;Après les betteraves, je fais pipi rouge. Le docteur rigole. Il a une grosse barbe noire.&lt;br /&gt;Les panneaux ronds sur la route, à quoi ça sert ? Je me demande pourquoi c'est marqué "rappel" sur certains. Peut-être que c'est un jeu pour les grands, histoire de tester leur mémoire. Pourquoi le nom des villes est barré ?&lt;br /&gt;Je déteste les pâtes de fruit, et puis le hachis Parmentier, que j'appelle caca de chameau.&lt;br /&gt;J'adore le couscous au beurre, et les gâteaux à la crème de lait, que je dévore en pyjama avant d'aller me brosser les dents.&lt;br /&gt;J'ai peur du shampoing dans les yeux.&lt;br /&gt;Près de la bascule à camions, j'ai l'impression d'avoir pris la place d'un autre. Une question sans réponse : pourquoi est-ce moi qui sens ces choses, et comment ce moi est arrivé là, dans ce corps et dans cette famille, plutôt qu'un étranger.&lt;br /&gt;Mettre du chewing-gum dans la serrure, ou du verre sous les roues des camions, et puis partir en courant, comme si j'avais la police à mes trousses.&lt;br /&gt;Mon père me raconte comment chasser les hippopotames, qui adorent les choux. Le seul moyen de les tuer est de leur tirer une balle dans l'oeil. Il suffit donc d'amasser un énorme tas de choux, et d'attendre que l'hippopotame repus s'exclame  "j'ai eu les yeux plus gros que le ventre", pour tirer.&lt;br /&gt;J'ai adopté un arbre dans le verger. Je l'ai appelé Tatouïo. Ensemble, nous jouons à tape-tape. Il me touche avec ses racines.&lt;br /&gt;Les boules rouges sur les buissons, il paraît que c'est du poison.&lt;br /&gt;Ma soeur est chez le dentiste, et moi, seul dans la salle d'attente. J'ai l'estomac qui fait des vagues, de plus en plus violentes, alors je pousse la porte du cabinet, et je dégueule tout ce que je peux. Je me vide sur le carrelage, au rythme angoissant de la roulette.&lt;br /&gt;On m'arrache quatre dents d'un coup. Huit piqûres dans les gencives. Des larmes coulent sur mes joues, mais silencieuse, car je veux être un grand garçon.&lt;br /&gt;Plus tard, je mange de la purée.&lt;br /&gt;En Bretagne, je fais une crise, pendant trois jours. J'ai l'impression de respirer à travers le corps d'un stylo bille. On me prescrit de la cortisone, et je reste assis toute la journée dans un rocking-chair. Je peux lire l'inquiétude dans les yeux de mes parents. Apparemment, je suis fragile.&lt;br /&gt;Je joue à la marelle avec les filles, et puis au foot avec les garçons. A Noël, j'ai reçu une poupée. Mais je préfère quand même les Lego de l'espace. J'invente plein de nouveaux vaisseaux, des bases lunaires, des voitures volantes, encore et encore. Je suis plein d'histoires en suspens.&lt;br /&gt;Quand ma mère vide des poissons dans l'évier, j'ai mal au cœur.&lt;br /&gt;J'embrasse la truffe de mon chien, Bambino, qui a une patte plus courte que les autres. J'aime bien parce que c'est froid et mouillé. Parfois, il me mord. Alors je le frappe de toutes mes forces, puis je chiale en lui demandant pardon.&lt;br /&gt;A la bibliothèque, ça sent si bon. J'aime les petites fiches en cartons. La dame m'a pris pour une fille.&lt;br /&gt;J'ai des livres bleus et rouges, avec des contes pour enfants, Tom Pouce et la Comtesse de Ségur, les frères Grimm et Charles Perrault, la Case de l'oncle Tom (vous pouvez avoir mon corps, mais vous n'aurez pas mon âme). Il y a des gravure entres les pages, en noir et blanc, que je fixe pendant des heures.&lt;br /&gt;Je me frotte toujours le nez, à cause de mes allergies. Ma mère me dit qu'à force, je finirai pas le tordre. Ce qui est effectivement arrivé.&lt;br /&gt;Je n'aime mes médicaments, le Lomudal surtout, qui a goût de sable amer. On perce la capsule avec un truc en plastique, et puis on aspire et ça fait comme un sifflet à l'envers. La poudre se dépose dans les poumons, pour faire du ciment.&lt;br /&gt;J'ai toujours la gorge sèche.&lt;br /&gt;Un monsieur ouvre une bouteille, et ça fume comme un incendie. Il sort une tige et me brûle les verrues. J'ai mal.&lt;br /&gt;J'ai bien envie de croire en Dieu, histoire de ne pas aller au solfège.&lt;br /&gt;"C'est un fameux trois mats, fier comme un oiseau". A tue-tête je chante. &lt;br /&gt;J'aimerais bien être Gérard Depardieu, des fois.&lt;br /&gt;A la cantine, mon plat préféré c'est nouilles/raviolis. J'adore le bruit des couverts et la lumière qui frappe dans les vitres. Derrière, il y un grand escalier en béton qui monte jusqu'au toit.&lt;br /&gt;Je me suis fait une coupe de rocker, une banane. Mais dehors il pleut, et elle s'est écrasée. Devant la glace, mes cheveux sont tout plats, et je pleure.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 27 février 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8554613327752553330?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8554613327752553330/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8554613327752553330' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8554613327752553330'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8554613327752553330'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ces-souvenirs-parmi-tant-dautres-part.html' title='Ces souvenirs parmi tant d’autres (part II)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-828395677334730424</id><published>2008-12-02T04:03:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T04:04:44.892-08:00</updated><title type='text'>Ses souvenirs parmi tant d'autres (part I)</title><content type='html'>Une hélice tourne dans le carreau. J'ignore pourquoi. Je suis couché dans cette salle, au milieu d'autres lits. Et je regarde cette hélice, en plastique blanc, qui coupe des rondelles de lumière.&lt;br /&gt;J'ouvre une porte, près d'une table en toile cirée. La chambre de mes parents. Je pleure de honte. J'ai chié dans ma couche. Une lampe de chevet s'allume sur les cheveux de ma mère.&lt;br /&gt;J'ai volé un autocollant, avec une grenouille dessus. Je l'ai planqué dans une poche de mon petit ciré jaune, accroché dans le couloir. Je me suis fait prendre. C'est ma sœur qui vient me chercher ce soir. La maîtresse lui dira tout, et ma sœur me balancera. Je suis rouge comme un feutre.&lt;br /&gt;Attention, les enfants, il paraît qu'un sadique tourne autour de l'école.&lt;br /&gt;Mon chien est mort empoisonné. J'ai vu du vomi jaune sur le sol du garage.&lt;br /&gt;Aujourd'hui je suis malade, je n'irai pas en classe. Près de la voiture, je tape des pieds. On va apprendre la lettre "L", et moi, je ne serai pas là.&lt;br /&gt;Caché derrière la rampe de l'escalier, en pyjama, je regarde l'écran de la télévision.&lt;br /&gt;Avec un copain, dans la cour, nous avons crée un hôpital pour les vers de terre.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 25 février 2008&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-828395677334730424?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/828395677334730424/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=828395677334730424' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/828395677334730424'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/828395677334730424'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ses-souvenirs-parmi-tant-dautres-part-i.html' title='Ses souvenirs parmi tant d&apos;autres (part I)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1982815457550534137</id><published>2008-12-02T03:50:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T04:02:09.773-08:00</updated><title type='text'>La Myopie d'Amour (conte occidental)</title><content type='html'>*UN*&lt;br /&gt;C'était à l'heure du café, au cœur brûlé d'un mois de juillet. Je respirais, assis près d'un ami allemand dont les cheveux frisotaient des moutons sous les arbres. Les pieds nus dans nos sandales, nous buvions le soleil en terrasse, laissant le fond de l'eau tiédir dans nos verres comme les gens glissaient sur les trottoirs, se déplaçant d'un instant à l'autre. Sur la table de métal ronde, un rayon blanc éclaboussait des reflets aveuglants, et quelques gouttes noires échappées de nos tasses s'évaporaient près des papiers déchirés du sucre. Le tout, je m'en rappelle, offraient un joli décor à l'été. C'est alors qu'elle traversa le passage clouté. J'accrochais un regard à ses jambes. Un petit papillon y dormait, tatoué sur sa cheville. Aux contours d'un dessin, la rue s'étala comme la cire d'une bougie, un bonbon fondant sous la langue, les immeubles, les visages, les feuilles et la lumière ne furent plus qu'une seule chose, une seule histoire immédiatement absorbée en un point invisible et silencieux de mon ventre. Amour est une enfant. Une enfant à lunettes. Elle brise un morceau de verre, sort de chez sa mère, puis s'allonge dans le hangar d'un port. Amour est une petite fille noire, assise en tailleur, loin d'ici, dans un gigantesque cube, une planète, isolée dans la ville, minuscule comme une bille dans une boîte à chaussures. Ce mélange est pour toi, une seconde étrangère, du chocolat fondu dans le lait, une palette passée sous le jet de la douche. La bille emprunte sa sphère à la perfection des planètes, les planètes vont avec leurs volcans, leurs glaciers et leurs pierres sur autant de chemins inventés qu'une seule et petite vie d'Amour. A cet instant, de la même manière, le papillon, tes jambes et mon cerveau tournent dans un globe, au souvenir d'une comète, une étoile filante à l'heure du café, au cœur brûlé d'un mois de juillet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*DEUX*&lt;br /&gt;Verre brisé ? C'était il y longtemps, à ce qu'elle s'en rappelle, couchée au milieu des bougies. Ouvrir une porte, fermer une porte, et se trouver sur la place, devant chez sa mère, là où s'arrêtaient les bus pour laisser descendre les gens. Amour s'était amusée à marcher sur les trottoirs, sur le bord extrême des trottoirs, elle s'était amusée à poser ses pieds l'un devant l'autre, comme une fildefériste, avait tendu les bras en équerre, et de cette manière elle avait suivi lentement un chemin dans la ville, imaginant la rue comme un fleuve, et les voitures comme des crocodiles affamés. En s'en allant ce matin là, il y longtemps à ce qu'elle s'en rappelle, quittant la maison de sa mère, Amour savait qu'elle ne reviendrait pas, mais n'y avait pas vraiment pensé. Dans son souvenir, elle avait juste ouvert et refermé la porte, puis suivi sur le bord extrême des trottoirs les fils de laine fragiles, tendus au dessus du fleuve à crocodiles. A un carrefour, près d'un feu rouge, Amour avait baissé le nez, tourné la tête en lançant son regard par dessus ses lunettes, et contemplé le monde alentour dans le flou, pendant quelques secondes. Ses lunettes étaient les même qu'aujourd'hui, en plastique blanc, des lunettes très bon marché, un peu trop grande pour son nez, cadeau de l'hôpital où elle n'était plus retournée. Voilà qu'elle se souvient, allongée près des bougies. Elle avait contemplé le monde à un carrefour, le matin de son départ, elle l'avait contemplé de sa vision étrange. Comme l'air se dilate autour d'un feu, et déforme les arbres, la myopie d'Amour avait étalé les différentes parties de la ville où elle marchait, jusqu'à troubler les frontières entre les gens et les choses, les gens et les gens, les choses et les choses. Par exemple, lorsqu'un monsieur s'était approché de la vitrine pour regarder dedans, Amour n'avait pas su dire où s'arrêtait son manteau et où commençait le grand rectangle de verre. Et cette impression s'était peu à peu étendue à toute l'atmosphère, jusqu'à l'air même qui avait voulu pénétrer les panneaux de signalisation. Si on avait mis de l'eau sur les contours des corps, et tourné avec les doigts, on aurait pu peut être, cerner l'impression qu'avait eu Amour ce matin là, en quittant la maison de sa mère. Au bout d'un moment long de 23 secondes, Amour avait relevé la tête, et ses pupilles de nouveau s'étaient incrustées dans le cercle blanc des lunettes. L'univers s'était alors ramassé sur lui-même, les gens, les choses et l'air avaient ravalé leur limites pour redevenir nets, intacts, distincts les uns des autres. Le manteau du monsieur n'avait plus bavé sur la vitre, la vitre avait cessé de couler sur le manteau, et les lumières de faire des tâches. Chacun avait repris sa place récupéré sa forme ; tout était rentré dans l'ordre des choses. Après cette expérience, le chemin qui avait amené Amour n'avait plus été décidé par Amour, mais par ses pieds dans ses chaussures toutes rouges. Elle avait tourné chaque fois au dernier moment, à l'inspiration, aux couleurs du marché, aux parfums de la pâtisserie, au vol d'un pigeon, ou aux bruits parfois, ou à rien, juste un croisement, une ligne droite qu'elle avait poursuivie sans savoir pourquoi. Deux heures s'étaient ainsi écoulées avant qu'Amour ne s'arrête au terme de son voyage improbable, s'approche du 23ème hangar désert dans le port, considère la porte coulissante à moitié relevée, l'obscurité débordant sur le béton, et que quelque chose en elle lui murmure : &lt;br /&gt;"Je suis arrivé chez moi."&lt;br /&gt;Amour se redresse. Elle est assise en tailleur maintenant, planète minuscule, comme une bille dans une boîte à chaussures. Les lunettes posées sur ses cuisses, les yeux clos, elle caresse d'une main vague une des bougies échappée du sac. Verre brisé ? Cela fait un mois aujourd'hui. Amour déplace sa pensée, lâche ses souvenirs et regarde ses pieds dans le trouble de la myopie. Le hangar est un immense espace vide, éclairé par les tubes blancs de grands néons clignotants. Qu'il fasse jour ou nuit dans la ville, quand les néons sont éteints l'obscurité est immobile à l'intérieur. C'est un endroit si particulier, la nouvelle maison d'Amour, que les pas et les soupirs y résonnent. Amour s'y sent une princesse étrangère, une invitée laissée à l'abandon, et malgré tout chez elle, à sa place quoiqu'il arrive, dans le cube, le monde, ailleurs et plus loin encore, vers la lune, ses rêves l'étirent dans l'ombre jusqu'au 23 coins de la galaxie. La peau d'Amour ressemble au charbon de bois. Pourtant sa robe est blanche et son dos n'y déteint pas. Cette robe habille Amour depuis toujours. Lorsqu'elle était encore plus enfant, la dentelle lui frottait les chevilles. A présent, à peine s'est-elle usée sur les bords, et les années d'Amour l'ayant poussée, le tissu ne dépasse plus ses genoux noirs. Les bougies sont le jeu qu'Amour préfère. Elle les déballe lentement du sac. Comme d'autres avec les cubes, les cartes ou les voitures, elle les déplace, les organise et les emboite au gré des humeurs enfantines. Chaque soir, avant de dormir, Amour dessine un chat, un cœur, un triangle ou un cercle, des formes qui n'ont pas d'autre sens qu'elles-même, et le calme qu'elle procure à ses nuits solitaires. Ce soir, c'est la jambe d'une jeune fille qu'elle invente, allume, et contemple en bâillant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*TROIS*&lt;br /&gt;Habituellement, Amour va dans la rue pour trouver à manger, à boire, et des bougies. Elle joue encore de temps en temps au jeu des crocodiles, marchant en équilibre sur le bord extrême des trottoirs. Dans la ville, le ciel suit toujours plus ou moins les saisons, matins soleils et soirs de pluie, et Amour y répète une route qui n'est jamais vraiment la même. Ce chemin qu'elle déroule trois ou quatre fois par semaine ne change que par la couleur du jour. Les directions sont identiques : cent mètres tout droit, deux cent mètres à gauche, cinquante à droite etc. Par contre les gens se transforment, ceux qui étaient là disparaissent, d'autres surviennent, habillés d'autres vêtements, d'autres figures. Seuls les propriétaires paraissent définitivement cloués à leur place. En passant, Amour leur adresse toujours un petit bonjour de la tête. Les propriétaires habitent sur des cartons, en famille, ou solitaires, comme l'homme ratatiné qui dort au premier croisement. Lorsqu'elle sort de chez elle, Amour se sent gêné de pénétrer le territoire des propriétaires, craignant de les déranger dans leur lit, dans leurs histoires fragiles, Amour se dit qu'elle n'aimerait pas que quelqu'un plante un feu rouge, ou un magasin de chaussures dans son hangar. Elle se demande souvent pourquoi les autres gens de la ville, ceux qui se transforment sans cesse, continuent leur marche comme si de rien n'était, le regard si fixement tendu vers un destination. Pourquoi traversent-ils la vie comme des piétons, les pieds à plat dans celle des propriétaire, sans même leur demander pardon. Amour désire montrer qu'elle est consciente du dérangement, alors elle leur adresse toujours une marque de politesse, un bonjour de la tête qu'ils lui renvoient parfois. Qu'elle parte les mains vides, ou qu'elle revienne la robe gonflée de bougies volées et d'oranges, Amour continue de regarder alentour, dedans et derrière ses lunettes, avec ou sans la myopie. A l'aller, telle fenêtre, tel égout est à gauche, et au retour à droite, les réverbères aussi s'inversent, tout comme le point de vue d'Amour, selon qu'elle tourne le dos au hangar, ou qu'elle lui tende son visage noir. De temps en temps, Amour pense le monde comme une pièce de monnaie, elle fait la toupie, très vite, et l'univers devient un cercle flou dans ses yeux, Amour a la tête qui tourne et le cœur affolé lorsqu'elle s'immobilise, les rues tanguent comme des bateaux, et c'est en titubant qu'elle rentre chez elle, la robe gonflée de bougies volées et d'oranges, ou qu'elle repart les mains vides, en direction du marché. Amour flâne à d'autres instants. Elle s'éloigne de son but et construit au hasard le plan de la ville dans sa cervelle. A force de déambuler, elle apprivoise des lieux et des espaces. Depuis quelques temps par exemple, elle prend des habitudes au Grand Jardin, elle sommeille sur les bancs, la bouche ouverte, regarde les coureurs, les vélos, et les chiens qui promènent des cheveux blancs. Amour lance des gravillons sur les cygnes, et effeuille, bien sûr, quelques marguerites. Certains soirs, c'est au mur de verre qu'elle s'évade. Elle se tient à distance de peur de le briser, une main devant les yeux pour ne pas être éblouie. Elle regarde alors le soleil qui se couche dans le miroir de la grande tour de 23 étages, et les voitures ne sont plus des crocodiles dans l'imagination d'Amour, mais des perles aux bracelets de l'immeuble illuminé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*QUATRE*&lt;br /&gt;Les 23 bougies sont étalées en vrac, comme un jeu de mikado sur le sol sombre du hangar. 11d'entre elles ont déjà été brûlées, parfois jusqu'à la moitié, et certaines sont couvertes de veines étranges. Les 12 autres sont neuves, serties d'un capuchon de cire, encore vierges de la flamme du briquet d'Amour. Elle s'approche, rampant sur ses genoux, elle saisit d'abord une bougie vierge, qu'elle relève, puis une brûlée, et ainsi de suite, une sur deux, Amour dispose les bougies sur le sol pour créer une ligne régulière entre les deux murs les plus éloignés. Ce projet demande du temps, de la patience, et met ainsi les nerfs d'Amour à l'épreuve. Elle doit calculer mentalement les espaces, afin que rien ne lui échappe et que la figure soit parfaite. Amour se contrôle, en respirant calmement, et ses mains noires obéissent à ses ordres, dociles, comme deux oiseaux dressés. Une fois la ligne terminée, Amour gratte avec son pouce la petite pierre du briquet, et enflamme la première bougie vierge. Elle avance, passe sans s'arrêter devant la deuxième, allume la troisième, saute la quatrième, allume la cinquième et ainsi de suite, une sur deux, Amour embrase les bougies vierges, lentement, jusqu'à la dernière de la ligne. Puis elle commence un sourire, se recule un peu et regarde son œuvre. Les flammes étincelantes divaguent en traçant des fantômes sur les veines de cire des bougies consumées, et les mèches noires, abandonnées, piquent des douleurs dans le cerveau d'Amour, des désirs de chaleur, des prières. Alors elle s'agenouille, approche sa flamme et répare l'injustice. Le briquet craque, Amour remplit les espaces d'ombres jusqu'à brûler une dentelle de points jaunes, une danse espagnole au silence du hangar, sensible au moindre soupir de l'air. Amour s'allonge à même le sol. Elle replie ses lunettes, les pose près de son oreille, s'écoute respirer. Les yeux ouverts, puis fermés, comme la porte de sa maison, Amour se transporte quelques années en arrière, jusqu'au premier verre brisé. Cette première fois était juste avant la myopie, Amour voyait encore dans la réalité. Au cœur brûlé d'un mois de Juillet, elle avait traversé le passage clouté, passant près d'une table en métal ronde, sa petite main serrée dans celle de sa mère. Sous l'effet du soleil, la table s'était soudainement mise à briller, tellement fort que le regard d'Amour en avait été blanchi, noyé, comme lavé dans la lumière. Son coude avait alors tapé dans un verre, de l'eau avait giclé sur ses joues, et l'objet, après une chute silencieuse s'était disloqué sur le trottoirs en millions d'éclats. Plus tard, sa mère l'avait emmené à l'hôpital où le docteur blanc lui avait construit ses lunettes. Ce soir, allongée près de la ligne des bougies, Amour ne lit pas ainsi son histoire. Seules quelques images se chevauchent. Dans sa fatigue, elle mélange les couleurs et les évènements, change de point de vue, ajoute ou retire un personnage, elle modèle la coiffure de sa mère, invente d'autre parfums et dépose des boutons gluants, comme des fleurs sur le front ridé du docteur. Amour se rappelle ensuite les autres verres brisés, les grands miroirs, les carreaux des fenêtres, jusqu'au dernier, dans la maison, le jour de son départ. Elle voyage d'un jour à l'autre, à un autre, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le sommeil s'empare de ses souvenirs pour tisser sans qu'elle s'en aperçoive la trame du premier songe de la nuit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*CINQ*&lt;br /&gt;Le lendemain de ce soir là, il ne reste que quelques croûtes de cire au 23 points de la ligne. Amour se rend au marché après s'être maquillée les lèvres et les ongles de vernis rouge. Arrivée près de l'étal des fruits et légumes, elle se rend minuscule, se faufile silencieusement entre les jambes des clients, et dérobe deux oranges qu'elle laisse glisser dans sa robe. Puis, discrète comme un chaton, Amour s'insinue sous la remorque. Coincée entre les pneus, elle déchire lentement la peau d'un fruit, dévore la chair juteuse en se léchant les lèvres. Amour s'essuie avec sa paume, renifle ses doigts, les suce, puis tend son bras comme un crochet par dessous l'étal, tâtonne, saisit une autre orange, la laisse tomber dans sa robe et avance à quatre pattes, de remorque en remorque, sans se faire remarquer. Amour évolue dans un labyrinthe de roues et de métal en jetant de temps à autre un œil vers les chaussures des gens. De cette manière Amour traverse le marché tout entier, jusqu'au vendeur de glaces. Cela fait longtemps qu'elle cherche une façon de goûter celle au caramel, et la bleue dont elle ignore le nom, mais les glaces sont des trésors bien trop protégés pour qu'elle puisse courir le risque. Elles sont enfermées dans des bacs en plastique, sous des couvercles, dans un congélateur transparent gardé par un chien noir. De plus, la remorque du glacier est bien trop haute, et le marchand bien trop gras pour tenter la confrontation. Alors Amour se résigne, l'eau à la bouche, elle s'allonge sur le ventre, et pendant quelques minutes, elle rêve, elle invente des machines à se rendre invisible, des aspirateurs à glaces conçus spécialement pour elle par les savants qui construisent les navettes spatiales, des plans de diversions exécutés par des dresseurs de chien noir professionnels. Amour, de là où elle fabule, a vue sur la rue d'en face, et malgré les mouvements des mollets et des pantalons, elle s'aperçoit qu'un nouveau propriétaire s'est installé sur le trottoir, à côté du grand clown en plastique jaune. Amour ouvre grand ses prunelles, et contemple le petit garçon en soupirant. Elle remarque son beau costume bleu, et sa main gauche qui ondule étrangement ; deux lumières semblent flotter dans l'air sous ses doigts écartés vers le ciel. La chance arrache Amour à sa contemplation : une boule rose s'effondre mollement aux pieds d'une paire de chaussures vernies. Amour entend le cri d'un enfant qui pleure vers sa mère, puis le claquement d'une gifle. Sans réfléchir, elle tend le bras et ramène la chose sucrée vers sa cachette. Le chien aboie, le cœur d'Amour se soulève, et la voix du gros marchand rugit. Un paquet de jambes s'attroupent, une énorme tête moustachue apparait dans le trou, grimaçante de colère, un bras velu cherche à l'attraper, mais Amour est déjà en train de s'enfuir, le corps plié en deux, elle court dans le dédale de remorques, se cogne plusieurs fois la tête, mais sans se retourner, ni ralentir, elle avale goulûment ce qui reste du trésor : une pâte froide au goût de fraise, collante et déjà presque liquide, dans laquelle s'emmêlent quelques graviers du trottoir. Amour se repose, vole encore de l'eau, quatre bougies, puis se rend au Grand Jardin. Elle grimpe sur une balançoire, s'amuse, puis s'allonge sur un banc pour regarder passer les gens en survêtements. Ils font des tours et des tours, comme les chevaux du manège, renouvellent sans cesse leur propres empreintes dans la terre, le front et les aisselles de plus en plus mouillés, le souffle de plus en plus court, les yeux de plus en plus vides. Un papillon se pose sur la cheville d'Amour, bat trois fois des ailes et s'envole. Un coup de foudre déchire le ciel. Amour se lève et avance sous la pluie qui commence, sans se presser. Les cygnes ont l'air méchant, les canards ont l'air bête et les fleurs sont jolies, sanglotantes de gouttes. Ainsi s'écoule l'après midi du lendemain de ce soir là, jusqu'à la tombée de la nuit. Les nuages s'évaporent. Avant de se coucher, le soleil devient rouge comme le sang d'un coquelicot. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* SIX *&lt;br /&gt;De cette façon et autrement, les jours défilent comme Amour cligne des paupières. Les jeux, les vols et les escapades se poursuivent, dans un cercle de jours et de nuits. Amour se maquille parfois les lèvres et les ongles. Elle s'en va au marché et se cache sous le camion de glaces pour observer le petit propriétaire, si joli derrière le verre de ses lunettes. Le garçon en costume bleu est toujours à la même place, comme vissé sur la terre, et sa petite main s'agite sous des lumières incompréhensibles. A cette distance, Amour ne peut apercevoir son visage, mais cela ne lui cause pas de peine ; elle lui prête des traits imaginaires, par petites touches, comme un peintre caresse une toile inachevée. Les soirées s'accumulent également, Amour divisant les heures au gré de ses humeurs. Elle oscille au rythme d'un désir, entre les bougies et le grand miroir de la tour. Les petites danseuses de flamme et l'immense soleil dédoublé se relaient alors pour l'accompagner au lit, sur le béton du hangar. Une fois couchée sur dos, s'endormir est toute une histoire. Amour cherche à sentir la traversée du sommeil mais l'instant lui échappe constamment, comme l'eau glisse entre les doigt. Blottie dans sa robe, elle répète sans cesse le même manège, elle se tourne dans le noir, ferme les yeux et se concentre pour saisir le passage d'une rive à l'autre. Mais chaque soir, malgré ses efforts, Amour plonge sans s'en rendre compte, un rêve déborde ses pensées, et l'entraîne vers un autre monde sans qu'elle puisse en comprendre la frontière, inconsciente et épuisée. Le temps s'échappe alors des pensées d'Amour, comme le soupir d'un mort. Avant cela, les images qui précèdent le sommeil d'Amour se divisent en deux groupes, celles qu'elle appelle, celles qu'elle subit. Les premières sont douces comme du lait, des plages de sable chaud, des bonbons de miel, ou les mains de sa mère, des princes charmants qui la sauvent d'un lac rempli de crocodiles, et parfois, telle une pierre sertie sur une bague, le visage inventé du petit garçon, dont le sourire scintille près d'une étoile bleue. Les secondes font des serpents dans la nuit, froides et mouillées, elles rampent jusqu'à sa tête, s'installent, et campent des odeurs désagréables, des démons, des cadavres et des ronces, des verres brisés coupant ses veines et des bras velus arrachant ses cheveux par paquet. Naïve et enfantine, Amour croit que les premières pensées l'emmènent vers des songes magnifiques, et les secondes vers des cauchemars angoissants. &lt;br /&gt;* SEPT *&lt;br /&gt;Les iris d'Amour tremblent dans leurs lunettes. Elle est tout près de lui. Elle a traversé la rue et s'est accroupie derrière le clown en plastique. L'espace entre eux s'est réduit, comme un papier rongé par le feu, mais le visage du petit propriétaire lui échappe. Il lui tourne encore la tête. A cette distance pourtant, le mystère d'un geste se dévoile dans la main du garçon. Amour découvre pour la première fois les deux petites sphères en argent. Elles tournent sans s'effleurer, dans une caresse infinie, un mouvement perpétuel sur la paume tendue vers le ciel. Les sphères sont identiques, comme deux miroirs en boule, elles semblent se poursuivre et se fuir en même temps, maintenues à distance par un mouvement circulaire imperceptible au regard d'Amour. Une étrange mélodie s'en échappe, presque métallique, deux notes constamment répétées, comme le chant d'une clochette dans une boucle d'oreille. Amour essaie de comprendre qui du garçon ou des sphères imprime cette rotation à l'autre, comme elle rêve un peu, elle finit par croire que les boules sont immobiles, et que l'univers tourne autour, s'enroulant dans une pelote de laine au rythme de la mélodie, Amour se sent elle même enchaînée dans la danse, un point minuscule, une tête d'épingle reliée à cet axe par des forces surnaturelles. Une fée peut être. Un génie ou un Dieu. Contemplative, hors du temps, Amour déroule ainsi une heure de songe étrange, passant des sphères au garçon et du garçon aux sphères, oubliant les bougies, les oranges, et les verres brisés. Puis quelqu'un la bouscule, une femme avec un chignon lourd sur le crâne lui donne un coup de sac, Amour crie, et le garçon tourne la tête dans sa direction. Lorsqu'elle le voit de face, une panique étrangle la gorge d'Amour, une terreur imprévue qui lui retourne le ventre et la pousse à s'enfuir au milieu des voitures : Au cœur du monde limpide, dans les carreaux des lunettes, le visage du petit propriétaire est étalé dans l'air, flou, indistinct; comme une peinture passée sous le jet d'une douche froide. Dans une cabine téléphonique, Amour reprend son souffle, s'essuie le nez avec le bas de sa robe, puis son cœur éclate en sanglots. Le soleil tape sur les vitres, saturant de chaleur l'espace minuscule ; Amour tire sur sa robe, et regarde ses mains sous un rideau de larmes embuées. En reniflant, elle retire ses lunettes, souffle sur les verres et les frotte avec le tissu blanc, puis elle se recroqueville sous le plateau en métal, près des annuaires, et niche son visage entre ses genoux noirs, légèrement croûtés. Sur les vitres de la cabine, la condensation accumulée dépose une fine couche de brouillard mouillé. Amour ne voit plus rien et ne veut plus rien voir. Elle force comme elle peut son cerveau, pour le persuader d'un mensonge, d'une illusion d'optique : tes propres yeux t'ont trompé. A force de volonté, Amour parvient à se convaincre, et finit par créer quelque part dans son esprit une image mentale parfaitement définie, un masque, une sculpture inventée, plus tangible encore que la réalité. Elle trace un contour, puis le remplit de songes, modèle une bouche, un nez, un regard et des yeux, répartit des couleurs et des ombres, comme avec un pinceau, Amour soigne le sien, jusqu'au plus petit détail. Amour le trouve à présent si beau, éblouissant, qu'elle finit par sourire. Elle berce son mensonge pendant quelques minutes, repense à sa frayeur et lui trouve une explication : comme ce jour là, au cœur brûlé d'un mois de juillet, le soleil sur la table lui avait éclaté les yeux. Lorsqu'elle rouvre la porte, Amour est calme. Ses joues salées se rafraichissent sous les courant de l'air, et le vent fait une vague à son front, soulevant ses cheveux et séchant sa sueur. Amour sort de la cabine dont toutes les vitres explosent, et avance sur le trottoir, tendre comme de la Barbe à papa. Euphorique, presque inconsciente, Amour s'enfonce dans une rue, et son estomac la guide comme une aveugle vers le marché. Répétant une habitude, Amour se faufile distraitement sous le regard de la marchande de pommes, puis tente de subtiliser un fruit défendu. Des coups de pieds baladent le corps d'Amour, aussi lourd un sac de charbon. Ils sont cinq ou six adultes à frapper en même temps. Amour reçoit une averse de coups, d'insulte et de crachats, mais tellement à la fois qu'elle ne les distingue plus. Elle se chiffonne comme une boule, ses petits doigts agrippant en même temps ses lunettes et la pomme verte que la marchande tente de lui arracher. Lors d'une tentative, la petite femme déchire un ongle d'Amour, celui du pouce gauche. Comme un chien enragé, Amour bondit alors pour lui mordre la main, et lance ses jambe de toute sa force décuplée ; la marchande reçoit un genou dans le nez, hurle à son tour, pleure comme un bébé, et les autres gens s'arrêtent tout d'un coup, juste une seconde, comme tétanisés. Amour s'engouffre dans une brèche de corps, se relève la bouche en sang, et court aussi vite qu'un cheval au galop. Arrivée hors de portée des marchands, elle se tourne, le visage et les bras tuméfiés, et comme dans les films, elle dégoupille la pomme de ses crocs acérés et la lance dans leur direction, imaginant la terrible grenade qui les explose en milliers d'éclats humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* HUIT *&lt;br /&gt;Face à la tour, le visage d'Amour est baigné dans l'orange. Ses regards brillent dans l'immense reflet des vitres. Amour suce son pouce. Une petite brise emporte un vague parfum de feuilles mortes, sur des odeurs d'essence. Pendant qu'Amour contemple le reflet du disque incandescent, le goût du sang excite ses papilles. Son ongle n'avait jamais été aussi rouge avec le vernis. Maintenant qu'il traîne quelque part sur la place du marché, la couleur semble être une rivière débordant de son lit. Elle étale ses filets tièdes sur la peau, puis s'écaille et se solidifie, comme les veines de cires sur le corps des bougies. Amour patiente pour la fin du soleil, le commencement d'une fausse nuit de réverbères, puis reprend calmement le chemin du hangar. Longeant les phares allumés, elle ne joue ni au jeu des crocodile, ni à la myopie ; elle se contente d'avancer sur ses jambes, en léchant sa blessure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* NEUF *&lt;br /&gt;Couchées sur le sol, les pensées d'Amour s'évaporent, elles flottent à la surface d'un trou inexpliqué. Amour ne sait plus si le doute la transporte, ou si c'est l'inverse, tant et si bien que le doute devient le doute, infiniment, comme un serpent se mord la queue. Amour ne choisit pas les mots qui remplissent cette sensation ; elle a l'impression au contraire que quelqu'un d'autre déplie des phrases dans sa tête, des monologues sans raison qui se finissent tous en point d'interrogation. Dans la durée qui l'entoure, au moindre instant qui passe, aux frémissements des bougies, Amour ressent la répétition des évènements, le cycle interminable des heures, et sa propre transformation, invisible, à l'intérieur d'une page raturé. Aucune des ces choses n'a de nom, ni de sens, ni de direction claire, tout se mélange et rien ne s'explique vraiment. Amour est un vase sans fond : elle soupire sans jamais se vider, elle inspire sans pouvoir se remplir. Les nerfs à fleur de peau, elle se retourne de nombreuses fois, en tirant sur le bas de sa petite robe blanche, incapable de dire si son corps a grandi, ou si le tissus a été rongé par le temps, comme un croûton de pain aux gencives d'un bébé. Amour se demande si les idées qui lui viennent ont été vécues, ou écrites par d'autres, si ses douleurs sont réelles, ou métaphoriques, si elle n'a pas tout inventé depuis le premier jour, ou si sa vie n'est qu'une fiction, un conte composé depuis avant sa naissance, par un Dieu qu'elle ignore et dont elle porte le nom. Amour cherche ainsi la clé de sa serrure, sa raison d'être à cet instant précis. Elle creuse dans des souvenirs où elle n'a plus de place, dans des éclats de verre, des parcours et des détails qui n'en sont pas. Elle a le sentiment d'être une seule, toute entière morcelée, et de n'y pouvoir rien ; elle se voit passer par un endroit qui la traverse, comme une épée transperce les deux faces d'une médaille, obligée d'y sentir quelque chose, maintenant, de creuser un sillon, un dessin dans les sables mouvants. La douleur dans son pouce lui répète une danse, lancinante, et lui rappelle sans cesse la scène de l'après midi. Amour a peur d'avoir mal et a mal également de cette peur, elle en frissonne, croit recevoir d'autres coups de pied, sursaute et se tortille comme un poisson étouffant hors de l'eau. Voilà comme tout se mélange, sans raison et sans but, sans explication, dans le hangar où ses pensées ne se reconnaissent pas. Ses lunettes se couvrent de buée, et son ventre, au bout de son cerveau, s'amuse à jongler avec des nœuds, des mouchoirs et des épingles. Les heures avancent, le temps s'écroule, la fatigue ouvre une brèche. Amour commence à s'y détendre, imperceptiblement, à démêler ses fils ; elle calme l'air dans ses bronches, et enclenche mentalement un cinéma muet. Le petit garçon lui sourit alors, magnifique, il lui dévoile ses dents, et Amour s'approche, se colle contre ses lèvres, et contemple leur deux figures enlacées, légèrement déformées par le reflet des sphères métalliques. Le baiser dure longtemps, une éternité, et lorsque le sommeil l'agrippe, évidemment, Amour manque un passage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* DIX *&lt;br /&gt;Amour se penche près de la rose en acier, ses petits doigts trifouillent sous les épines, et découvrent une clé mécanique, semblable à celles qui ornent les boîtes à musique. Elle remonte la rose comme un vieux jouet. Les pétales cliquettent, s'écartent lentement sur une bouche. Elle se réveille, et pendant quelques secondes, garde ses yeux fermés, imaginant les murs de sa chambre d'enfant. Puis elle s'étire comme un chaton, bâille une fois très longtemps et se gratte un recoin de peau. Appuyée sur ses coudes, elle tente un regard. Dans la myopie, le plafond n'est qu'une couleur ondulante, un drôle de lac étalé sur du gris, et comme chaque matin, la main d'Amour tâtonne vers ses lunettes. Pendant la nuit, sa robe s'est couverte de points rouges. Des petites tâches de sang. Amour se lève de bonne humeur. Elle regarde son pouce, puis le soigne à sa manière, avec un filet de salive. Son estomac fait alors un gargouillis de vide. En traversant la porte, Amour hésite, car la route habituelle ne lui tend plus les bras. Le marché, les étals et le petit propriétaire sont tous coincés dans une peur : elle sait que les marchands reconnaîtront son visage. Elle se mord un peu les lèvres, à la recherche d'une solution, et sur sa tête s'accumule un joli paquet de nuages. Elle perçoit alors un mouvement dans l'air, un déplacement rapide, puis elle voit un bras de l'autre côté du trottoir. Un vieux propriétaire lui fait signe d'approcher. Amour ponctue son histoire de gros soupirs, assise près du pépé qui sourit comme un papier froissé. "Ils t'ont posé leur sale œil dessus, alors faut te faire oublier, faut taper plus haut, plus grand que ça, là, tu vas sur la place, et tu prends le bus, et tu t'envoles direct à la grande surface, y'en a des merveilles là-bas, c'est la caverne d'Ali Baba si tu te fais pas bouffer par les caméras." Attentive, Amour essuie ses lunettes d'un air sérieux, puis demande où trouver de l'eau pour laver sa robe, et rincer sa plaie. Le vieux propriétaire lui montre un point du doigt, du côté d'où elle vient. Elle évolue maintenant sous des nuages gonflés, près des bassins, pour la première fois elle longe les quais silencieux, découvrant un œil curieux vers les bateaux amarrés, les grosses cordes grinçantes, et les montagnes de charbons torturées par les grues. Amour pénètre un port qu'elle ignorait et qui n'avait peut être jamais cessé de l'attendre, un port qui s'étendait dans son dos, derrière le mur du hangar, depuis le premier jour. La pluie écrase quelques gouttes sur les petites vagues des bassins, traçant encore des cercles dans des ronds. Amour finit par trouver le robinet. Elle s'agenouille, pose ses lunettes sur une grille rouillées et avale quelques grosses gorgées, puis elle retire sa robe et la frotte entre ses doigts. Amour soigne son pouce, dégage les petits cailloux englués en serrant fort les dents. Le tempo des gouttes s'accélère, jusqu'à rythmer l'averse ; Amour se redresse, tend son menton noir et s'y douche un instant. Revenue au hangar, Amour frissonne un peu dans sa robe trempée. Elle fouille au fond du sac pour attraper une bougie, et s'aperçoit qu'il n'en reste plus qu'une. Elle s'arrête soudainement, perplexe, comme en suspension. La voilà qui court dans la rue, à toute vitesse, comme une petite fusée. Elle claque des talons dans les flaques, l'esprit tout occupé par son effort. Elle trace un chemin en arrière, à toute allure, elle remonte vers la place, là où partent les bus, là où habite sa mère. Essoufflée, elle contemple la façade de la maison. Les carreaux sont tous neufs et tous brillants. Amour se rappelle : le jour de son départ, il n'en restait plus aucun, que des fragments, des éclats tranchants comme des dents aux fenêtres. Amour pense que quelqu"un est venu pour réparer ses bêtises, et elle imagine sa mère dans la chambre, un téléphone à l'oreille, en train d'appeler ce quelqu'un. Amour s'essuie le front, fait un pas vers la porte, hésite à tourner la poignée. Le bus démarre en direction de la grande surface. Amour jette un dernier regard. Elle aperçoit une ombre, un profil féminin, derrière le rideau blanc de sa chambre d'enfant. La tête en l'air dans des forêts de bouteilles multicolores, de chaussettes joyeuses, de boîtes de conserve, de pains, de beurres, de confitures, tout brille et tout est propre, les rayons vont si haut qu'ils touchent le ciel au plafond, les gens se tamponnent comme des poupées en carton sous les dizaines de caméras. Amour reprend son sang froid au milieu des congélateurs. Elle sait qu'elle ne pourra rien voler aujourd'hui. Ce monde est encore bien trop sauvage. Elle regarde autour d'elle, cherche la première caméra, puis essaie de repérer les caissières dans l'espace, afin de tracer un début de carte dans son esprit, et ainsi, sans s'en rendre compte, Amour avance à petit pas, parfaitement absorbé par sa réflexion, élargissant peu à peu son territoire, jusqu'à le tenir tout entier en mémoire. Amour travaille près de quatre heures, traçant des lignes concentriques, notant dès qu'elle le peut les espaces privilégiés, les endroits où elle pourrait se dérober. Invisible dans la foule, Amour trouve ses marques, et jubile chaque minute un peu plus, finissant même par se sentir à l'aise ; elle s'attarde à côté des jouets et rêve devant les sachets de bonbons. Dans les hauts-parleurs, des voix désagréables se succèdent, ressassant sans cesse les même phrases d'un même ton glacial et enjoué. Amour se lasse finalement, et avant de sortit, elle adresse un sourire à une dame qu'elle trouve jolie, un papillon tatoué à la cheville. Il pleut encore un peu, gentiment. Amour attend son bus, engourdie par la fatigue et la faim. A côté d'elle, une fille caresse la tête d'une autre, puis l'embrasse, et Amour joue de la myopie sur leurs lèvres et leurs langues, parfois distinctes et parfois mélangées. Le ronflement du moteur interrompt le charme, les filles stoppent brusquement leur baiser, et Amour prend l'air de rien en montant dans l'engin. Elle s'installe au centre, les mains à bonne distance des carreaux, puis le voyage se déroule, des gens montent et d'autres descendent ; les deux filles se tiennent droite, chacune sur leur siège, comme des étrangères. Sur la place encore une fois, il fait nuit, Amour pousse la porte et entre dans la maison. Elle monte par l'escalier, regarde sa mère endormie sur le lit, puis se rend dans sa chambre, sans faire un bruit. Amour est toute seule, debout au centre d'une pièce vide. Elle ne trouve plus ni poupée, ni coffre, ni livres d'images. La pièce a été dépouillée de tout ses souvenirs d'enfance. Une petite fille repart à pied, sous un crachin nocturne. Derrière elle, la façade d'une maison semble l'observer. Un rideau blanc gigote dans le trou d'un carreau brisé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* ONZE *&lt;br /&gt;L'orage martèle le toit du hangar comme un concert de mitraillettes. Amour fouille dans le sac pour en sortir la dernière bougie, puis rampe sur le béton et appuie son dos contre un mur. Une fois bien installée, elle s'amuse à faire craquer la pierre du briquet, créant ainsi un petit feu d'étincelles. Des morceaux de visage clignotent alors dans le noir. Amour commence un jeu. Elle s'agenouille, repère le milieu exact de la bougie et gratte un trait dans la cire. Elle allume le briquet pour y voir un peu mieux, et de son autre main, elle relève la bougie et la cale droite contre le mur. Elle s'approche alors tout près, repère le trait qu'elle a gravé et pointe un doigt sur le béton pour repérer l'endroit correspondant. Amour est assise en tailleur, une main collés au mur, l'autre chauffant une flamme. Elle a coincé la tête de la bougie entre ses chevilles. Elle maintient le feu allumée sur la base renversée, jusqu'à ce qu'un petit lac de cire s'y tienne en équilibre, puis elle arrache la bougie, l'approche de l'endroit qu'elle pointe, et la plante comme un couteau sur le mur, en retirant son doigt au dernier moment. Comme dans un tour de magie, la bougie tient toute seule, à l'horizontale, et la figure d'Amour se fend d'un beau sourire. Attiré par le sol, la cire se consume deux fois plus vite, fondant en larmes lourdes, des perles qui se solidifient avant de lâcher prise, qui se raccrochent les unes aux autres, désespérément, jusqu'à se transformer en une seule et même corde blanche, un long stalactite torturé. Amour est au spectacle, les yeux ébouriffés. Elle fixe les mouvements de la sculpture pendante, goutte après goutte, elle essaie de prévoir chaque naissance, d'anticiper chaque parcours, espérant par dessus tout pouvoir fixer l'instant, le passage, la seconde où la chaleur disparaît pour figer définitivement une larme sur le fil ondulant. A la fin d'un temps sans aiguille, le stalactite caresse le béton, puis y colle sa langue chaude. La bougie est à moitié consumée. Un carré presque parfait apparaît maintenant, dont les quatre côtés sont le mur, le sol, et les deux corps de cire, divisés à l'unique flamme qu'Amour détruit d'un souffle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* DOUZE *&lt;br /&gt;Elle se réveille comme elle s'est endormie : le ventre vide et l'esprit serein. Pendant la nuit, l'orage a glissé une flaque d'eau sous la porte du hangar. Amour a les yeux chiffonnés, elle se les frotte avec les poings, puis attrape ses lunettes et les nettoie dans sa robe pour en retirer les traces de doigts. Son ongle arraché ne saigne plus, mais la chair reste à vif ; elle peut la sentir palpiter au bout de son pouce, comme un petit cœur qui bat. Amour a faim. Elle écoute son ventre gémir sous sa peau, imagine une serpillère détrempée que deux grosses mains essorent, et une grimace déforme son joli visage. 23 minutes plus tard, Amour se déplace encore parmi les rayons éclatants de la grande surface, au milieu des charriots et des gens, minuscule comme une bille dans un coffre à jouets, elle évolue sous la lueur blafarde des rails de néons blancs. Amour commence par attraper un cartable dont elle déchire l'étiquette à l'abri des caméras. Puis elle met en pratique la technique qu'elle a imaginé la veille : profiter de la hauteur des gens pour disparaître et subtiliser ce dont elle a besoin. D'une main discrète, Amour fait glisser les objets dans le trou du cartable, et se compose ainsi un trésor invisible : vingt bougies, trois oranges, des biscottes, un fromage rond, deux tranches de jambons roses sous plastique, une boîte de pansements et un énorme sachets de crocodiles sucrés. Pendant l'opération, ses pulsations cardiaques s'accélèrent, mais Amour contrôle ses émotions entre les rideaux de corps agités, forçant sur son visage l'expression tranquille et insoupçonnable d'un sourire angélique de petite fille modèle. Près d'une caisse, Amour repère une dame, une maman noire avec un bébé dans une poussette. Elle s'approche alors, et se tient à bonne distance, son petit cartable sur le dos, assez loin pour que la maman ne la remarque pas, et assez près pour paraître de la famille. Le stratagème marche à merveille, et Amour franchit les barrages comme une gentille écolière. La dame se retourne une fois, et lui lance un regard indifférent. Elle est bien trop débordée par ses courses, son argent et son bébé pour tenter de percer le mystère. Au milieu des voitures, l'odeur d'essence accentue sa nausée. Les gens chargent leur coffre avec des tas de sacs plastiques. En passant, Amour entend un couple qui se crie dessus. Un peu plus loin, elle se pose sous le porche d'un petit immeuble, dévore trois biscottes au fromage, une orange et quatre crocodiles. Elle sent ses forces revenir, et sourit de fierté, soulagée d'avoir réussi sa première expédition à la grande surface. Avec la langue maintenant, elle se nettoie les dents, aspire les miettes collées sur ses gencives, et rêve encore un peu, sous un soleil timide. Le visage du petit garçon est doux comme une berceuse, Amour se balance lentement d'avant en arrière, au rythme des sphères argentées. Avant de partir, elle s'étire, déchire un pansement, puis entoure sa blessure en frissonnant un peu au contact désagréable de la chair. Accroupie sur ses talons, les pieds à plat sur le carton, Amour fixe le pépé ratatiné avec un sourire de magicienne. Un à un, elle débloque les fermoirs dorés du cartable, puis l'ouvre lentement, avec inspiration, comme un livre ancien renfermant des formules secrètes. Amour fait valser sa main dans l'air, petit oiseau de charbon, et son pouce réparé ressemble à une poupée volante. Puis elle plonge son bras dans le trou de cuir, et remue en riant, comme dans une marmite infernale. Les yeux du vieux propriétaire s'embrasent, et sa bouche se fend d'un pauvre sourire édenté et luisant de salive. Amour murmure : "C'est un cadeau." Sur ses paumes tendues, les tranches de jambons brillent comme des étoiles roses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* TREIZE *&lt;br /&gt;Le pépé dévore la viande, puis s'essuie avec la manche de sa chemise trouée. Amour lui raconte son expédition à la grande surface en agitant les mains. Le vieil homme rigole, et hoche la tête d'un air impressionné. L'après midi se passe, plus ou moins silencieuse. Le propriétaire lui explique qu'avant il travaillait sur le port, qu'il soudait des plaques de métal sur les coques des bateaux avec un pistolet qui crache du feu. Amour hésite, puis se décide à lui confier son secret :&lt;br /&gt;"Moi aussi, j'ai un pouvoir magique."&lt;br /&gt;Le pépé ricane.&lt;br /&gt;"Je sais, petite, je t'ai vue faire apparaître le jambon"&lt;br /&gt;"Non non, pas ça, c'est autre chose".&lt;br /&gt;Le vieil homme la fixe alors dans les yeux, et chuchote d'une voix cassée :&lt;br /&gt;"C'est quoi alors ?"&lt;br /&gt;Amour lui montre ses mains.&lt;br /&gt;"Je peux briser le verre." &lt;br /&gt;* QUATORZE *&lt;br /&gt;Au bout de 23 pansements, la blessure s'est transformé en croûte, puis la croûte en ongle, et Amour sourit en soufflant sur le rouge. Dans le hangar, elle gigote des doigts pour sécher le vernis, tourne comme une toupie et imite l'étrange mouvement du petit propriétaire, la paume tendue vers le ciel. Assise en tailleur, minuscule comme une perle dans une boîte à bijoux, Amour prépare un nouveau voyage vers la grande surface. En quelques jours, elle est devenue spécialiste du vol à l'étalage, multipliant les tactiques et oubliant les risques. Elle ramène des dizaines de bougies, mais ne les allume plus avant de s'endormir. Elle se contente de les aligner contre le mur du fond, en attendant de pouvoir réaliser son projet. Le marché, les remorques et le vendeur de glaces ne sont plus que des ombres, des fantômes dans les pensées d'Amour ; leurs souvenirs s'effacent inexorablement, comme des flocons de neige. Lorsqu'elle fouille sa mémoire, elle peine à revoir les visages, à recoller les morceaux de moustaches sur les bouts de menton, elle mélange des pinceaux dans un puzzle désarticulé. Amour ne s'interroge ni sur la raison de ce trouble, ni sur la clarté du petit garçon, toujours aussi limpide et reconnaissable chaque fois qu'il vient consoler son imagination. Le gentil pépé accepte les cadeaux qu'Amour lui ramène, en ricanant de ces gencives molles. Ils vont parfois ensemble, comme deux copains, ils marchent près des bassins, et elle l'attend sans impatience lorsqu'il boîte. Il bavarde et elle l'écoute, il lui explique le fonctionnement des écluses, des sirènes et containers, avec une petite lumière dans les yeux. Certains soirs, c'est Amour qui l'emmène. Elle le tient par la main et le guide jusqu'à la grande tour. Silencieux dans le crépuscule, Amour et son ami contemplent le disque sanglant, l'air un peu perdu, absorbés, ils se prennent par la main et soupirent en même temps, chacun sur le fil d'une histoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* QUINZE *&lt;br /&gt;Amour se cache derrière un clown, tremble comme si elle avait froid, se frotte nerveusement les épaules et les cuisses, puis s'immobilise. La mélodie des sphères lui parvient, comme un cerf-volant au dessus d'une tempête ; elle ne chante pas très fort, mais ses notes papillonnent, s'immiscent entre les bruits de la ville, les voix, les voitures et les gens. A la manière des bulles de savon, ou des courants d'air, la musique se fraie un chemin vers les tympans d'Amour. Prostrée dans le dos du clown, elle cherche son courage dans un sac de nœuds. La peur qui la tenaille n'a rien de raisonnable, elle déborde au niveau du cœur, inondant tout sur son passage. La volonté et les désirs d'Amour se noient dans une rivière incontrôlable, et son esprit s'échappe sans cesse, tourbillonne et se brise comme une brindille jetée à l'eau. Elle n'aurait qu'à retrouver son corps, ordonner à ses muscles d'agir comme elle l'entend, calmer les colonnes d'oxygène qui paniquent dans sa gorge. Cela n'est pas si difficile, juste tourner la tête, le regarder, et peut être même s'approcher pour lui poser une question, Amour sait qu'elle peut le faire, que son corps en a les moyens, il suffit de se déplacer dans le temps et l'espace, d'ordonner des mouvements à ses jambes, des mots à sa bouche, et pourtant tout paraît gelé, pétrifié, Amour est toute entière engluée de timidité. Dans sa tête, elle se répète la scène, en boucle, elle imagine son début et sa fin, je me lève, je m'avance et je parle, mais rien n'y fait, ses muscles ne la suivent pas. Amour ferme les yeux et se bouche les oreilles. La mélodie des sphères s'étouffe. Elle compte, comme pour un plongeon, d'abord silencieusement, un, deux, trois, un, deux, trois, puis ses lèvres frissonnent sans qu'elle s'en aperçoive, et le murmure s'échappe, un, deux, trois, un, deux trois, encore et encore, un deux trois, Amour compte ainsi 23 fois, complètement tournée sur elle-même, et son ventre peu à peu se relâche, son courage se concentre, se renforce comme une boule de feu, jusqu'à lui brûler la langue, le sortilège se fissure, puis se brise aussi facilement d'un carreau. Amour arrache son menton de la peur et tourne enfin son visage vers le coin de la rue. Un gros homme en short gris lui bouche la vue. Elle aperçoit cependant la petite main du garçon tendue vers le ciel, et les sphères argentée qui se poursuivent sans jamais s'effleurer. Amour ne voit rien d'autre à présent que le mouvement circulaire, et les reflets du soleil sur le métal. Ses yeux s'attachent aux objets, comme hypnotisés. Elle se laisse entraîner dans le cercle, jusqu'à s'y égarer encore une fois, et oublier qu'elle est une seule, immobile sur le monde, et que le monde tourne en l'emmenant avec lui. Tout Amour se concentre, s'absorbe et se liquéfie dans la répétition du parcours, la monotonie décalée des clochettes. Peu à peu, elle s'extraie de son enveloppe, brise un cocon, bat trois fois des ailes et s'envole, puis plane avec les sphères, quelque part hors d'elle même. Ses frayeurs se retirent alors, comme l'eau à marée basse, son souffle se régule, son pouls se calme, et elle reprend le contrôle de ses muscles et de ses gestes. A quel moment le short gris disparait-il du paysage ? Amour tombe du haut de sa contemplation, et s'aperçoit que plus rien ne lui cache le petit garçon. Par chance, il tourne encore son visage vers la rue, ne dévoilant que ses cheveux courts et une partie de son cou au bord du col bleu. Amour résiste une seconde à la tentation de fuir derrière le clown, puis trouve une solution. Elle soupire un grand coup et retire ses lunettes. Ne percevant plus rien que le flou, elle se rassure à la manière des autruches : Si tout le monde est myope, personne ne peut se voir et chacun peut se regarder. Complètement rassurée, elle pousse alors un cri pour attirer l'attention du petit propriétaire, accrochant dans la foulée un sourire angélique à sa bouche. Lorsqu'elle le voit de face, une panique étrangle sa gorge, une terreur imprévue qui lui retourne le ventre et la pousse à s'enfuir au milieu des voitures : Au cœur d'un monde trouble, le visage du petit propriétaire est d'une clarté limpide, une copie exacte, parfaitement nette, de celui qu'elle avait inventé. Dans une cabine téléphonique, Amour reprend son souffle, s'essuie le nez avec le bas de sa robe, puis son cœur éclate en sanglots. Le soleil tape sur les vitres, saturant de chaleur l'espace minuscule ; Amour tire sur sa robe, et regarde ses mains sous un rideau de larmes embuées. En reniflant, elle retire ses lunettes, souffle sur les verres et les frotte avec le tissu blanc, puis elle se recroqueville sous le plateau en métal, près des annuaires, et niche son visage entre ses genoux noirs, légèrement croûtés. Sur les vitres de la cabine, la condensation accumulée dépose une fine couche de brouillard mouillé. Amour ne voit plus rien et ne veut plus rien voir. Elle force comme elle peut son cerveau, pour le persuader d'un mensonge, d'une illusion d'optique : tes propres yeux t'ont trompé, encore une fois. Après une marche triste dans le Grand Jardin, Amour retourne au hangar. Elle tourne en rond entre les murs, puis s'en va voir son ami. Elle s'assoit près de lui, sans dire un mot, et soupire des tornades. Le pépé rabougri ne lui demande rien, il lui caresse gentiment les cheveux, puis lui tend une madeleine. Amour ronge le gâteau, le regard presque vide, et tous deux restent ainsi silencieux jusqu'au début du soir. Lorsqu'elle se lève, sa colonne vertébrale craque comme un carton plié. Elle s'apprête à partir, mais le vieillard la retient par les doigts. Il l'attire lentement vers lui, puis la regarde avec un sourire de magicien. Du bout des ongles, le pépé retire un bouton de sa manche, puis la remonte le long de son bras, avec inspiration, comme un livre ancien renfermant des formules, des codes secrets et des cartes au trésor. Amour ouvre grand ses yeux, puis sa bouche, lorsqu'elle découvre le dessin de la jeune fille tatoué sur son poignet. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* SEIZE *&lt;br /&gt;"Tu as perdu ta maman ?"&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;Le Badge paraît immense, un géant sous la lumière blafarde des néons. Amour ne sait pas si elle a bien fait de répondre. Elle essuie nerveusement la sueur de ses paumes sur les lanières du cartable. "Elle est comment ta maman ?"&lt;br /&gt;"Euh... belle..."&lt;br /&gt;Le Badge ne sourit pas.&lt;br /&gt;"Allez viens avec moi, on va faire une annonce."&lt;br /&gt;Le Badge parle avec un Roger dans la petite boîte noire qui grésille dans sa main, puis il fait un signe de la tête à Amour, et part sur ses grandes jambes. Amour le suit à petits pas stressés, essayant de dissimuler sa peur derrière la panique légitime d'une enfant abandonnée. En passant près des caisses, elle croise le regard indifférent de la dame noire qui semble encore débordée par son bébé et ses courses. Amour hésite une seconde à lui sauter au cou, elle se dit que peut être, la maman jouerait le jeu et la prendrait sous son aile, mais le moment lui échappe, comme avant de dormir, elle laisse passer l'occasion et se retrouve soudain loin de la foule, dans un couloir inconnu, puis devant une porte en acier gardée par un autre Badge. Au fond de la petite pièce, un mur de télés observe les rayons de la grande surface. Amour comprend alors où vont les yeux ronds des caméras. Son cartable lui semble de plus en plus lourd, plein à craquer de bougies, les dernières dont elle avait besoin pour réaliser son projet. Elle tremble et prie n'importe comment pour ne pas avoir à l'ouvrir, ni à subir une autre grêle de coups de pied. Ses yeux s'agitent dans leur orbite à la recherches d'une sortie, d'un trou dans le mur par lequel elle pourrait s'échapper, mais ils ne trouvent rien d'autre que la porte, et l'autre Badge, debout sous ses grosses moustaches, sa boîte noire collée à l'oreille. Instinctivement, Amour caresse l'ongle de son pouce, et force ses lèvres à conserver leur sourire de pauvre petite fille modèle. Le Badge s'approche dangereusement, et lui demande d'une voix sans émotion : "Tu t'appelles comment ?"&lt;br /&gt;"Quoi ?"&lt;br /&gt;"Ton prénom, pour faire l'annonce, tu dois me dire ton prénom."&lt;br /&gt;"Fanette."&lt;br /&gt;"D'accord Fanette, on va appeler ta mère dans le micro, on va lui demander de venir ici, et comme ça tu pourras rentrer chez toi." Amour panique.&lt;br /&gt;"Et si elle est partie déjà, je peux m'en aller ?"&lt;br /&gt;"On va l'appeler dans le micro, on va lui demander de venir ici, et jamais elle ne vient pas, et bien on téléphonera à la police pour qu'ils te ramènent chez toi."&lt;br /&gt;Le Badge décroche le micro d'un mur, appuie sur un bouton, et Amour écoute sa voix se multiplier dans les hauts-parleurs. "La petite Fanette attend sa maman au bureau de la sécurité, je répète, la petite Fanette attend sa maman au bureau de la sécurité, merci" Sur les écrans, Amour remarque quelques personnes qui prêtent l'oreille, et d'autres qui continue inlassablement de remplir leur charriot. Le Badge lui adresse un sourire vague. 'C'est bon, tu peux t'assoir si tu veux" Amour se pose sur une chaise en plastique, serre son cartable contre son cœur affolé et réfléchit à toute vitesse. Ne trouvant pas la moindre issue à la situation, elle se résigne à jouer le jeu jusqu'au bout. Le Badge ne paraît pas méchant, du moins pour l'instant, mais elle ne se fait aucune illusion sur ce qui se passera s'il découvre les bougies. Le vieux propriétaire lui a dit que les gens de la grande surface étaient pires encore que ceux du marché, plus discrets et plus méchants, et qu'on la mettrait dans une cage, comme un canari, et qu'on la frapperait sûrement avant, pour lui apprendre la leçon. Sa salive disparait dans sa bouche. Au bout de dix longues minutes, le Badge renouvelle l'annonce, puis il se frotte le menton et la fixe d'un air soucieux. "Tu avais raison. Apparemment on t'a oublié ici, bon, alors on va appeler la police, elle va venir te chercher et tu pourras rentrer chez toi". Amour acquiesce au hasard, puis frissonne, regarde le téléphone d'un air suppliant, et bégaie. "C'est pas... pas la peine... monsieur, c'est pas la peine... parce que... je connais le chemin... vous avez... je peux..." Le fourgon roule. Les lumières de la ville tracent dans la vitre. Près d'Amour, les deux policiers ont l'air absent, presque fatigué. Le premier regarde ses pieds, et l'autre dans le vide. Derrière la grille, un troisième homme conduit sans dire un mot. Dans les virages, le cartable d'Amour cogne la paroi couverte de graffitis, et son dos reconnaît la forme des bougies. Le bruit du moteur prend de la place, et le temps s'étire infiniment, comme de la pâte à modeler. Amour pense à sa mère, puis la regarde dans les yeux lorsqu'elle ouvre la porte. Sans rien laisser paraître, la maman d'Amour entre dans le mensonge. Elle embrasse sa fille, invente une fausse excuse, répète 23 fois le mot "désolée", et encaisse sans sourciller les commentaires désagréables des policiers. Amour ne sait plus où se mettre, alors elle reste immobile dans un coin, la tête baissées sur ses chaussures et les mains loin des carreaux. Le silence gonfle Amour de honte, comme un soupir dans un ballon. Sa mère essuie le gobelet décoré de papillons, puis y verse de l'eau et le pose mollement sur la table. Elle tire une chaise, s'assoit en face d'Amour, et attend patiemment quelque chose. Amour avale une gorgée, puis marmonne.&lt;br /&gt;"Merci."&lt;br /&gt;Sa mère lui prend gentiment la main.&lt;br /&gt;'Fanette, je t'ai vue l'autre fois, dans le bus. Tu allais à la grande surface ?"&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;"Qu'est ce que tu vas faire là-bas ?"&lt;br /&gt;"Rien..."&lt;br /&gt;La maman lève ses yeux au ciel, souffle dans son poing puis murmure d'une voix tendre.&lt;br /&gt;"C'est toi qui a cassé le carreau de la chambre ? Tu es revenue ici ?&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;"Pendant que je dormais ?"&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;"Pourquoi ?"&lt;br /&gt;"Pour... casser le carreau de la chambre."&lt;br /&gt;Une larme perle aux paupières de la femme.&lt;br /&gt;"Fais moi un bisous avant de partir."&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;Amour prend son cartable, embrasse sa mère, rince le gobelet dans l'évier, ouvre la porte, la referme, et refait le chemin dans le noir, en équilibre sur le bord extrême des trottoirs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* DIX-SEPT *&lt;br /&gt;Sa main cherche l'interrupteur en tapotant le mur. Un néon clignote, puis un autre, un autre, un autre et tout le plafond s'illumine. Amour court vers le coin du hangar où sont empilées les centaines de bougies. En hauteur, le bloc arrive presque au niveau de ses cuisses. Elle soupire, sourit, et caresse de sa main le grand rideau de mèches vierges. Les petits fils noirs chatouillent sa peau. Amour s'assoit en tailleur, ouvre son cartable, et en retire patiemment son dernier vol. Debout face au trésor, Amour dispose les tubes de cire blanche sur la pile. Elle se sent soulagée, protégée, sûre d'elle- même et excitée par son idée. Elle ajuste ses lunettes sur son nez, se pose face à la montagne de bougies, pointe son petit doigt noir et les compte une une, sans se presser, jusqu'à atteindre 2323. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* DIX-HUIT *&lt;br /&gt;Elle comprend qu'il suffit d'inverser le monde. Ce n'est pas difficile à faire une fois la première peur passée. Elle se demande d'ailleurs d'où lui venaient ces sanglots et ces étranglements qui remplissaient sa gorge. Elle se dit que peut être quelqu'un habite en elle, une autre Amour qu'elle ne reconnaît pas, et qu'elle porte malgré tout sous la peau, comme un reflet sur un lac. Pour le moment, elle s'amuse, cachée derrière le clown. Elle joue encore à la myopie, mais à l'envers cette fois : c'est lorsqu'elle retire ses lunettes que son univers se précise, parfaitement clair, dans le visage du petit garçon. En relâchant ses pensées, Amour décalque des songes, trait pas trait, un à un, elle trace les contours et répand les couleurs, puis superpose vision et mémoire sur une toile, et les deux figures se chevauchent jusqu'à n'en former qu'une. Elle reste ainsi près d'une heure, à mélanger ses impressions, ses souvenirs et ses points de vue. Elle fait attention à ne pas se faire voir du petit propriétaire. Des chaussures marchent parfois sur ses doigt, mais elle retient ses cris. Au Grand Jardin, Amour s'ennuie sans s'en apercevoir. Elle siffle dans les herbes, mouille ses mains dans l'étang artificiel puis s'endort au soleil près de trois pâquerettes. La sueur colle sa robe à son dos, et perle sur son front. Elle se réveille, s'étire, prend quelques secondes pour se rappeler où elle est, puis s'essuie la figure et recommence à vivre. Amour ne se sent pas triste, elle ne se sent pas gaie non plus d'ailleurs. Elle se sent exister et cela lui suffit. Elle déambule encore, au hasard, parmi les allées colorées de fleurs. Il faut bien que le temps passe, que le soleil se couche, que les journées se succèdent. Il faut bien que les choses évoluent à leur rythme. Amour songe à son départ, puis à sa naissance, et admet qu'il est trop tard pour revenir en arrière. En regardant la famille Canard qui se promène calmement entre les nénufars, Amour réfléchit au moyen de retourner à la grande surface. Elle voudrait y voler une robe, plus grande et plus jolie, ainsi que du vernis et de quoi manger. Il ne lui reste plus que quelques fruits, des madeleines et du lait, et elle sait que ça ne durera pas, que la faim viendra comme le reste pour confirmer l'implacable déroulement des heures. Elle se demande si le Badge la reconnaîtrait sans ses lunettes. Elle pourrait tenter l'aventure dans le flou, puisqu'elle se souvient parfaitement de la disposition des rayons, des caméras et des sorties. Amour échafaude alors un plan d'attaque dans sa tête, de l'entrée à la cabine d'essayage, de la cabine aux aliments, des aliments au maquillage et du maquillage au parking. Puis elle quitte le Grand Jardin et retourne s'asseoir près du pépé rabougri. "Ça t'a fait mal ?"&lt;br /&gt;"Un peu. Mais ça fait tellement longtemps que j'ai oublié."&lt;br /&gt;"Ils t'ont rentré une aiguille ?"&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;"Tu veux bien me montrer encore ?"&lt;br /&gt;L'homme ratatiné dévoile ses gencives roses, puis déboutonne la manche de sa chemise.Amour observe la jeune fille.&lt;br /&gt;"Elle est de profil."&lt;br /&gt;'Oui."&lt;br /&gt;"Pourquoi ?"&lt;br /&gt;"Elle traverse un passage clouté."&lt;br /&gt;"Le dessin, tu l'as trouvé dans un livre ?"&lt;br /&gt;"Non, je l'ai fait moi même, avec un crayon sur une feuille. Après mon copain a décalqué la feuille sur mon poignet, et il a injecté l'encre."&lt;br /&gt;"Tu savais drôlement bien dessiner les filles à l'époque."&lt;br /&gt;Le vieil homme soupire.&lt;br /&gt;"Je savais les embrasser aussi. Celle-là, c'était ma fiancée..."&lt;br /&gt;"Elle avait quel âge ?"&lt;br /&gt;"23 ans."&lt;br /&gt;Du temps s'écoule. Le pépé rêvasse avec un sourire absorbé, tout plein de souvenirs de jeunesse. Amour se gratte le front en fixant le tatouage, puis murmure :&lt;br /&gt;"Je ne sais pas quoi faire."&lt;br /&gt;Le vieux propriétaire hausse ses maigres épaules.&lt;br /&gt;"Moi non plus..."&lt;br /&gt;Amour déchire un coin du carton, puis le prend gentiment par la main.&lt;br /&gt;"Allez viens, sois pas tout triste, on va marcher sur le port."&lt;br /&gt;* DIX-NEUF *&lt;br /&gt;Là- bas, la tour de verre doit encore dédoubler un cercle rouge. Le pépé est parti se coucher, Amour est restée à la même place, silencieuse, assise au sommet d'une montagne de charbon. Elle retire ses chaussures, les pose à côté d'elle, enfonce ses pieds nus dans la matière noire, puis les remue lentement en fermant les yeux. Amour rêve que du sable blond engloutit ses orteils, elle croit entendre le roulement des grosses vagues, les rires des oiseaux de mer et les chansons d'un groupe de vacanciers, les cordes d'une guitare, les crépitement d'un feu dilatant l'air du soir et les silhouettes alentours, des ombres enfouie sous des duvets de plumes. Amour voyage loin du port, dans une carte postale, dans une page de magazine, elle boit des limonades, elle se baigne et somnole au soleil, comme une princesse sur une plage imaginaire. Une étoile filante, une comète embrase le ciel d'un coup, comme un coup de feu ou un flash. Les paupières d'Amour sont inondés de jaune, éblouissant ; elle sursaute, ouvre ses yeux, fait un vœux, puis redresse la tête et tombe nez à nez sur la mâchoires menaçantes de la grue. Une fois la lueur disparue, Amour croit être devenue aveugle. La nuit lui est tombée dessus. Elle lance des regards écarquillés mais n'aperçoit ni ses mains, ni sa robe, ni rien d'autre. Sa langue est sèche dans sa bouche, et elle s'inquiète un peu. Quelque part au dessus, Amour sait que l'immense gueule métallique est béante, affamée, prête à broyer ses os. Elle frissonne et plonge ses pupilles dans le noir. Sur le port, aucune lumière ne lui parvient, aucun réverbère ; elle attend mais rien ne bouge, le monde semble s'être arrêté pour la nuit, comme un corps figé dans la glace. Le vent se lève, caresse son front, puis un chien aboie. Amour se redresse, enfoncée jusqu'aux genoux, elle essaie de crier quelque chose, d'appeler à l'aide. Elle active les muscles de sa langue écarte ses lèvres et appuie sur son souffle mais sa voix s'évanouit quelque part dans sa poitrine, bloquée par les assaut d'une terreur incontrôlable, une étrangère qui remue dan sons ventre, affolée, qui se débat et s'agrippe à ses organes, qui s'y déchire les ongles comme au mur d'un cachot. De grosses larmes coulent, ses tempes l'oppressent, un étau se resserre et Amour s'effondre, muette, à bout de force au sommet d'une montagne plus noire encore que sa peau. Sur un bateau, l'ombre d'un marin se tient immobile, siffle une mélodie douce, puis finit par se fondre dans la nuit, emportant au bout d'une laisse un chien haletant, et les espoirs d'Amour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* VINGT *&lt;br /&gt;Le miroir se fissure. Amour se recule prudemment, sort ses lunettes du cartable, les pose sur son nez et contemple son reflet coupé en deux. La nouvelle robe blanche caresse presque ses chevilles. En rêvant un peu, Amour pourrait croire que son corps a rétréci, qu'elle est retombée en enfance. Elle pourrait retourner en arrière, s'assoir dans la maison de sa mère, et retrouver l'atmosphère de la première fois : ses pas légers sur la rue, le passage clouté et le soleil aveuglant sur la table de métal. Debout dans la cabine d'essayage, Amour se trouve belle pendant encore quelques minutes. Elle prend des poses, embrasse le vide et se fait des clins d'yeux. Puis elle soupire pour se donner du courage, retire ses lunettes, les range dans le cartable et tire le rideau. Au moment de sortir, elle jette un regard flou vers le porte-manteau, et adresse un signe de la main à son autre robe, pendue tristement sur un crochet de plastique. Elle est encore couverte de charbon. Le coeur d'Amour se serre, puis comme une taupe, elle se faufile à l'extérieur de la cabine. La vendeuse ramollie s'occupe d'une jeune fille brune, elle lui tend des culottes en dentelles et débite des chiffres d'une voix monocorde. Amour glisse sans un bruit, comme un coussin d'air, elle passe dans leur dos, et bifurque discrètement au coin des jus d'orange. Les mains légèrement tendues vers l'avant, elle se déplace selon son plan, concentrée sur le nombre de pas à faire, la longueur des rayons, la largeur des angles et les zones surveillées par les yeux froids des caméras. Le plus difficile est encore une fois de maîtriser l'anxiété, la sueur dans les paumes, et l'envie folle de se mettre à courir. Amour s'efforce de contrôler le rythme de sa respiration, afin d'éviter l'asphyxie, l'étouffement qui n'attend qu'un déclic pour lui remplir les poumons. Avec le temps, et l'expérience des vols, elle a appris à éviter le pire : la projection mentale de ses actes. Elle doit ignorer jusqu'au sens des gestes qu'elle exécute, ne pas céder aux images qui tentent de la troubler, la valeur des objets, les coups de pieds dans le ventre, et le désir violent d'avoir fini, d'être ailleurs, loin du danger, protégée comme une bille dans une boîte à chaussures. Elle se contraint à la seconde présente, s'oblige à ne considérer que l'instant qu'elle traverse, respecter une à une les étapes de son voyage, sans en concevoir la portée, presque inconsciemment, comme un robot sans âme. Amour sort d'elle-même pour survoler le temps. Elle s'absorbe toute entière dans la sensation de ses muscles, de ses oreilles ; elle se divise, se morcelle, et s'éparpille, jusqu'à oublier que qu'elle fait sans pour autant se perdre. Sur la pointe des pieds, elle tâtonne vers les biscuits, vérifie que des ombres l'entourent et la protègent, puis enfourne rapidement deux paquets bleus dans son cartable. Les hauts-parleurs grésillent alors, et elle reconnaît la voix du Badge. "Le petit Franckie attend sa maman au bureau de la sécurité, je répète, le petit Franckie attend sa maman au bureau de la sécurité, merci." Amour étire un petit sourire. Elle imagine les écrans dans la pièce, les quelques personnes qui prêtent l'oreille, et les autres qui continuent inlassablement de remplir leur charriots. Elle s'invente un petit Franckie, inquiet, sur la chaise en plastique. Il prie n'importe comment pour ne pas avoir à ouvrir son cartable. Amour songe que peut être, les choses ne bougent pas aussi vite qu'elle le croyait, que les mêmes évènements se répètent à l'infini dans le monde, en boules et en torsades, comme le sucre sur les sucettes de la foire. Elle croit entendre la mélodie des clochettes, le tintement des sphères, et se persuade alors que le petit Franckie est ce garçon étrange, cet autre Amour qui l'attend. Mais quelque chose ou quelqu'un à l'intérieur d'elle-même la rappelle à l'ordre et la remet à sa place, les pieds à plat sur le carrelage de la grande surface. Elle tourne la tête à droite, puis à gauche, comme avant de traverser une rue, puis reprend son parcours dans le trouble de la myopie. Par nostalgie peut être, elle fait glisser les deux petites bouteilles de vernis dans sa nouvelle robe. Elle se rappelle le marché, et un frisson remonte son dos, comme une décharge électrique. A côté d'elle, une grosse dame vaporise du parfum, et les narines d'Amour palpitent ; l'odeur puissante lui tord un peu les boyaux et c'est presque assommée qu'elle se dirige à présent vers la caisse numéro 23. Lorsque la sonnerie retentit, son cerveau explose, la caissière hurle comme un cochon qu'on égorge, et Amour s'enfuit avant de comprendre ce qui se passe, comme si ses jambes n'avaient rien attendu d'autre. Ses forces se décuplent sous les jets d'adrénaline, ses mouvement s'assouplissent, et elle file droit dans le brouillard, sans réfléchir et sans se retourner. Elle passe entres les cuisses d'un Badge, la tête en avant, et avale comme une folle les couloirs de la galerie marchande. Étrangement, ses sensations se transforment, sa peur cède la place à une douce euphorie, un sentiment de puissance, une vapeur plus enivrante encore que l'alcool. Amour jouit de sa propre volonté, de ses gestes déliées et de sa vitesse ; sa chair la transporte, la soulève, et sa pensée se vide à mesure qu'elle avance, comme du lait qui déborde. Amour maîtrise enfin son destin, elle trace à la manière des comètes, éblouissante, et gôute avec bonheur l'impression d'un calme absolu. Avant d'atteindre le jour, elle se retourne et applique ses mains sur la vitre des portes automatiques, le verre se fissure, puis explose, et elle recommence à courir. Sur le parking, les voiture flottent dans le trouble, Amour slalome, et entend les voix des Badges qui s'interrogent au milieu des éclats de verre ; elle s'accroupit près d'un pare-choc, puis glisse silencieusement, contourne les obstacles, et finit par atteindre le passage cloûté. Dans le bus, elle plisse les yeux et reconnaît les filles. Elle remet ses lunettes, contemple le baiser discret qu'elles échangent, et pleure, sans savoir pourquoi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* VINGT-ET-UN *&lt;br /&gt;"Tout à l'heure, je te dirai au-revoir."&lt;br /&gt;Le pépé s'arrête sous un nuage, un biscuit mouillé à la bouche.&lt;br /&gt;"Pourquoi ?"&lt;br /&gt;Amour soupire et sourit en même temps.&lt;br /&gt;"Je vais m'en aller, bientôt..."&lt;br /&gt;"Où ça ?"&lt;br /&gt;"Je ne peux pas le savoir encore, je dois aller chercher quelqu'un..."&lt;br /&gt;Amour tourne le robinet, et l'eau gicle violemment sur la grille de fer rouillé, éclaboussant ses chaussures et sa nouvelle robe blanche. Elle tend ses lèvres, comme pour un baiser, et s'abreuve pendant quelque secondes, le jet transparent débordant sur ses joues. Le vieil homme finit de ronger son biscuit, l'air songeur, puis il boit à son tour. Ils se retournent ensuite vers le grand bassin calme, couvert de rides ondulantes. Amour murmure.&lt;br /&gt;"Tu sais, l'autre soir, tu m'as laissée toute seule, et je suis montée sur la montagne là-bas... je me suis endormi un peu, et puis il y eu une comète, et j'ai vu la grue, j'ai cru qu'elle voulait me dévorer, c'est vrai... Il y avait un chien aussi, sur ce bateau..."&lt;br /&gt;Le pépé hoche la tête comme une poupée cassée.&lt;br /&gt;"Je sais, ils les dressent pour mordre les voleurs."&lt;br /&gt;Amour le vieil homme se regardent avec un rire dans les yeux. La petite fille attrape la main osseuse et la serre dans la sienne. Elle chuchote :&lt;br /&gt;"T'es pas triste ?"&lt;br /&gt;Le pépé hausse ses épaules, puis lui caresse gentiment la tête.&lt;br /&gt;"Elle est belle ta robe."&lt;br /&gt;"C'est pour mon rendez-vous... et si tu veux quand je serai partie, tu pourras aller dormir dans le hangar, ce sera mieux pour toi, quand il pleut et tout..."&lt;br /&gt;"Bof, bah... à quoi ça servirait hein ? Un hiver encore, et tout sera fini. Je ne dis pas ça pour me plaindre, ni parce que je regrette que tu t'en ailles, même si c'est vrai au fond, mais tu fais bien de ne pas rester là, tiens, regarde moi, tu veux pas devenir comme moi, hein, une vieille pomme pourrie... Je n'ai plus rien à attendre, le meilleur, tout ça, c'est derrière, oui. Ils m'ont foutu dehors, alors je reste dehors, et ils me trouveront morts à la place qu'ils m'ont donné..."&lt;br /&gt;Amour cherche une réponse en regardant les petites vagues qui s'écrasent sur les bords. Elle se dit qu'il doit bien y avoir quelque part, dans toutes les phrases possibles, une façon de consoler son ami. Elle sort un biscuit à son tour, grignote les coins du bout des dents, et se tait, une petite boule dans le ventre. "Dis, je t'ai déjà raconté, que ma fiancée, elle avait les pieds bizarres ?"&lt;br /&gt;"Non."&lt;br /&gt;Les yeux ridés du pépé s'égaient de nouveau.&lt;br /&gt;"C'est pas des histoires, elles avaient des tout petits orteils, vraiment tout petits, comme des lucioles, tu vois, c'était vraiment rigolo, quand elle mettait des sandales, l'été, et elle c'était tatoué un papillon, sur la cheville gauche...&lt;br /&gt;Amour tente encore un sourire.&lt;br /&gt;"C'était joli ?"&lt;br /&gt;"Evidemment que c'était joli, comme tout le reste, c'était très joli, et unique au monde... La promenade se poursuit comme le jour décline. Ils avancent en silence, et Amour ralentit sa marche lorsqu'il boîte. Autour d'eux, les montagnes de charbons se fondent dans le crépuscule, comme des ombres chinoises.&lt;br /&gt;Plus tard, le pepé s'allonge sur un carton, se tourne sur le côté, puis replie ses jambes contre son cœur, comme un petit bébé. Amour reste un peu, la tête penchée et les iris plein de brouillard sous ses lunettes. Elle écoute comme le vent se lève, et comme la nuit se couche, elle fredonne une berceuse, une mélodie qu'elle imagine être le chant des sphères. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* VINGT-DEUX *&lt;br /&gt;"Tout à l'heure, je te dirai au-revoir." La mère d'Amour baisse le rebord du verre qu'elle tient près de sa bouche.&lt;br /&gt;"Pourquoi ?"&lt;br /&gt;Amour sourit et soupire en même temps.&lt;br /&gt;"Je vais m'en aller bientôt."&lt;br /&gt;"Où ça ?"&lt;br /&gt;"Je ne peux pas le savoir encore, je dois aller chercher quelqu'un."&lt;br /&gt;Amour tourne le bouton du robinet, et l'eau s'arrête de gicler. Elle attrape un torchon, essuie le gobelet décoré de papillons, et le pose à côté d'une assiette en porcelaine. Sa mère est assise à la table, les mains croisées sur ses genoux.&lt;br /&gt;"Tu es retournée là-bas ?"&lt;br /&gt;"Où ?"&lt;br /&gt;"A la grande surface. Les policiers sont revenus. Ils m'ont dit que tu avais volé une robe." Amour rougit sous sa peau noire.&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;"C'est cette robe là ?"&lt;br /&gt;"Oui."&lt;br /&gt;Sa mère souffle fort dans son poing, puis murmure d'une voix dépitée.&lt;br /&gt;"Je l'ai payée."&lt;br /&gt;Le silence gonfle autour d'Amour, comme une épingle dans une bulle de savon. Elle regarde le plafond, puis chuchote deux petites syllabes. &lt;br /&gt;"Merci."&lt;br /&gt;Sa mère hausse les épaules.&lt;br /&gt;"Elle te va bien... c'est déjà ça.&lt;br /&gt;Lorsqu'Amour s'y assoit, la paille de la chaise craque, et semble remplir tous les objets de la pièce, ainsi que l'air qu'elles y respirent et les pensée qu'elles y forment, chacune dans leur monde, si proches et si lointaines au même instant. Amour cherche une réponse en regardant les plis de la nappe. Elle se dit qu'il doit bien y avoir quelque part, dans toutes les phrases possibles, une façon de parler à sa mère. Elle considère l'étrange douleur qui loge dans son ventre, la petite boule qui remue sous le tissus de sa nouvelle robe, et se tait. Elles se fixent dans les yeux, pendant un long moment, 23 secondes de vide. Puis sa mère se lève, se fend d'un pauvre sourire et s'approche. "Avant que tu partes, Fanette, je peux te prendre dans mes bras ?" Amour loge son petit nez dans la chaleur du cou, des cheveux et des mains. Elles restent ainsi silencieuses, comme le jour décline, et se rappellent la même histoire, le même commencement, chacune à leur manière. L'image trouble de la table en métal se divise dans leurs pensées, comme du papier plié. Le soleil brille une nouvelle fois sur le cercle argenté, aveuglant les regards d'Amour, puis ceux de sa mère ; le coude de la petite fille tape dans un plateau, et un verre tombe, au ralenti, se brise sur le trottoir en milliers d'étoiles transparentes. Des années se succèdent, les mots disparaissent peu à peu, la poussière s'accumule entre Amour et sa mère, les câlins se font plus rare, les soupirs plus profonds, puis l'argent commence à manquer. Enlacées dans la maison, elles retournent ensemble vers ces matins et ces soirs indifférents, qui les éloignent peu à peu, et qui les maintiennent à distance, comme les sphères dans les mains du garçon en costume bleu. Les carreaux de la maison explosent, les uns après les autres, puis la porte finit par imposer le début de la fin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* VINGT-TROIS * &lt;br /&gt;Une lueur éveille Amour dans la nuit noire. Une danse espagnole, une dentelle de points jaunes qui frémit sous les soupirs de l'air, et des langues de lumière lèchent les joues du grand clown, découvrant des morceaux de visage, figés dans du plastique. Il termine un songe, une histoire de roses en métal. Il entrouvre ses yeux et contemple la ligne de flammes ; elle lui paraît encore surnaturelle. Amour se pose une question, dans la brume d'un sommeil pas tout à fait brisé. Il hésite, regarde autour de lui, puis remonte son col bleu sur son cou afin de calmer un frisson. A côté de lui, sa main retrouve la boîte en velours, rouge, et douce comme un baiser. Il la range lentement dans la poche intérieure de son costume, et les sphères qui y reposent émettent un tintement étouffé. Amour s'avance à quatre pattes, jusqu'à la première bougie. Il fixe la flamme qui tremble dans le noir, comme un corps nu en hiver. Amour suspend sa paume au dessus de la pointe ondulante, et se remplit d'une chaleur étrange, une certitude dont il n'a aucune idée précise, juste un espoir, tendre et confus. Lentement, à la manière des fleurs que le printemps déshabillent, Amour se déplie sur ses pieds, se relève, et commence une marche sous la nuit, attiré comme un papillon vers la lumière de la deuxième bougie. Il s'arrête encore, suspend sa paume quelques secondes, puis avance vers la troisième, sans chercher de raison, et ainsi de suite, Amour passe d'une bougie à l'autre, avançant chaque fois d'un ou deux mètres. Sur le bord extrême des trottoirs, les flammes semblent indiquer un chemin dans la ville, une direction à poursuivre vers un but invisible. Amour se prend au jeu, sans même s'en rendre compte. Malgré la fatigue qui lui colle les yeux, il poursuit pas à pas la route enflammée qui l'appelle, en se posant toujours quelques secondes pour absorber dans sa main la chaleur des vagues incandescentes. Au centre de sa paume, sa peau s'irise d'un mouvement de lumière, et un cercle s'y forme, comme une trace immatérielle laissée par le métal des sphères. Au fur et à mesure qu'il s'enfonce, la ville se referme sur ses épaules, telle un rideau de perles, et l'idée d'un retour se fait de plus en plus confuse. Amour comprend peu à peu qu'il ne reviendra plus, mais n'en ressent pas de peine. Il se contente de poursuivre la nuit sur le chemin des bougies, sans essayer d'en percer le sens. Lorsque son front cogne dans la vitre, Amour se recule, se frotte la tête, et s'aperçoit que la flamme qu'il essayait d'atteindre ne vivait qu'en reflet. Il contemple alors dans le verre l'image de la route qu'il a suivie, puis lève les yeux et se se sent pris de vertiges. La tour s'élève au delà du ciel, comme pour y gratter la lune, et l'univers se met soudain à tourner dans le regard d'Amour. Il ne sait plus dire si le sol se trouve sous ses pieds, si ces pieds touchent les étoiles et si les étoiles ne brillent pas tout simplement dans son dos, sur les mèches des bougies. Amour respire alors une gorgée de nuit fraîche, et décide de ne pas lutter, de ne pas chercher à traverser le mystère, juste se poser au centre de la ronde, pour y atteindre un point. En retrouvant ses esprit, Amour retrouve également le visage de la petite fille noire, celle qu'il croyait avoir tant de fois rêvé. Elle se tient près de lui, immobile dans une belle robe blanche. Ses pupilles brûlent une tendresse derrière les carreaux des lunettes. Un très vague, et très agréable parfum de feuille les recouvre. Amour se tient face au petit garçon, son briquet dans la main. Elle baisse alors sa tête, et lance son regard au dessus des verres. Par delà la myopie, elle retrouve le visage de celui qu'elle attend, égal à lui même, si beau et si limpide au milieu d'un monde trouble. Amour sourit, timidement, puis sans dire un mot, elle s'approche de la tour, et l'effleure du bout de ses ongles rouges. D'immenses fissures se forment alors sur le verre, comme des veines, des rivières déchaînées ; un craquement se prolonge infiniment vers l'espace, puis les vitres explosent d'un coup de foudre, en emportant le reflet des bougies. Une averse d'éclats retombe autour des deux Amours, sans même les frôler. Ils s'accompagnent en se tenant la main, montent les marches une à une, patiemment, jusqu'au sommet dénudé de la tour. Ils contemplent des étoiles filantes, un feu d'artifice en comètes multicolores. Puis Amour ouvre la boîte de velours, en tire les sphères brillantes et joue la mélodie des cercles. Amour s'assoit près de lui, face au vide, retire ses lunettes, les lance dans le trou et fixe le chemin lumineux. A cette hauteur, les 2323 bougies étalent un chemin de points flous, alors Amour se concentre, et relie ces point entre eux, comme pour faire un dessin sur un cahier de vacances, un papillon, ton papillon, dormant sur ta cheville, je cligne des yeux sous les arbres, retrouve le cœur brûlé d'un mois de juillet, la terrasse, le café, les papiers déchirés du sucre, et tu finis de traverser le passage clouté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1982815457550534137?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1982815457550534137/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1982815457550534137' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1982815457550534137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1982815457550534137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/la-myopie-damour-conte-occidental.html' title='La Myopie d&apos;Amour (conte occidental)'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1638870800923146938</id><published>2008-12-02T03:48:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:49:10.546-08:00</updated><title type='text'>Dernier mégot ?</title><content type='html'>Je suce un frisk, une petite pastille blanche et forte qui brûle presque ma langue. A côté de moi, le mug de thé vide porte encore les stigmates de mes lèvres énervées. Car c’est ce que je suis, énervé, tout entier, dedans et dehors. Mon cœur bat d’une drôle de manière, lancinante, si bien que je le sens glisser dans mes veines, jusque sous mes bras, comme une autoroute. Je sens aussi mes muscles, plus tendus que la corde d’un arc, et pourtant, malgré tout, mon cerveau m’envoie des images douces, purifiées, de bouteilles d’eau, de sommeil léger, de parfum délicat. &lt;br /&gt;Ce n’est pas comme la première fois, ni comme la seconde, ni comme toutes celles qui suivirent et qui jamais ne se ressemblèrent parfaitement, fausses jumelles et vraies tentatrices. J’en ai déjà passé des heures à regarder les cendriers, les paquets ouverts, les briquets colorés. J’ai déjà traversés pas mal de ces instants, l’eau à la bouche au passage d’un joint ; et pourtant, malgré mon expérience en la matière, mon désir et ma volonté me semblent sans arrêt renouvelés, comme des clones ratés, ou des souvenirs flous. &lt;br /&gt;Mes petits orteils gigotent dans leurs baskets bleues. Je me le dis une fois encore, je m’en convaincs : cette fois-ci c’est la bonne, le bout du chemin de cendre, le dernier mégot. Je me regarde pourtant d’un œil à la fois complice et méfiant, dis donc, toi, je te connais, tu ne vas pas me refaire le coup, dans une semaine, ou un an, de tendre ta main comme pour une caresse. &lt;br /&gt;Ce désir restera à jamais, tapi dans l’ombre d’un poumon, et je ne le regrette pas. Ce n’est pas une question de morale, ni de culpabilité. J’emmerde à fond tous ceux qui pensent ma santé à ma place, qu’ils aillent se faire foutre, ou écraser par un tracteur, je crèverai de toute façon, d’un cancer ou d’autre chose, demain ou dans cinquante ans, sur les dés du hasard ou les caprices du destin, selon le point de vue. &lt;br /&gt;C’est d’être dépendant surtout qui me ronge, c’est de ne pas être libre, de me savoir attaché comme le chien de la fable, le poil pelé au cou, enchaîné à un réflexe, à une illusion de calme ou de bonheur ; c’est d’avoir perdu pied et poings liés, égaré les pouvoirs de mon désir et de mon souffle, c’est me réveiller la nuit avec cette espèce de sifflement de train dans la gorge, toute la SNCF, bref, c’est un fardeau autant qu’une plume, un plaisir si douloureux, une jouissance morbide que je ne veux plus cracher. &lt;br /&gt;Alors, encore une fois, comme une pièce sans cesse rejouée, comme une chanson qui prend la tête, je recommence et j’espère ; je gère les sursauts de mon sang et les désirs de ma bouche, au plaisir de l’eau fraîche, des pompes, du thé, de la bouffe et des bonbecs à la menthe... &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 15-11-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1638870800923146938?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1638870800923146938/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1638870800923146938' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1638870800923146938'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1638870800923146938'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/dernier-mgot.html' title='Dernier mégot ?'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4521865079336071073</id><published>2008-12-02T03:47:00.002-08:00</published><updated>2008-12-02T03:48:11.891-08:00</updated><title type='text'>Sale temps pour huit mai</title><content type='html'>D’abord la pluie, pourrie, comme dans les chansons tristes, derrière les carreaux une purée de nuage, c’en est presque vexant de banalité, le temps et les humeurs. &lt;br /&gt;Ensuite, une tête un peu absente, une envie molle, sans désir défini, une télévision allumée sur le journal de treize heure. &lt;br /&gt;Le visage sans expression d’un genre de Bilalian cravaté, voix monocorde et professionnelle, commente la profanation d’un cimetière juif. Une croix gammée est peinte sur le marbre, comme pour une éternité. &lt;br /&gt;D’un sujet à l’autre, voilà que s’avance Jacques Chirac, Président de la République, les rides et les cheveux collés par la pluie. Il a emmené sa tête de circonstance, concerné et responsable. Ça semble loin, le 21 avril. &lt;br /&gt;Le grand homme marche lentement vers l’arc de Triomphe et pose avec dignité une gerbe sur la tombe du soldat inconnu. Derrière lui, une foule silencieuse et mouillée commémore la fin d’une guerre qui vit s’élever les camps d’extermination. &lt;br /&gt;L’ironie de l’Histoire... c’est un trou de mémoire.&lt;br /&gt;Corbas, 10-05-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4521865079336071073?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4521865079336071073/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4521865079336071073' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4521865079336071073'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4521865079336071073'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/sale-temps-pour-huit-mai.html' title='Sale temps pour huit mai'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6508739508616505570</id><published>2008-12-02T03:47:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:47:33.866-08:00</updated><title type='text'>Aux dernières loges</title><content type='html'>Le vent surtout siffle sur le toit, on se croirait dans un bateau, une croisière en pleine mer de béton ; dehors, ce sont des lotissements de Playmobil, des maisons à l’identique, comme des cubes pour gamins, et des arbres bien plantés, sans feuille, sous le vent. &lt;br /&gt;Ici, ce sont des loges, minuscules, des tables jaunes encastrées dans des murs carrelés comme des salles de bains, et la présence éternelle des gobelets en plastoc. &lt;br /&gt;Nous faisons toutes ces choses habituelles, nous répétons ces gestes, ces postures, en différents endroits, nous recommençons, mais ce soir, pour la dernière fois, sans joie et sans tristesse, calmement, en douceur, comme une vieille chanson. &lt;br /&gt;Tout se déroule sans encombre. Un pensée m’est venue en tête pendant les balances, encore sur les choses : certaines bougent, se déforment avec le temps, et d’autres se figent, s’incrustent profondément. Parmi celles-ci, peut être, se trouvent les interactions. Leurs expressions peuvent changer, selon l’humeur ou les évènements, mais pas leur raison d’être, comme si nos relations formaient une toile, une structure inamovible sur laquelle les ans, les histoires et les expériences communes viendraient se greffer par hasard. &lt;br /&gt;Sommes-nous vraiment capables d’évoluer ? Somme-nous vraiment capables de ne pas évoluer ? C’est deux questions n’en font qu’une à la dernière de ce soir. Tout est exceptionnel de banalité. &lt;br /&gt;Plus tard... (à un moment dans la nuit) &lt;br /&gt;Bon, quant à dire qu’il est tard, que les chaussures sont fripées, que les costumes sont rangés, que la tête me tourne un peu de la bière et du temps, que le stylo fait ce joli bruit feutré sur la page, et que l’émotion est un mot qui a perdu de sa consistance, comme un steak oublié à l’air libre, paradoxalement, je pense, écrire le mot émotion provoque la lassitude, ou l’ennui, dire qu’on a été ému, c’est un échec de transmission ; il faudrait sans arrêt trouver un stratagème, éplucher le sens des mots afin qu’ils parviennent tout nus, comme des puceaux, des points d’interrogation. Dire que j’ai eu des émotions, c’est ne rien dire du tout, c’est rabâcher un lieu commun, c’est vider une vérité. J’entends des cris aux loin, des claquements de mains, j’ai faim au ventre, et une joyeuse toupie dans le crâne, enfantine, nostalgique, l’alcool et le bonheur, encore des heures, je vais aller ailleurs.&lt;br /&gt;Corbas, 31-01-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6508739508616505570?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6508739508616505570/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6508739508616505570' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6508739508616505570'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6508739508616505570'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/aux-dernires-loges.html' title='Aux dernières loges'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4815955689724395476</id><published>2008-12-02T03:45:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:46:39.063-08:00</updated><title type='text'>La Chapelle Sixtine</title><content type='html'>Je vais devoir doser mes mots. &lt;br /&gt;Contrôler mon désir d’en dire trop. &lt;br /&gt;Je vais devoir peser mes mots, doser mon désir... &lt;br /&gt;Je vais devoir peser mes mots, c... &lt;br /&gt;Je vais devoir doser mes mots, comme des épices, trouver la bonne &lt;br /&gt;Je vais devoir doser mes mots, comme des épices, afin de ne pas abuser mon désir, &lt;br /&gt;Je vais devoir doser mes mots, comme des épices, afin de ne pas abuser du désir de &lt;br /&gt;Je vais doser mes mots, comme des épices. Éviter les superlatifs. &lt;br /&gt;La pluie a lavé le ciel, de nouveau bleu à présent que je cherche un moyen de décrire ce que j’ai croisé ce matin, ou plutôt, peut être, vécu, ou encore transfiguré, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé, ce qui m’a traversé. Ce que je sais, c’est que cette chose m’exhorte à la plus grande prudence, de ne pas abuser son désir, sa présence improbable, sa perfection. Je l’appelle encore une chose, car sa réalité m’échappe, glisse entre mes larmes, mes yeux, et cette douleur lancinante dans la nuque. Je suis resté solitaire, silencieux, la bouche ouverte, le souffle lent, toute vie semblait s’être figée dans le ciel, le temps cristallisé, et mon âme, je dois bien lui trouver un nom, mon âme donc, débordait de partout, comme un radeau, comme une inondation. Je me suis laissé pleurer, en dérive, je ne contrôlais rien, et moins que rien mon existence, un point insignifiant, à peine une charnière, une virgule, j’avançais, je reculais, je m’asseyais, je me levais, je cherchais à m’enfoncer encore plus loin dans la voûte, dans la Beauté, dans ce que certains croient Dieu, et qui l’est peut être, le génie, incommensurable, de Michelangelo.&lt;br /&gt;Rome. Piazza di Firenze. Extra Café., 30-12-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4815955689724395476?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4815955689724395476/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4815955689724395476' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4815955689724395476'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4815955689724395476'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/la-chapelle-sixtine.html' title='La Chapelle Sixtine'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8051454246589351271</id><published>2008-12-02T03:43:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:45:20.278-08:00</updated><title type='text'>Quelques cafés</title><content type='html'>Châlon sur Saone. 7-11-03 &lt;br /&gt;Du robusta, un peu amer, un brin goudron, se faufile dans les muscles en tordant le bide. La pièce est blanche, à cause des lampes. Sur les murs s’étalent des affiches de groupes alternatifs : Lo Jo, Spicy Box, Wampas. Sous les plafonds se reposent de flemmards canapés, et une gorgée de café tiède me fait la grimace. &lt;br /&gt;...................................................&lt;br /&gt;Train Châlon/ Paris. &lt;br /&gt;De l’arabica, réconfortant de sucre et de chaleur, dépose une trace invisible quelque part sur ma langue. Cristèle a une main dans les cheveux, Nico se mouche, Stef, Tonio, Chris et Fred se tapent la belote. Mon amoureuse est belle, une tasse cartonnée aux lèvres. Des arbres filent dans les carreaux carrés. Des tons d’automne surtout, délicieusement monotones. On devine l’air froid à la couleur du ciel. Nos corps immobiles se déplacent à la surface des rails comme des jouets pour enfants ; dedans, mes doigts écrivent sous les soubresauts du train, à 300 km/h, sur les pages douces de mon super cahier Buffy, et la surface du café tremble, vacille au rythme d’une abstraction. &lt;br /&gt;...................................................&lt;br /&gt;Chartres. 8-11-03 &lt;br /&gt;Du jus de chaussettes moisies, du café crade, recuit, à moitié froid, difforme, qui pue du cul quoi. Dès la première trempette je me souviens d’une gerbe. La guirlande d’ampoules blanches encadre le miroir, et je mastique mes dents dans ma bouche tordue, le soupir au cœur, juste une peu crevé. Je me rassure en évoquant la foule des livres écrits à la main, au burin, au pinceau, à la plume d’oie du Périgord, au sang, à la machine, à l’ordinateur, et qui tous, tous, finissent collés sur du papier tranquille, vibrants encore quelque part dans les têtes vivantes, loin et tellement par delà l’odeur et le goût du café noir, de l’instant gravé dans la chair fraîche. &lt;br /&gt;Plus tard. Un café bof, sans envie particulière, un café pour diluer le temps. La nuit s’est cassée la gueule dans les vitres. J’entends des voix, mais pas comme Jeanne d’Arc, de vraies voix de vrais gens avec de vrais mots dedans. Il paraît (c’est ce qu’on m’a dit) que les paroles s’envolent. Si cela se confirme, la question qui me vient au cerveau est “où ? ”. Vont-elles se fondre quelque part dans les nues, comme des pierres de sucres dans des tasses de café bouillu ? &lt;br /&gt;...................................................&lt;br /&gt;Paris. 10-11-03 &lt;br /&gt;Un café collant, chaud dans ma tête dans le fion. Je suis comme traversé d’impressions confuses, de ces instants où l’on ne se sent pas tout à fait à sa place dans l’air, au coeur d’une ambiance décalée. Cela n’a rien à voir avec les autres, d’ailleurs, tout se passe entre les tempes, entre des questions et des sens, comme le sentiment d’être perdu et les délices du café noir. &lt;br /&gt;Encore un autre. A midi moins le quart. Le studio s’excite et s’ennuie. &lt;br /&gt;Voilà 14h19 de ce jour, et jamais plus. Encore un café, dans une tasse bleue cette fois. Les instruments se sont tus, j’ai le temps dans les veines, quand je me “pause”. &lt;br /&gt;...................................................&lt;br /&gt;Train Paris/Marseille. 12-11-03 &lt;br /&gt;Dans l’attente d’un café, d’une gorgée d’eau fraîche. l’employé modèle de la compagnie Wagons-Lits fait l’inventaire de ses mars, de ses Bounty et autres sandwiches et quiches lorraine. Une queue se difforme, de gens qui patientent pour un achat, qui espèrent sans doute en secret passer chacun devant l’autre, par une habile manœuvre des épaules. Je me résigne à retrouver ma place, à noircir des lignes encore au hasard, pendant que, dehors, des vies se poursuivent sous une pluie froide et fine, comme des sanglots aux joues des vitres. J’aperçois le sommet d’une rangée de petits arbres chétifs, dont je ne reconnais ni le nom ni les feuilles. Dans le wagon, l’ambiance est calme, on entend le froissement d’une page de journal, l’écho étouffé d’un discman, le raclement d’une gorge cancéreuse, le gras d’une toux bronchitique, le gazouillis d’un boubi. Derrière un duo de portes vitrées, je devine des silhouettes, et, plus loin, la cabine du coin bar, où un employé modèle ondule près d’une machine à café. &lt;br /&gt;Plus tard. Le voilà ! Mousseux dans son gobelet en carton, une pellicule légère flotte à sa surface. La campagne court dans les fenêtres, et je me rappelle cette phrase géniale dans “Corinne” des Nonnes Troppo : “Le train démarre, le paysage aussi”. Après une ligne de ratures, je repose la question ? Pourquoi coller des mots au café ? Au premier jet je dirais que le café est toujours un moment autour. La café parfume les instants de façon tout à fait originale, il leur confère un je ne sais quoi d’immortel. Le temps s’y coule plus facilement que dans l’air pur. Le café crée des zones de mémoires, d’intensité et de réflexion. Enfin bref, le café est une excuse de plus pour attraper un stylo et gribouiller des mots. La mort devient alors comme un oiseau apprivoisé, une amertume réconfortante à la bouche d’un jus noir. &lt;br /&gt;...................................................&lt;br /&gt;Arles. 12-11-03 &lt;br /&gt;Je l’ai fait moi-même, comme un grand, et cela a réveillé mon égo de barman. La cuillère y plonge un corps argenté, un objet sans queue ni tête capturant la lumière. La table est d’un rouge profond, mat, légèrement craquelé. Tous ces choses sont en moi. Je suis aussi les choses. Les choses sont à la frontière infime de ma conscience, juste à la césure ; elles existent entre ma main et l’objet, dans une perception du système nerveux. La grande énigme revient s’installer dans un lieu commun, un truc existentiel et tarabiscoté. La chose est-elle ce que je pense ? Pourrais-je penser sans la chose ? Je voudrais tirer ce fil jusqu’à inventer complètement la Vérité, cela m’entraînerait à penser que le symbole seul est réél. Je ne serais alors rien d’autre qu’un support organique lancé dans la marmite de l’espace intersidéral de l’univers intérieur des truc sans fins qui n’ont pas de réponses même dans le marc à café.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8051454246589351271?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8051454246589351271/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8051454246589351271' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8051454246589351271'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8051454246589351271'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/quelques-cafs.html' title='Quelques cafés'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7747572473685756001</id><published>2008-12-02T03:42:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:43:42.483-08:00</updated><title type='text'>La médecine du travail</title><content type='html'>Épisode 1 : Je m'assoie dans une salle d'attente garnie de fauteuils verts. Un espèce de silence brouillé par la diffusion lointaine de "Week-end au soleil" de ce grand moumou de Daho. Qu’il ouvre sa fenêtre et son agenda, putain, on est jeudi et Paris sent l'hiver à pleine pluie. J'ai avalé de l'eau au Café d'en bas pour m'épargner la honte de sécher face au gobelet. En arrivant, j'ai emprunté des feuilles et un stylo à la sympathique hôtesse d'accueil. J'écris tout tordu sur mon sac. En face, une dame enceinte soupire et un petit jovial légèrement dégarni attend, le sourire aux lèvres. Des bruits de portes qui grincent dans un parfum parfaitement neutre. Ça me rappelle la maternelle, en... &lt;br /&gt;Épisode 2 : Les point de suspensions signalent que l’infirmière a appelé mon nom. J'ai eu un entretien avec elle ; j'ai fait pipi dans le gobelet : à ce stade, je peux dire que j'ai rempli ma première mission ! Trois règles d'or apprises sur des années d'expérience: Bien visé. Bien égoutté. Bien essuyé. L'infirmière (une dame très professionnelle) me demande des nouvelles de ma santé, ce que je trouve extrêmement gentil vu que nous ne nous connaissons pas. Après un coup d'œil sur mon carnet bleu tout déchiré, elle me rappelle que j'ai un vaccin légèrement en retard, juste sept ans, une bagatelle (fuyez moi comme la peste !) Là, tout de suite maintenant, j'attends dans le couloir silencieux qu'un médecin m’invite à la fête. J'entends quatre fois la même petite phrase, la consigne générale : vous vous déshabillez, vous vous mettez en sous vêtements et après le Ministère de la Santé balance les photos sur Internet. &lt;br /&gt;La routine, la jolie comptine, la peur de la médecine... &lt;br /&gt;Lorsque je sortirai, je serai heureux, soulagé et je me dirai encore : "tu vois, c'était vraiment pas la peine de t'inquiéter, c'est super important, tu l'as fais et tout va bien, vive la vie, bon c'est par où Montgallet, y'a manif à quatre heures...) &lt;br /&gt;Les médecins m'intimident, m’impressionnent, me rassurent. &lt;br /&gt;Parce que c'est vrai que la santé, c'est quelque chose dont on peut mourir...&lt;br /&gt;Paris, 30-10-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7747572473685756001?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7747572473685756001/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7747572473685756001' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7747572473685756001'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7747572473685756001'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/la-mdecine-du-travail.html' title='La médecine du travail'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-496568728327446694</id><published>2008-12-02T03:40:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:41:10.341-08:00</updated><title type='text'>Écrits à la main</title><content type='html'>Dans le train, dans le matin, dans mes habits et une habitude aussi. Dans ma main, encore un poil ensommeillée, se tient un ustensile étrange, presque d’une autre époque, d’un âge qu’on ne dirait pas de pierre, ni d’or, mais plutôt de bille. En remplissant mon sac, je me suis résigné à laisser le portable à la maison, question de poids surtout, d’encombrement, et , pour ne pas m’en aller tout à fait vide, j’ai extirpé de sa cachette mon vieux - et encore si joli, si glacé - cahier Buffy. Alors mes doigts, habitués aux touches du clavier comme à leurs ongles, redécouvrent un plaisir, presque une souffrance cependant, un acte oublié, en voie de disparition : &lt;br /&gt;écrire à la main. &lt;br /&gt;Je me souviens (étant encore en vie ma mémoire me remplit) de ces années qui me semblent déjà lointaines, où je noircissais des pages et des pages, entre mes cours de comédie, à la table des cafés parisiens, collant déjà à mon fantasme d’écrivain maudit, les yeux souvent égarés dans des clichés de pavés, de manteaux gris, de passantes et de crachin joli. J’en porte encore les stigmates, au majeur gauche, dans une bosse de chair pétrifiée, loin loin au dessus d’une bague argentée. En reprenant le stylo ce matin, je m’aperçois d’une tension, une raideur des phalanges qui se transforme presque en crampe : la preuve que je me suis éloigné d’un temps, d’une habitude qui me paraissait pourtant indéfectible, voire éternelle, quand je recopiais des centaines de pages au propre, et que je sculptais dans la matière, dans le gras du papier, des brouillons de mots, de phrases et d’idées plus ou moins absurdes ou égocentriques, et souvent approximatives. Des kilomètres à pieds de pattes de mouches. &lt;br /&gt;Comment dire ? Les choses ont changé ? Dois-je en être nostalgique ? Qu’y ai-je perdu ? Qu’en ai-je gagné ? Qu’en est-il mort ? Qu’en est-il né ? &lt;br /&gt;L’ordinateur a remplacé la machine qui succédait à la bille qui héritait de la plume qui prolongeait l’ère du burin... L’écriture est-elle comprise, enclose, en son outil ? Savoir que Proust (qui me déborde absolument en ce moment) a composé son œuvre à la main, énormissime, un fleuve et un océan d’encre, alors qu’il n’avait même pas la fonction “couper-coller”, ni le correcteur d’orthographe, je dois l’avouer, ça me plie les genoux... Et Homère apparemment, à la bouche, à la force de la langue. Je pense parfois que tout s’effiloche, comme le brin de laine d’un pull irlandais coincé dans une roue. C’est à penser (plutôt qu’à dire) que nous perdons en âme ce nous gagnons en technologie. Je sais, quelque part, que cette idée est un leurre, mais je considère la mémoire, la trace laissée dans la terre, la peinture sur le mur de la grotte. Une fois rongé par les vers, j’aimerais que les gosses que je n’ai pas encore conçu, ou leur descendance, tombent sur une page écrite au stylo, pas sur un document word dans un dossier “Papie mort” sur un Pc Pentium 900. C’est aussi pour cela, que ce matin (et d’autres je l’espère), j’ai délaissé mon portable, pour me forcer à raturer, à laisser filer, à ne rien effacer, et à inscrire quelque part le rythme de ma tête, le flux de ma pensée qui, je le répète, est vouée à ne plus rien produire que du vide. &lt;br /&gt;et puis plus tard, il me suffit de sauter une ligne pour décaler des heures, me jouer du temps encore, comme avec de la pâte à beignets. Écrire à la main, ce n’est pas seulement revenir aux sources, ce n’est pas qu’une nostalgie, c’est aussi cette sensation particulière, comme une danse, une chorégraphie improvisée des doigts sur le papier, ou alors, un surf sur une vague, une perle sur un tambour, la queue d’une comète... les mots que je trace n’ont pas de passé, pas de racine, ils sont un jet immédiat, mais discontinu, d’un sens qui s’échappe à la manière, et avec la douceur de l’air dans la bouche ; si bien qu’avec un peu de distance, de recul, je pourrais presque contempler la Lambada du stylo, et écouter ce petit bruit, si doux, de la bille qui roule sa bosse, sans m’y sentir impliqué, comme à l’extérieur d’une maison où je dormirais. Je mentirais en affirmant que cette sensation d’absentéisme n’existe pas lorsque je tapote le clavier, elle est peut être même démultipliée à sa façon, plus percussive et caressante, mais moins abrupte, car il lui manque le frottement, la couleur, et comment dire, une certaine forme d’absolu. &lt;br /&gt;Ce que la page, cette page, recouvre et accueille, est plus précisément ce moi qui me tourne autour comme une abeille près d’un steak. Le miroir, ou le témoin d’un autre, d’une présence que je cherche à saisir, et qui m’échappe sans arrêt, à la manière de l’eau entre les doigts, ou du sable, ou du vent... j’en aperçois une trace alors, dans ma façon particulière de former et de lier les lettres de mon alphabet. &lt;br /&gt;sur mon bureau, près de la transparence d’une vitre d’où se découpe à l’infini le même tableau de toits d’immeubles, de balcon et de ciel, je finis à la main ce que j’y ai commencé, un petit tour de calèche. L’ironie est que je m’apprête, afin de les transmettre à ceux qui tomberont dessus, plus ou moins volontairement, à transposer ces pages sur l’écran, c’est à dire à les dépouiller de leur signification, pour mieux en témoigner, peut être... ou juste me rassurer. l’ère du stylo s’est achevée ; on y a perdu des plumes sans doute; et gagné quelques bleus à l’âme, mais on ne peut empêcher le temps de nous tirer les vers du nez. &lt;br /&gt;Avant de clore cette page en papier, et d’en ouvrir une virtuelle, je note ici (à la main), une petite phrase du grand Marcel tirée de sa “Fugitive” : &lt;br /&gt;“... car chaque personne, même la plus humble, a sous sa dépendance ces petits êtres familiers, à la fois vivants et couchés dans une espèce d’engourdissement sur le papier, les caractères de son écriture que lui seul possède.” &lt;br /&gt;Train- Sallanches-Train- Issy les Moulineaux, du 10-12-04 au 12-12-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-496568728327446694?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/496568728327446694/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=496568728327446694' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/496568728327446694'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/496568728327446694'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/crits-la-main.html' title='Écrits à la main'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7404009082630456728</id><published>2008-12-02T03:39:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:39:46.401-08:00</updated><title type='text'>Mon point de vue sur les choses</title><content type='html'>Pour éclaircir mon point de vue sur les choses, je devrais commencer par leur donner de l’essence, ou de la matière, une peau, un contour, un moule en argile. Première chose qui me vient à l’esprit : Les choses sont ce qu’elles sont. Malgré l’apparente lapalissade de cette formule, ce n’est pas si évident que cela. Disons d’une chose qu’elle est, ce qui est déjà quelque chose, ou d’une chose qu’elle n’est pas, ce qui en est une autre. On en arrive à penser que les choses sont, qu’elles soient ou qu’elles ne soient pas, claires ou obscures, douces ou rugueuses, sucrées ou amères, ici ou là, mortes ou vivantes etc. L’existence des choses nous échappe donc un peu. D’ailleurs, je crois qu’il ne faut pas forcément chercher à comprendre les choses, car ceux qui le tentent s’y perdent le plus souvent, ou s’ils s’y retrouvent, c’est par erreur de jugement, ou cécité mentale. Ils finissent par croire que la vie est explicable, ce qui est, vous vous en rendez compte, la plus absurde des explications. Les choses évoluent en dehors du sens commun, sur un plan parallèle, que l’on pourrait peut être qualifier de mystique, si ce terme n’incluait pas une présence divine, ou une force centrifuge. Dieu est-il une chose ? Evidemment, mais réduire les choses à Dieu serait bien peu de chose. Nous ne devons pas non plus confondre les choses avec les objets courants, car si les seconds font partie des premières, la réciproque n’est pas obligatoire. Pour être plus clair, disons que tous les objets sont des choses mais que toutes les choses ne sont pas des objets. Les choses peuvent être sans substance, les objets non. Alors, pourquoi essayer de cerner la réalité des choses ? Parce qu’elles existent. La preuve en est qu’on les nomme, même sans les connaitre. Si le langage certifie leur présence, c’est qu’elles doivent tenir une place, quelque part, dans le monde plus ou moins tangible sur lequel nous évoluons. Les choses ne s’expliquent pas, mais en expliquent d’autres, ce qui ne cesse de me troubler. Pour donner mon point de vue sur les choses, j’affirmerai ceci : les choses sont sur une ligne, à la frontière de ce que l’on reçoit et de ce que l’on produit. Ce que l’on reçoit, ce sont les impressions du monde via les canaux sensitifs. Ce que l’on produit, ce sont les pensées du monde, via nos neurones inexpliqués. Les choses elles, se lovent comme des chatons entre les deux courants, ce qui les rend si difficiles d’accès, puisqu’elles ne sont ni complètement senties, ni complètement créées, mais bien les deux à la fois. De fil en aiguilles, si je suis ce tricot, j’en arrive à la conclusion suivantes : les choses sont Tout. Pourquoi ? Parce que la pensée n’est rien sans le monde et inversement. Une pensée qui ne pense pas l’univers ne peut exister. Un univers qui n’est pas pensé ne peut être envisagé comme réel. Conclusion : il n’y que des choses, des choses et encore des choses. Si bien que lorsque j’entreprends ce petit bout de prose, je ne donne pas mon point de vue sur les choses, mais le contraire, je donne aux choses mon point de vue. &lt;br /&gt;Comme souvent, ne cherchez pas à décortiquer ce crabe, mais mangez le tout cru pour en sucer le jus…&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 16-11-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7404009082630456728?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7404009082630456728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7404009082630456728' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7404009082630456728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7404009082630456728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/mon-point-de-vue-sur-les-choses.html' title='Mon point de vue sur les choses'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2127615361416719748</id><published>2008-12-02T03:38:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:38:59.662-08:00</updated><title type='text'>Tentative d'inspiration</title><content type='html'>L’inspiration est une notion délicate à penser. &lt;br /&gt;Elle se nourrit d’une longue tradition de fantasmes cérébraux, de mystique. On l’imagine souvent drapée d’une aura transcendantale, comme un rayon de pur esprit supérieur. L’inspiration viendrait d’on se sait quelle limbe, d’on ne sait quelle étoile polaire, elle découlerait d’une force obscure ou lumineuse, échappant à la raison, à la logique, aux mathématiques et à la chair infiniment périssable. &lt;br /&gt;C’est en tout cas, un peu l’avis de mon dictionnaire : &lt;br /&gt;1. Phase de la respiration au cour de laquelle l’air entre dans les poumons. 2. Action d’inspirer quelque chose à quelqu’un. 3. Idée venant soudain à l’esprit. 4. Impulsion créatrice. 5. Etat d’illumination sous l’empire duquel il serait possible de recevoir les révélations de puissances surnaturelles. 6. Influence littéraire, artistique. &lt;br /&gt;L’ordre croissant est intéressant : &lt;br /&gt;1. Le corps. 2. L’autre. 3. L’esprit. 4. L’esprit/Dieu 5. Dieu. 6. L’art.&lt;br /&gt;De la terre au Ciel, puis du Ciel au symbole, se dévoile un chemin pour l’inspiration. Un aller et retour. Une double direction. &lt;br /&gt;Si vous le permettez, j’ajouterais bien un numéro à la liste : &lt;br /&gt;7. Un point.&lt;br /&gt;Un point me paraît juste, parce que, au numéro 9 de sa définition il est dit : &lt;br /&gt;9. Lieu sans étendue, défini conventionnellement comme la plus petite portion d’espace qu’il soit possible de concevoir.&lt;br /&gt;C’est la définition dite “géométrique” du point, qu’on comprend aussi comme le croisement entre deux droites. J’imagine facilement l’inspiration jaillir à ce croisement infini, comme l’étincelle entre deux frottements de silex. Dans ma vision subjective des choses, je nomme aussi ces droites, en suivant un peu le sens du dictionnaire : &lt;br /&gt;Droite 1 : L’introspection. Droite 2. La contemplation.&lt;br /&gt;A mes yeux, ces termes illustrent parfaitement ce double mouvement vertical, entre la réalité charnelle, organique, et les projections “astrales” de l’esprit. En effet, voici ce que le dico dit : &lt;br /&gt;Introspection : Etude, observation de la conscience par elle-même. Contemplation : 1. Profonde application de l’esprit à un objet intellectuel. 2. Connaissance mystique de Dieu acquise par la connaissance et l’ascèse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors et dedans, à ce point où deux pensées s’enlacent, un point abstrait se forme, une source, une zone d’inspiration. &lt;br /&gt;J’arrive peu à peu au bas d’une page qui fut vierge. Ai-je été inspiré ? Ou à côté de la plaque ? En tout cas, le temps passé à écrire ces mots fut un bonbon à la menthe forte, j’y pris un plaisir sans mesure, bien que peut-être un poil égoïste. Avant l’aspirine, sachez cependant que rien de cela n’est sérieux, mais de la plus haute importance. &lt;br /&gt;Cognac, Perpignan, Issy les Moulineaux, 21-11-03, 04-01-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2127615361416719748?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2127615361416719748/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2127615361416719748' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2127615361416719748'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2127615361416719748'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/tentative-dinspiration.html' title='Tentative d&apos;inspiration'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-305618009445033362</id><published>2008-12-02T03:37:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:38:02.227-08:00</updated><title type='text'>Le rêve de nos parents</title><content type='html'>Avant même que le jour nous voie, une part de nous prend pied dans le monde, sous la forme d’un songe, d’une pensée diffuse, d’une anticipation. Nous ne sommes alors rien d’autre qu’un paquet d’images mentales plus ou moins nettes, un désir plus ou moins fort exprimé par les bouches et les cœurs de tous ceux qui nous créerons pour la réalité. Notre famille nous invente bien avant notre vie, et lorsque celle-ci nous dépose tout chaud à la maternité, nous imprimons immédiatement un fantasme sur les deux faces d’une seule médaille. A peine conscients, nous nous cherchons un sens, une direction, dans une raison d’être unique au monde. Nous accumulons des heures et des heures d’indépendance, de choix, de contraintes, d’expériences et de rencontres. Notre personnalité incruste alors des années de sensations à la surface d’un miroir déformant. Peu à peu, nous devenons nous même, des êtres à part entière, des désirs particuliers, des exceptions dans la règle. Nous volons comme dit le proverbe, de nos très propres ailes. Mais sans le vouloir peut-être, nous emmenons un songe par la main, jusque dans nos plus belles nuits d’été. Et quand vient le temps, parfois, d’une faille, d’un doute, d’une absence ou d’un espoir déçu, nous mouchons nos nez dans du papier, nos existences se retournent sous le drap, nous regardent dans les yeux, et nous reposent une question non résolue : Sommes nous réellement autre chose que le rêve de nos parents ? &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 06-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-305618009445033362?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/305618009445033362/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=305618009445033362' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/305618009445033362'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/305618009445033362'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/le-rve-de-nos-parents.html' title='Le rêve de nos parents'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1631235720224476769</id><published>2008-12-02T03:36:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:37:17.551-08:00</updated><title type='text'>Un nouvel humanisme ?</title><content type='html'>Peut-on penser en toute honnêteté que la lutte contre la misère n’est que le combat des pauvres ? Peut-on croire que la douleur est le combat des malades, l’écologie le combat des baleines bleues et la justice le combat des condamnés à mort ? &lt;br /&gt;Si ce qui précède vous titille au niveau du dégoût, je vous propose une question qui me floue en ces temps troublés : Pourquoi le féminisme reste t-il éternellement le combat des femmes ? &lt;br /&gt;Selon mes souvenirs, elles sont plus de la moitié de l’Humanité. Selon mes informations elles en sont les premières victimes. Y’a comme qui dirait une sale couille dans le potage paradoxal qui pue la mort. &lt;br /&gt;Reprenons aux clichés : Pour le commun des cerveaux, UNE féministe, c’est une nana imbaisable parce que poilue des dessous de bras, chiante avec le ménage, pas fana de l’éjac faciale et autres levrettes dans le bac à vaisselle. Le genre de filles qui mate les culs des garçons dans la rue et qui fait peur au terrible macho qui sommeille dans le subconscient de nos slips. &lt;br /&gt;Pour le commun des cerveaux, UN féministe, c’est soit un homo, soit un hétéro malin qui se dit qu’à comprendre les gonzesses, on finit par toutes les tirer. Point final. &lt;br /&gt;Entre temps, sur un air vieux comme le monde, continue la valse des tournantes, des voiles, des putes, des Marie Trintignant, des viols. Les couples dansent aux chœurs des culs d’Aubade, ou d’Alizée, aux rythmes des salaires inférieurs, des ambitions dévalorisées, des excellences impossibles ; les femmes sont faites pour la cuisine mais les plus grand chefs du guide Michelin ont tous du poil aux couilles. On se berce de la même chanson préhistorique sur l’instinct maternel et la carrière impossible et encore un tour, et toujours plus d’instruments, de discours naturalistes, et de sombres Requiem ; il parait qu’en Afrique, le SIDA est hyper féministe... Les boules me remontent dans la glotte. &lt;br /&gt;Et si être féministe c’était juste ne plus accepter d’être séparés de force par la violence des idées reçues ? &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 02-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1631235720224476769?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1631235720224476769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1631235720224476769' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1631235720224476769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1631235720224476769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/un-nouvel-humanisme.html' title='Un nouvel humanisme ?'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6757352266460950172</id><published>2008-12-02T03:35:00.001-08:00</published><updated>2008-12-07T01:44:00.790-08:00</updated><title type='text'>Kill Bill vol 2</title><content type='html'>Un bon critique est un critique objectif. &lt;br /&gt;Un bon critique ne peut laisser ses sentiments déborder sa rigueur flegmatique de professionnalisme. Un bon critique se doit de raison garder, ainsi que tête froide sous les épaules porter. Un bon critique est un critique certifié, authentifié par le Très Haut Comité Des Critiques Authentifiés. Il est cueilli à la naissance, muri en fût de chêne et embouteillé dans du cristal en verre super beau. &lt;br /&gt;M’attelant à cette lourde tâche, assumant cette responsabilité écrasante, moi, Franck Zerbib 5487569856ème du nom, déclare aujourd’hui ce jour, 21 mai 2004, à, cette heure précise et pas une autre, sur l’honneur de ce que j’ai de plus cher (la vie de mon Yucca), que je garderai la tête aussi haute que ma dragée face aux sensations fantasques et exacerbées qui troubleraient mon jugement impartial de Justice au moment d’accomplir ma tâche, à savoir critiquer sans concession la sublime et incroyablement explosatoire œuvre du Septième Art que je vais critiquer. &lt;br /&gt;Kill Bill volume 2 est un film. &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 21-05-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6757352266460950172?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6757352266460950172/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6757352266460950172' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6757352266460950172'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6757352266460950172'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/kill-bill-vol-2-un-bon-critique-est-un.html' title='Kill Bill vol 2'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6419224590926370990</id><published>2008-12-02T03:28:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:28:55.504-08:00</updated><title type='text'>Kill Bill vol 1</title><content type='html'>Kill Bil vol 1 ratatine tes rétines, ratatouille tes tripes, décalque tes zigomatiques, centrifuge tes images, tyrannise tes tempos, calcine tes tympans en castagnettes, pressure tes couilles en étau, essore tes ovaires à l’acide sulfurique, craque ta gorge, sabre ta tête, gicle, gicle, et gicle encore ton hémoglobine mentale, t’aspire les neurones en chair à saucisse euphorique. Kill Bill vol 1, c’est bon pour ta peau ! Kill Bill vol 1 est la solution idéale pour tes furoncles, tes cernes, tes varices et tes engelures craquelées ! Avec Kill Bill vol 1, fini la bouche pâteuse, le teint blafard et la peau pendante. Kill Bill vol 1 lifte tous tes petits bobos et tes grandes blessures : croûtes récalcitrantes, selles malodorantes, vague à l’âme, mythomanie, dépression nerveuse et tocs. Kill Bill vol 1 t’est particulièrement conseillé en cas de grossesse nerveuse. Mais Kill Bill vol 1 ne s’arrête pas la là ! Kill Bill vol 1 va encore plus loin : Kill Bill vol 1 sort gratuitement ton pitt-bull (et ramasse ses déjections dans un sac papier recyclable). Kill Bill vol 1 fait tes courses, ton ménage, le tri de tes factures et tes déclarations fiscales ! Avec Kill Bill vol 1 fini la galère ! Une rente de 1500000000000 euros t’est versé mensuellement, tu disposes également de 112 caisses de luxes, de 69 chauffards attitrés, de 1254789 châteaux en Espagne, ainsi qu’un cadeau surprise : un coupe oignons anti larmes. Tu croyais en avoir fini ? Que nenni manant ! Car le chevalier Kill Bill vol 1 encule encore le clou : Kill Bill vol 1 t’offre l’immortalité toute ta vie pour toujours par contrat notarié ! Tu pourras également voyager dans le temps, présider les États-Unis, rétablir la paix dans le monde, éradiquer le Sida, le Cancer et les morpions, commander aux martiens et tauler Bill Gates à Puissance 4... &lt;br /&gt;Perpignan / Argentan., 03-12-03 et 05-12-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6419224590926370990?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6419224590926370990/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6419224590926370990' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6419224590926370990'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6419224590926370990'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/kill-bill-vol-1.html' title='Kill Bill vol 1'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-4855754235803709720</id><published>2008-12-02T03:26:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:28:05.618-08:00</updated><title type='text'>Liste d'objets</title><content type='html'>Liste d'objets&lt;br /&gt;Une bouteille d’eau. Cinquante centilitres. Le quart supérieur a été avalé. Une cuillère en plastique. Transparente. Grise. Souillée de mousse à café. Un journal plié en deux. Un capuchon de stylo vide. Un cahier. Une fenêtre. Une ferme sous la pluie. Un arbre dans le brouillard. Une petite centrale électrique. Un champ de terre mouillée. Un bosquet marron. Un bosquet vert. Quatre gros camions. Une immense flaque d’eau. Un carré lumineux éclaire deux figurines : Un dessin d’homme. Un dessin de femme. L’éternelle signalétique des toilettes. &lt;br /&gt;Perpignan. (dans le hall.) &lt;br /&gt;Un cendrier transparent. Vide. Propre. Trois prospectus colorés. Un téléphone portable dont le voyant clignote. &lt;br /&gt;Plus tard. (dans les loges) &lt;br /&gt;Deux paquets de huit piles alcaline écrasées dans du plastique. Trois micros noirs entremêlés. Une serviette en papier rouge, à moitié chiffonnée. Un miroir. Un reflet. Dans le reflet : un frigo, une trottinette, un saladier, un micro-ondes, un interrupteur, non, deux, non, trois, un pilier en béton, une bannette en osier, une embrasure de porte. Dans l’embrasure de porte du reflet : un coin de canapé bleu, le dos d’une guitare classique, un mur baigné de lumière pâle. &lt;br /&gt;Plus tard. (au même endroit) &lt;br /&gt;Approximativement le même tableau. Les micros ont disparu de la table. Un briquet jaune sur une page blanche. Un gobelet de café froid. Une boite à bijoux ornée d’une inscription en lettres dorées. Un tupperware cylindrique à moitié vide de pierres de sucre. Un rouleau de scotch, sale. Un carré de papier amputé d’un bloc note. Une autre petite bouteille d’eau pure. &lt;br /&gt;Plus tard. (à l’hôtel) &lt;br /&gt;Mon portefeuille déformé. Une table en bois rose. Une lampe halogène rose. Trois bonbons dans des emballages brillants. Vert. Jaune. Rouge. Une clé. Une boîte en metal sur laquelle l’illustration d’un pêcheur barbu fume. Trois lits roses. Quatre murs roses. Deux portes roses. Une télévision, et au dessus, un cadre accroché, et dans le cadre, une vraie fausse reproduction de papyrus égyptien. Une corbeille rose. Un sac poubelle rose. &lt;br /&gt;03-12-03, Perpignan. (sur le quai) &lt;br /&gt;Un gros sac de voyage bleu. Une bande de béton fissuré. Un énorme TGV Atlantique dont la porte est décorée d’un écusson “Nuit Saint George”. Une plaque d’égout mouillée. Un banc de bois détrempé. Une horloge ronde aux aiguilles jaunes. Un morceau de fauteuil roulant vide. Un panneau horaires. Un distributeur de confiseries multicolores. Des fils électriques suspendus entre des pylônes. Des rails luisant d’averse. Un parapluie rouge. &lt;br /&gt;Plus tard. (gare de Toulouse Matabiau) &lt;br /&gt;Un présentoir en carton Pampryl. Un cendrier transparent. Vide. Propre. L’attirail d’un café : tasse, sous-tasse, cuillère, sucre. Cinq pièces jaunes, trois de vingt centimes, deux de dix. Mon portefeuille déformé. Une note imprimée, avec inscrit en gras : 1.20. &lt;br /&gt;04-12-03, Villeneuve sur Lot. (dans les loges) &lt;br /&gt;Un paquet de cigarettes égorgé. Un sucre solitaire. Mon roman photocopié. Une énorme papillote en papier crépon jaune citron. Une rangée de cintres. Une chaise garnie de faux velours bordeaux. Un lavabo sage. Un gobelet de café calme. Un grand miroir endormi. Huit ampoules prétentieuses vissées dans une barre fixée au mur tendre. &lt;br /&gt;05-12-03, Argentan. (dans les loges) &lt;br /&gt;Un paquet de piles éventré. Un pile de gobelets translucides. Des touillettes. Deux thermos aux motifs pop-art. Des sucre emballés. Une bouteille de jus d’orange. Quatre piles LR6. Une bouteille de jus de pamplemousse entamée. Un portable en train d’être rechargé. Une chemise à papiers bleue. Deux pochettes de billets de train. Un pack d’eau sur le frigo près d’un tapis usé sur lequel trône une table basse couverte d’un briquet et d’un stylo contre un jeu de cartes collée à un paquet de tracts intermittents. Des morceaux de scotch noir déchirés. Un cendrier souillé. Une plante verte à fleurs pourpres. Entre deux murs, un tube en métal où pendouillent une salopette rouge et un blouson jaune au dessus d’un canapé de cuir noir. Cinq sacs de voyages. Une housse de guitare. Quatre vestes rouges sur des portes-manteaux scolaires. Une ceinture à micro renfrognée. Un imposant chauffe-eau. Quatre chaises en bois dont une est occupée. Deux chaussures pleines de pieds. Un jean plein de jambes et de cul. Un pull plein de torse et de bras. Une paire de lunettes pleine de regards. Une main pleine de stylo bille. Une page de cahier Buffy pleine d’objets. &lt;br /&gt;TGV Paris-Montpellier, 02-12-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-4855754235803709720?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/4855754235803709720/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=4855754235803709720' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4855754235803709720'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/4855754235803709720'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/liste-dobjets.html' title='Liste d&apos;objets'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2597431027606770715</id><published>2008-12-02T03:25:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:26:15.960-08:00</updated><title type='text'>Buffy the vampire slayer</title><content type='html'>Il y a quelques années, à peu près trois ou quatre, j’ai aperçu son visage dans le carré d’une pub télé star. C’était juste une pétasse de plus, une blondinette à la bouche USA et aux dents ultrabrights. Apparemment, elle jouait dans une de ces séries de merde qui pue pour ados acnéiques en manque de branlette. Une nana qui tue des vampires en carton pâte sans filer ses bas. Fort de cette impression rapide, je ne manquais aucune occasion d’arborer mon mépris à l’égard de cette pauvre starlette préformatée. Et puis un jour, ou peut être une nuit, près d’un lac je m’étais endormi, et un pote m’a dit : sans déconner, t’as jamais vu Buffy ? Après quelques tentatives de sourires moqueurs et désabusés, j’ai fini par céder : Vas y, si ça te fait plaisir, prête moi les DVD, on va y jeter un coup d’oeil avec ma fiancée d’amour.” &lt;br /&gt;Le soir même, bien au chaud dans notre canapé, nous enclenchâmes sans trop y croire le premier épisode de la deuxième saison. Ca commençait marrant, franchement sympa, rigolo quoi, pas trop mal foutu, bref distrayant. On a enchaîné les épisodes sans trop de mal et puis à un moment quelque chose s’est brisé, il s’est passé ce truc imprévu, dans le bide, cette impression vraiment terrible, un frisson intégral de délire total, un retournement de sensations fortes. Nous venions de rencontrer Joss Whedon. &lt;br /&gt;Six saisons plus tard, dans les soirées intelligentes, nous sommes ravis de passer pour des cakes décérébrés : “Ah ouais sérieux ? vous regardez ce truc ?” &lt;br /&gt;Parfois pourtant, dans la foule des néophytes, on fait une rencontre surprenante. Quelqu’un dont on croit qu’il va vous rire au nez et qui vous adresse un profond clin d’oeil complice : “Ça fait du bien de rencontrer un fan...” Depuis dans ma vision simpliste de l’existence, le monde a tendance à se diviser en deux catégories : les gens qui adorent Buffy et les gens qui ne la connaissent pas vraiment. &lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 04-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2597431027606770715?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2597431027606770715/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2597431027606770715' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2597431027606770715'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2597431027606770715'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/buffy-vampire-slayer.html' title='Buffy the vampire slayer'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-1441127900826037337</id><published>2008-12-02T03:23:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:25:11.221-08:00</updated><title type='text'>Juste une montagne</title><content type='html'>Derrière le pare-brise d’une voiture blanche, j’aperçois un sommet enneigé, quelques vagues de rochers gris, des tapis d’arbres sous un classique ciel bleu d’hiver. Juste une montagne de plus, parmi tant d’autres souvenirs d’enfance, une nouvelle perle pour ma collection d’images mentales. En silence, pendant que la route s’avale sous les pneus, je pense à tous ceux qui depuis les débuts d’une pensée ont eu la chance de s’émouvoir à la vue cette bosse majestueuse. J’imagine d’abord une famille, l’année dernière peut être ; ils descendent du train sous une pluie de vache pisseuse et découvrent cette partie du monde pour la première fois. Je recule encore pour atteindre le chevalier Bidule, le vicomte de Truquechouette, la Marquise de Machin, tous coincés dans une époque révolue, dans une société morte, à cheval, en calèche, sur des routes pavées, enfin bref, ailleurs et loin, sous la présence de cette même masse de pierre calme, la pointe égarée dans une autre neige éternelle. Je barre des années sur un calendrier, un coup d’encre sur des décennies, des siècles, et là encore, voilà des hommes et des femmes, préhistoriques, dans les clichés que j’en ai, en slips de peau de bête, près d’un feu de camp à faire rougir un chef scout. Ils arrachent la bidoche à pleine dents, sur l’os énorme d’un fémur sanguinolent, ils râlent, ils grognent, ils pètent sans dire pardon, et au dessus d’eux, tranquille encore, sereine comme une berceuse, toujours la même et inébranlable montagne. Sans hésiter, j’imagine des cohortes de diplodocus, de tricératops, de ptérodactyles, tous plus débiles les uns que les autres. Ignorant leur mort prochaine ils envahissent le paysage, et évoluent sans conscience sur les pentes cotonneuses de cet énorme et indéboulonnable tas de paquets de matière brute. Je la vois encore et encore, et encore un coup pour toujours et jamais semblable à elle même, et là, tout de suite, derrière une vitre. Le pare brise d’une voiture blanche. Un écran de cinéma transparent. Juste une montagne ; des milliers de milliard de cerveaux s’en sont incrustées l’âme avant moi, mais je sens, je suis sûr, j’en mettrais ma langue à couper qu’elle n’existe nulle part ailleurs que dans cet espace réduit, dans ce rectangle de verre, à cet instant même. Malgré son âge et le monde, malgré les foules d’yeux vivants, de cerveaux et de nerfs, malgré les milliers de voitures qui empruntent cette route, je suis tout seul sur cette montagne. &lt;br /&gt;Je me pose juste une question de point de vue. &lt;br /&gt;Grenoble, 28-10-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-1441127900826037337?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/1441127900826037337/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=1441127900826037337' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1441127900826037337'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/1441127900826037337'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/juste-une-montagne.html' title='Juste une montagne'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7691529289531947109</id><published>2008-12-02T03:16:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:16:54.395-08:00</updated><title type='text'>L'école des femmes</title><content type='html'>Comédie musicale en un Acte.&lt;br /&gt;Personnages :&lt;br /&gt;Agnès, Le Père,Le Mari, La Mère, La Belle-Mère Ernesto, Gilberto, Roberto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE : &lt;br /&gt;Agnès écoutez moi, cette playstation&lt;br /&gt;Vous ferme tout accès à la conversation&lt;br /&gt;Or votre mère et moi eut égard à votre âge&lt;br /&gt;Souhaiterions négocier votre dépucelage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AGNES : &lt;br /&gt;Mais père laissez moi terminer ma partie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE : &lt;br /&gt;Putain d'bordel de merde ! Agnès cela suffit&lt;br /&gt;Chaque chose en son temps et le votre est venu&lt;br /&gt;D'honorer notre nom en offrant votre cul&lt;br /&gt;Il se trouve parmi mes proches partenaires&lt;br /&gt;Un homme dont le fils&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Futur haut fonctionnaire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE : &lt;br /&gt;Fera un bon parti pour vous comme pour moi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA MERE : &lt;br /&gt;Je ne puis plus longtemps retenir mon émoi !&lt;br /&gt;Mon ange, tendre enfant, ma douce tourterelle&lt;br /&gt;Tu voles maintenant de tes petites ailes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE : &lt;br /&gt;Monique ferm' ta gueule, ou je te botte les fesses&lt;br /&gt;Lâchez cette console je vous l'ordonne Agnès&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA MERE : &lt;br /&gt;Ecoutez votre père et tenez le pour dit&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE : &lt;br /&gt;J'accorde votre main au charmant Jean Louis&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AGNES : &lt;br /&gt;Mais si ce mou du gland n'a pas l'heur de me plaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE :&lt;br /&gt;Là n'est pas la question car comme a dit Molière :&lt;br /&gt;Votre sexe n'est là que pour la dépendance&lt;br /&gt;Du côté de la barbe est la toute puissance&lt;br /&gt;Bien qu on soit deux moitiés de la société&lt;br /&gt;Ces deux moitiés pourtant n'ont point d'égalité&lt;br /&gt;L'une est moitié suprême et l'autre subalterne&lt;br /&gt;L'une en tout est soumise à l'autre qui gouverne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Agnès écoutez moi cett' super nintendo&lt;br /&gt;Vous ferme tout accès à la raison des mots&lt;br /&gt;Vous voilà investie du titre d'épousée&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Et ce rôle se doit d'être bien composé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Bien qu'avant votre noce vous passâtes le BAC&lt;br /&gt;Vous n'aurez nul besoin de vous rendre à la fac&lt;br /&gt;Je gagne pour nous deux de l'argent bien assez&lt;br /&gt;Et croit bien mieux pour vous de ne point potasser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Prenez ici vos aises, en maîtresse des lieux&lt;br /&gt;Vous bénéficierez de ce qu il y a de mieux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE PERE : &lt;br /&gt;Commandez aux servants comme il vous conviendra&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Pour vous déplacements Roudoudou conduira&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Organisez des brunchs et quelques réceptions&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA MERE : &lt;br /&gt;Quand bon vous semblera donnez au Téléthon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Occupez vos journées, attendez moi la nuit&lt;br /&gt;Et montrez vous docile à toutes mes envies&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AGNES : &lt;br /&gt;Mais Jean Louis, faut payer pour me remplir le trou&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Ne vous tourmentez pas car maman voyez vous&lt;br /&gt;Propose de gérer votre budget menstruel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Tout en vous inculquant les règles essentielles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;A la bonne gestion de notre maisonnée&lt;br /&gt;Connaissant mes désirs mieux que je les connais&lt;br /&gt;Mère sera pour vous&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Un exemple !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Un modèle !&lt;br /&gt;Une inspiration&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Et une amie fidèle&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AGNES : &lt;br /&gt;Et si cette pétasse me tape sur les nerfs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Là n'est pas la question, car comme dit votre père &lt;br /&gt;Votre sexe n'est là que pour la dépendance&lt;br /&gt;Du côté de la barbe est la toute puissance&lt;br /&gt;Bien qu on soit deux moitiés de la société&lt;br /&gt;Ces deux moitiés pourtant n'ont point d égalité&lt;br /&gt;L'une est moitié suprême et l'autre subalterne&lt;br /&gt;L'une en tout est soumise à l'autre qui gouverne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE :&lt;br /&gt;Agnès écoutez moi, l'écran de ce portable&lt;br /&gt;Vous ferme tout accès au discours raisonnable&lt;br /&gt;Jean Louis mérite au monde ce qu il y a de mieux&lt;br /&gt;Et vous semblez ma chère sortir de la banlieue&lt;br /&gt;Votre accent est vulgaire, comme vos vêtements&lt;br /&gt;Votre vocabulaire est plus qu horripilant&lt;br /&gt;A mon grand désarroi je dois vous prendre en main&lt;br /&gt;Alors travaillez dur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Et obéissez bien&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Saluez Ernesto, je l'appelle « doigts d'or »&lt;br /&gt;Il est un surdoué du ciseau je l'adore&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Vous la teindrez en rousse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Je suis rousse moi même&lt;br /&gt;Je sais par dessus tout à quel point Jean Louis m'aime&lt;br /&gt;Saluez Roberto, je l'appelle Musclor&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Il est un surdoué de la trempe de Dior&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Enfilez ce tailleur, j'en ai dix exemplaires&lt;br /&gt;Je sais que mon fiston plus que tout le vénère&lt;br /&gt;Saluez Gilberto&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI :&lt;br /&gt;Elle l'appelle "Plus fort !!!"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE :&lt;br /&gt;Il saura dans la soie sublimez votre corps&lt;br /&gt;Vêtissez ces guêpières elle me vont à ravir&lt;br /&gt;J'ai bercé Jean Louis dans le parfum du cuir&lt;br /&gt;Vous voilà à présent parée pour l'enivrer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LE MARI : &lt;br /&gt;Si ce n'est ce secret &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA BELLE MERE : &lt;br /&gt;Que je vais vous livrer&lt;br /&gt;Enduisez le de talc, sanglez le dans des couches&lt;br /&gt;Laissez le uriner même dans votre bouche&lt;br /&gt;Et si ces fantaisies n'ont pas l'heur de vous plaire&lt;br /&gt;Consolez vos soucis en évoquant Molière&lt;br /&gt;Votre sexe n'est là que pour la dépendance&lt;br /&gt;Du côté de la barbe est la toute puissance&lt;br /&gt;Bien qu on soit deux moitiés de la société&lt;br /&gt;Ces deux moitiés pourtant n'ont point d égalité&lt;br /&gt;L'une est moitié suprême et l'autre subalterne&lt;br /&gt;L'une en tout est soumise à l'autre qui gouverne&lt;br /&gt;Et ce que le soldat dans son devoir instruit&lt;br /&gt;Montre d'obéissance au chef qui le conduit&lt;br /&gt;Le valet à son maître un enfant à son père&lt;br /&gt;A son supérieur le moindre petit frère&lt;br /&gt;N'approche point encor de la docilité&lt;br /&gt;Et de l'obéissance et de l'humilité&lt;br /&gt;Et du profond respect où la femme doit être&lt;br /&gt;Pour son mari son chef son seigneur et son maître (bis)&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 15-11-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7691529289531947109?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7691529289531947109/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7691529289531947109' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7691529289531947109'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7691529289531947109'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/lcole-des-femmes.html' title='L&apos;école des femmes'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-7975153963286888084</id><published>2008-12-02T03:14:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:15:54.601-08:00</updated><title type='text'>Ma longue Iliade</title><content type='html'>Je sens mon cœur si pâle en transperçant l’écran &lt;br /&gt;J’expire dans des mots, mon final est sanglant &lt;br /&gt;De la couleur au noir, le monde est un enfant &lt;br /&gt;C’est la faute d’un soir plus fatal à l’instant &lt;br /&gt;Feuille d’arbre brûlée dans un four de l’enfer &lt;br /&gt;Mon âme peut plier dans un désir d’Homère &lt;br /&gt;Ma longue Iliade ira aux confins de l’espace &lt;br /&gt;M’entraînant triste et fade au dur sommeil de glace &lt;br /&gt;L’air de la pièce endort ses soupirs dans ma gueule &lt;br /&gt;Ma pensée cherche un port qui ne soit pas linceul &lt;br /&gt;Dans une peur étrange j’entends les cris du vent &lt;br /&gt;J’irai, pressé par l’ange qui me vole au présent&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 24-02-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-7975153963286888084?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/7975153963286888084/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=7975153963286888084' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7975153963286888084'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/7975153963286888084'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ma-longue-iliade.html' title='Ma longue Iliade'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6807098740123591992</id><published>2008-12-02T03:13:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:14:43.062-08:00</updated><title type='text'>Ma dure Odyssée</title><content type='html'>Je fends mon cœur d’un voile en crevant un écran &lt;br /&gt;Je déchire des mots des étoiles et du sang Du noir à la couleur le monde est aveuglant C’est la grâce d’une heure plus féconde à l’instant &lt;br /&gt;Bourgeon tendre inondé dans la bouteille en verre &lt;br /&gt;Je craque l’orchidée détrempée de ma mère &lt;br /&gt;Ma dure odyssée fut de traverser l’espace m’entraînant lisse et nu sous des soleils de strass &lt;br /&gt;L’air de la pièce aiguise ses lames dans ma bouche &lt;br /&gt;Ma pensée se déguise aux larmes que je couche &lt;br /&gt;Dans un bonheur bizarre j’entends les cris du vent &lt;br /&gt;Du passé quelque part me voilà au présent.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 23-02-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6807098740123591992?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6807098740123591992/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6807098740123591992' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6807098740123591992'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6807098740123591992'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/ma-dure-odysse.html' title='Ma dure Odyssée'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-6381678069117480990</id><published>2008-12-02T03:02:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:02:38.373-08:00</updated><title type='text'>Le rasoir</title><content type='html'>La tendre peau fait d’un morceau de corps Un drap de neige au parcours de la lame Qui le déchire et le sang perle alors De longs sanglots sans douleur et sans drame Dans le miroir rouge et blanc se mélangent Et mon reflet défigure un visage Tout à la fois familier et étrange Mon père ou moi ? Je confonds des images.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 06-02-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-6381678069117480990?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/6381678069117480990/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=6381678069117480990' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6381678069117480990'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/6381678069117480990'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/le-rasoir.html' title='Le rasoir'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-236969712896221366</id><published>2008-12-02T03:01:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:02:08.622-08:00</updated><title type='text'>Etre ou ne paraître</title><content type='html'>On s’aime au reflet des fenêtres On pleure au regard des miroirs On voudrais être ou ne paraître On se cherche dans des histoires On dort aux ombres des affiches On rêve aux lumières des écrans On sème nos désirs en friche On plante nos cœurs à nos dents On garde une soif pour l’espoir On craque aux flammes des parfums On tente tout être et avoir On s’effraie dans des trous sans frein On se mouille aux câlins du lit On s’écoule au fond des bouteilles On se ressasse des non-dits On s’inspire au meilleur soleil On crée des choses, on mord des vies On se couche sur du papier On n’est jamais plus qu’une envie En rime en vers en prose en pied. &lt;br /&gt;Corbas, 31-01-04&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-236969712896221366?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/236969712896221366/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=236969712896221366' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/236969712896221366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/236969712896221366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/etre-ou-ne-paratre.html' title='Etre ou ne paraître'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-2735358795390098146</id><published>2008-12-02T03:00:00.001-08:00</published><updated>2008-12-02T03:01:15.736-08:00</updated><title type='text'>Transporte-clé</title><content type='html'>Transporte-clé &lt;br /&gt;Il cherche une clé. Il trouve une porte. Il force une serrure sans trou. Il traverse un miroir et se fixe des yeux. Il effleure un reflet. Il se pose ailleurs, dans un autre silence, plus coloré. Il s’assoit dans l’herbe mouillée d’un parking souterrain. Il guette, au loin, le roulement d’une vague immobile dans laquelle s’engouffre un rayon de soleil orangé, une figure découpée dans du papier crépon. Il y enfonce ses doigts et en retire des poupées de sable. Il sculpte une matière volatile. Il contemple une formule magique drapée dans un manteau, un point inaccessible de lumière blanche. Il attend. Il dilate l’espace d’un instant. Il se dédouble, s’étire comme le tissu d’un éventail. Il se sort du sens, il déboite sa logique, si tristement concrète, en fait des cubes sans queue ni tête, ni sexe, ni cerveau. Il se pose sur le souffle des choses, s’y égare, s’y retrouve, s’y accroche comme à une bouée. Le ciel se fissure sur un cristal de sel et de vent, de lourds parfums maritimes explosent des poissons miroitants, des coquillages étoilés, des algues en paillettes, des hippocampes en tutu lunaire. Une foule de possibilité s’allonge, écarte alors ses cuisses, et le flot débile déborde du vase qu’il serre si fort contre son cœur, comme un rempart à la course inexorable d’une aiguille. Il veut parler. Il se transporte. Il trouve une clé. Il cherche une porte.&lt;br /&gt;Nantes, 18-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-2735358795390098146?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/2735358795390098146/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=2735358795390098146' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2735358795390098146'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/2735358795390098146'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/transporte-cl.html' title='Transporte-clé'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-114922570895324595</id><published>2008-12-02T02:59:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T03:00:20.138-08:00</updated><title type='text'>Des idées d'idées</title><content type='html'>Certains pensent que les idées viennent comme des fées clochettes. Certains croient que les idées sont munies de petites ailes électriques, de motos rutilantes, qu’elles enfourchent dans l’espace des licornes en mousse, pour nous entrer par l’oreille et nous vomir par la bouche. Certains rêvent que les idées se cachent, enfouies sous des bulles de béton, inaccessibles, farouches et cruelles comme des mantes religieuses ; certains rêvent que les idées polluent la bouse des vaches normandes, qu’elles salissent les trottoirs de crachats gluants et nauséabonds, qu’elles pourrissent dans des charniers de cadavres exquis. Certains sont certains que les idées s’égarent dans des dédales de contradictions floues, des mélanges d’alcool et de sel, des milk-shakes de n’importe quoi, qu’elles pissent dans des violons cassés, qu’elles se ligotent dans des fils d’Ariane, qu’elles en rajoutent des couches de confiture sur le Nutella de la vie. Certains aiment éplucher les idées en peaux d’oignons, à la recherche du cœur d’artichaut perdu, sans cesse repoussé par les larmes et les couteaux de cuisine, les idées seraient alors des pellicules photographiques, des molécules divisées à l’infini et pourquoi pas même, un seul noyau de pêche creusé dans le vagin du Big Bang.&lt;br /&gt;Chartres, 08-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-114922570895324595?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/114922570895324595/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=114922570895324595' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/114922570895324595'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/114922570895324595'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/des-ides-dides.html' title='Des idées d&apos;idées'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-8326335165296965137</id><published>2008-12-02T02:55:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T02:59:23.120-08:00</updated><title type='text'>Au sujet d'un sujet</title><content type='html'>Au sujet d’un sujet qui n’en finit jamais d’être une idée qui en enchaîne une autre, nous nous tournons les pouces dans un cercle précieux de sens imbriqués à l’intérieur d’une boite sans fond de sentiments obscurs, de souvenirs déformés, de bouts de langage, de gens, de soleil, de pizza et de caresses, nous subissons des marées d’inconscients embrassés, nous caressons des collections de possibilités dans des choses parlées, des rêves de miraculées conceptions, des perles dévalant des fils sans boucle et sans yeux, des virgules infinies de pauses remplies de rien, du souffle mort, du vide en couleurs vives, des symphonies de silences sur l’éternelle course des jolies heures passées sans cesse d’un sujet à un autre qui n’en finit jamais d’être une idée qui en déchaîne une autre, nous écoulons une trouble pensée.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 05-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-8326335165296965137?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/8326335165296965137/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=8326335165296965137' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8326335165296965137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/8326335165296965137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/au-sujet-dun-sujet.html' title='Au sujet d&apos;un sujet'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-188037615661929820</id><published>2008-12-02T02:50:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T02:54:41.257-08:00</updated><title type='text'>Le complexe intello</title><content type='html'>Il y a longtemps, dans une quête j’ai ouvert un Perrault.&lt;br /&gt;Une fée penchée sur mes lunettes et m’a susurré ces rots : &lt;br /&gt;Va sur les pages par désir, tu seras intello ! &lt;br /&gt;Sans hésiter j’ai su sourire et cessé mes sanglots &lt;br /&gt;J’ai couru jusqu’à mes neurones pour les remplir de mots ! &lt;br /&gt;Depuis souvent l’on me soupçonne d’un poil bavarder trop &lt;br /&gt;Mais pour me rincer de tendresse en suant sang et eau &lt;br /&gt;Je prends mon pied c’est ma faiblesse en jouissant du cerveau.&lt;br /&gt;Issy les Moulineaux, 03-11-03&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-188037615661929820?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/188037615661929820/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=188037615661929820' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/188037615661929820'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/188037615661929820'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/le-complexe-intello.html' title='Le complexe intello'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6978774927922149033.post-5096995564732625701</id><published>2008-12-02T02:32:00.000-08:00</published><updated>2008-12-02T02:49:28.050-08:00</updated><title type='text'>Présentation</title><content type='html'>Je m'appelle Franck Zerbib.&lt;br /&gt;Je suis auteur, chanteur et acteur.&lt;br /&gt;J'ai fait partie, dans une autre vie, d'un groupe un peu connu appelé les Wriggles et que j'ai quitté il y a presque trois ans, pour de nombreuses et bien tristes raisons.&lt;br /&gt;Depuis quelques années déjà, je publie des formes courtes sur internet, via différents sites, sous l'intitulé "des machins dans des choses"&lt;br /&gt;J'avais envie de pouvoir rassembler tous ces textes quelque part, afin de multiplier leur chance d'être découverts par de nouveaux lecteurs. Ces textes sont également régulièrement envoyés par mail aux lecteurs qui le souhaitent. Il suffit de s'inscrire à l'adresse suivante : desmachinsdansdeschoses@gmail.com.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pour moi, et bonne lecture à vous.&lt;br /&gt;Franck Zerbib&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6978774927922149033-5096995564732625701?l=desmachinsdansdeschoses.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/feeds/5096995564732625701/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6978774927922149033&amp;postID=5096995564732625701' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5096995564732625701'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6978774927922149033/posts/default/5096995564732625701'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://desmachinsdansdeschoses.blogspot.com/2008/12/prsentation.html' title='Présentation'/><author><name>Franck Zerbib</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03532201277127993561</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='28' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_fJ1HBVU14ag/SdMvChVVrkI/AAAAAAAAAAM/VlJrYr-4zt4/S220/IMG_9698-ter.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
